L'Espagne dérive vers la guerre civile

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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Lorenz le Jeu 03 Jan 2013, 22:51

Je suis entièrement d'accord, sauf que la Maison de Bourbon a virtuellement vécu en Espagne. Le prince Felipe n'a que des filles, dont l'aînée succédera si la régime tient le coup jusque là, ce à quoi je m'attends vu que le roi actuel et son successeur courberont l'échine autant qu'on le leur demandera. Et personne n'ira jusqu'à souhaiter la disparition d'un système où tout est possible facilement quand, avec la république, on pourrait encore se heurter à des blocages (cf. clivage droite-gauche sur des thèmes sociétaux supposément fondamentaux comme le mariage homo par ex.).

La monarchie espagnole ne peut reprendre de la vigueur que si la situation sociale se dégrade tant que le modèle démocratique est lui-même remis en cause. Ce n'est pas (encore) le cas.

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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Mickaelus le Ven 04 Jan 2013, 19:49

Je vois, votre question du message précédent n'était sans doute pas à prendre au sens où je l'ai compris. Je suis déçu que le prince n'ait pas réussi à avoir un héritier le temps de mon absence, mais enfin quant au reste je fais à regret le même constat que vous : si on met de côté la question de l'ingérence de l'UE, les institutions de Ve république, quoi que de par l'héritage bonapartiste, sont aussi voire plus monarchiques que celles des démocraties couronnées. Ce que je crains quand même à propos de votre constat final, à propos d'une crise majeure qui remettrait en question le système actuel, c'est que ce soient plutôt les nationalismes de la péninsule ibérique qui finissent par prendre le dessus. Est-ce qu'on ne risquerait pas de considérer, du fait qu'on ne sait plus faire la différence entre les régimes et les institutions de nos jours, que la "monarchie" aurait été mouillée avec la démocratie et serait co-responsable de ses échecs ? Cela dépend aussi d'une mentalité espagnole que je ne connais pas.

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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Mickaelus le Ven 04 Jan 2013, 20:52

A propos de la mentalité espagnole sur laquelle je m'interroge justement, il y a un article tout récent qui en parle - après, que valent ces sondages, c'est toujours la question.

Juan Carlos veut tourner le dos à une annus horribilis

Par Mathieu de Taillac Publié le 04/01/2013 à 13:56

La révélation de son safari fort coûteux au Botswana a choqué une Espagne en crise et contribué à faire chuter la popularité du roi. Les soutiens à la monarchie n'ont jamais atteint un niveau aussi bas.

2012 fut, de l'avis de tous, l'annus horribilis du roi d'Espagne, 2013 devra être l'année de la reconquête. Juan Carlos, en perte de popularité dans l'opinion publique, prépare la contre-offensive. Elle devait être engagée vendredi soir. Pour la première fois en 37 ans de règne, Juan Carlos a accordé une interview à la télévision publique espagnole. L'entretien sur TVE sera suivi d'une soirée spéciale, sobrement intitulée «La nuit du roi».

[...]

Ainsi, selon une étude d'opinion publiée jeudi par le journal El Mundo, les soutiens de la monarchie ont atteint un plancher historique. Désormais 54% des Espagnols défendent ce système politique, soit six points de moins qu'il y a un an, alors que ses opposants augmentent de huit points. Parmi les jeunes, la défiance envers la royauté est encore plus accentuée: 57,8% des moins de 30 ans ne croient pas qu'il s'agisse du meilleur système pour leur pays.

45% des Espagnols souhaitent que le roi abdique

Pis, l'image personnelle de Juan Carlos est en chute libre. Seuls 50,1% des personnes interrogées ont une opinion favorable du souverain, alors qu'elles étaient encore 76,4% il y a seulement un an. Du coup, une majorité d'Espagnols demande tout de go l'abdication du roi, en faveur de son fils Felipe. Ils sont 45% à souhaiter ce changement, alors qu'ils ne sont que 40% à désirer que Juan Carlos continue à régner.

