Benoit XVI démissionne

Aller en bas

Benoit XVI démissionne

Message par Vodrebka le Lun 11 Fév 2013, 12:59

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Le pape Benoît XVI a annoncé sa démission dans un discours prononcé en latin lors d'un consistoire au Vatican, lundi 11 février. Celle-ci devrait prendre effet à partir du 28 février, selon le porte-parole du Saint-Siège.

"Le pape a annoncé qu'il renoncera à son ministère à 20 heures, le 28 février. Commencera alors la période de 'sede vacante' ('siège vacant')", a précisé le père Federico Lombardi, dans une annonce quasiment sans précédent dans l'histoire de l'Eglise catholique.

"CETTE FORCE, CES DERNIERS MOIS, M'A MANQUÉ"

Dans son annonce en latin traduite ensuite par le Vatican, et retranscrite par le site Radio Vaticana, Benoît XVI, agé de 85 ans, explique avoir pris sa décision "après avoir examiné à plusieurs reprises [sa] conscience devant Dieu". "Je suis convaincu que mes forces, vu mon âge avancé, ne me permettent plus d'exercer correctement le ministère", explique le pape. "Dans le monde actuel, en proie à des changements constants, la vigueur du corps et de l'esprit sont aussi nécessaires pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l'Evangile". "Cette force, ces derniers mois, m'a manqué, et m'oblige à reconnaître mon incapacité à bien gérer le ministère qui m'a été confié", a-t-il ajouté. Dans un élan plus personnel, Benoît XVI a également demandé le "pardon pour toutes [ses] fautes".

Le deux cent soixante-cinquième "vicaire du Christ", premier pape allemand depuis le XIe siècle, est monté sur le trône de saint Pierre le 19 avril 2005. Il fêtera son 86e anniversaire le 16 avril.

Dans un livre d'entretiens paru en 2010, Benoît XVI évoquait déjà la question de sa démission. Il expliquait à l'époque que "quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer."
avatar
Vodrebka
Ecuyer

Masculin
Capricorne Coq
Nombre de messages : 68
Age : 36
Localisation : Angers
Affinités politiques : bourboniste

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Lun 11 Fév 2013, 19:34

[Le sujet a été déplacé. Petit rappel utile à propos des catégories