Et pour cause. La rupture entre le roi et une partie de ses sujets ne s'explique pas seulement par ses frasques exotiques. Les ennuis judiciaires de son gendre ont également pesé sur l'image de la famille royale. Iñaki Urdangarín, l'époux de l'infante Cristina, est accusé de détournements de fonds publics au profit d'un réseau de sociétés placé sous son contrôle. Il n'est pas exclu que le «gendrissime», comme on le surnomme, soit condamné à une peine de prison.

Juan Carlos passe à la contre-offensive

D'autres épisodes, parfois plus anecdotiques, ont également entaché la réputation de la Couronne. Les déboires d'un petit-fils du roi âgé de 13 ans par exemple, qui s'est tiré une balle dans le pied alors que la pratique du tir est interdite à son âge. Ou encore les réclamations de paternité de deux enfants naturels autoproclamés… Ou cet ouvrage publié il y a un an, consacré en principe à la reine Sofía, mais qui fit surtout parler de lui en s'attardant sur les supposées infidélités du roi.

Malgré des difficultés médicales et des opérations à répétition, Juan Carlos tente de réagir en multipliant les déplacements en Espagne et à l'étranger, et en modernisant sa politique de communication. Un nouveau site Internet a été inauguré en 2012, et sur la télévision publique, une nouvelle émission rend compte chaque semaine des activités de la famille royale.

L'effort est à la mesure de la tâche. Car au-delà des épisodes ponctuelles, le roi peine à établir le contact avec les nouvelles générations. Les sujets les plus âgés, ceux qui l'ont connu lors de la transition démocratique, lui reconnaissent un rôle indéniable dans la défense de la Constitution face aux nostalgiques de la dictature franquiste, notamment lors de la tentative de coup d'État du colonel Tejero en 1981. Pour les Espagnols les plus jeunes en revanche, la monarchie ne va plus de soi.
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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Camisard le Sam 05 Jan 2013, 15:50

L'opinion publique.......

Je me souviens de l'epoque Diana il y a 20 ans, à en croire les faiseurs d'opinion, les britanniques étaient devenus républicains.....

Il n'y avait qu'à voir le jubilé de la reine, il y a quelques semaines....

Attention au prisme des medias français: le journaleux de base a du mal a comprendre et accepter le concept de monarchie, toujours présenté comme une survivance folklorique chez nos voisins....

Les journalistes français que ce soit en Belgique ou en GB vont toujours donner de l'importance aux mouvements républicains qui ne représentent ....rien !!!!
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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Mickaelus le Sam 12 Jan 2013, 19:59

Camisard a écrit:Attention au prisme des medias français: le journaleux de base a du mal a comprendre et accepter le concept de monarchie, toujours présenté comme une survivance folklorique chez nos voisins....

Les journalistes français que ce soit en Belgique ou en GB vont toujours donner de l'importance aux mouvements républicains qui ne représentent ....rien !!!!
Je suis bien d'accord avec vous Camisard, c'est simplement que dans ce cas-là, c'est bien un sondage espagnol qui fait écho à un sondage antérieur d'un an avec quelques évolutions.
Mais quand bien même ces sondages seraient honnêtes, il y a un monde entre simplement dire qu'on ne serait pas forcément contre changer de régime, et y contribuer et soutenir cela activement, avec les conséquences réelles que cela impliquerait et dont on n'a pas forcément conscience quand on se prononce à un sondeur à la va-vite.
De plus, il est évident que les monarchies sont bien plus à même de survivre à des grognes passagères que d'autres régimes qui sont justement basés sur l'instabilité, y compris au niveau symbolique.

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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Mickaelus le Mar 05 Fév 2013, 23:32

L'opposition espagnole exige la démission de Rajoy

Par Mathieu de Taillac Mis à jour le 04/02/2013 à 16:15 | publié le 04/02/2013 à 12:36

Une pétition, qui aurait déjà recueilli 800.000 signatures, des manifestants et la gauche unanime réclament le départ du gouvernement du chef du Parti populaire, englué dans un vaste scandale.

Madrid

Mariano Rajoy peut-il se maintenir au pouvoir? C'est la question que se pose toute l'Espagne, alors que sa formation, le Parti populaire (PP, droite), est engluée dans l'affaire Bárcenas, une affaire de financement occulte et de rémunérations illégales. Ou, dans des termes plus bienveillants: que peut faire Rajoy pour convaincre de sa légitimité? La partie semble complexe. Car désormais, toute l'opposition, sociale et politique, fait cause commune autour d'une revendication: la démission de Rajoy.

L'exigence partait d'abord d'une initiative populaire: une pétition déposée sur le site change.org qui revendique plus de 800.000 signatures. Dans la rue, elle a été reprise par des centaines de manifestants devant les sièges du PP, ou encore par cette poignée de personnes qui, entre dimanche et lundi, ont passé la nuit emmitouflées dans des couvertures sur la Puerta del Sol de Madrid. La virulence de la crise - le nombre de chômeurs en atteignant 4,98 millions, a battu un nouveau record ce lundi - alimente la défiance à l'égard du pouvoir.

Un «fardeau» dans une Espagne en crise

La demande a ensuite été endossée par les petits partis de gauche, puis, dimanche, par la première formation de l'opposition, le Parti socialiste (PSOE). «M. Rajoy ne peut pas diriger notre pays dans un moment aussi délicat. Son maintien à la tête du gouvernement ne fait qu'aggraver la crise politique», a lancé son chef de file, Alfredo Pérez Rubalcaba, qui a qualifié Rajoy de «fardeau». Les socialistes sont bien conscients que leur marge de manœuvre est réduite, en raison de la majorité absolue du PP au Parlement, bien sûr, mais aussi parce que le PSOE est également touché par de possibles affaires de corruption. Aussi réclament-ils une solution interne: un changement de chef, plutôt que des élections anticipées.
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Re: L'Espagne dérive vers la guerre civile

Message par Mickaelus le Jeu 21 Fév 2013, 19:45

Mariano Rajoy : «L'Espagne a évité un naufrage»

Par Marie-Hélène Ballestero Mis à jour le 20/02/2013 à 21:52 | publié le 20/02/2013 à 19:21

Destabilisé par des affaires de corruption qui éclaboussent son parti, le président du gouvernement est sur la défensive pour son premier débat aux Cortes sur l'état de la nation.

Madrid

Quatorze mois après son arrivée au pouvoir, Mariano Rajoy fait face aux députés espagnols. Entamé mercredi, son premier débat sur l'état de la nation en tant que chef de l'exécutif se poursuit ce jeudi. Un marathon qu'il a minutieusement préparé pour tenter de ne pas faire de faux pas, alors que le pays est plongé dans la récession depuis fin 2011, que le ras-le-bol de la population ne fait qu'augmenter et que les affaires de corruption éclaboussent son parti depuis des semaines…

Comme prévu, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a pris la parole à la mi-journée au Congrès des députés. Un discours très long, 1 h 30 en tout, au cours duquel il est revenu sur la situation économique, sociale et politique du pays. «Une réalité sociale terriblement dure», a-t-il reconnu sur un ton qui se voulait proche des citoyens. Rajoy a démarré son discours en s'adressant directement aux chômeurs: près de 6 millions, plus de 26 % de la population active et 55 % des 16-24 ans. «Le drame des chômeurs qui souffrent», a-t-il ajouté, avant de rappeler que le principal objectif de son gouvernement est de changer radicalement cette situation. Comment? En poursuivant les efforts.

«Une seconde génération de réformes»

Les réformes austères, impopulaires et contraires aux promesses électorales, qu'il a été contraint d'entériner, mais aussi tous les sacrifices demandés aux Espagnols… Tout cela a valu la peine, car cela a permis «d'éviter le naufrage du pays», a-t-il fait valoir. Même s'il a cherché à éviter le triomphalisme, Rajoy a pris le temps de rappeler ses succès depuis son arrivée au pouvoir: la réduction du déficit commercial, due à l'envolée des exportations, le retour de la confiance des marchés vis-à-vis de la situation financière espagnole, ainsi que la diminution du déficit public. À ce sujet, le chef du gouvernement a annoncé que le déficit public de l'Espagne se situerait en 2012 à moins de 7 % du PIB, après 9,4 % en 2011. Un résultat qui reste néanmoins au-dessus du seuil de 6,3 % négocié avec Bruxelles.
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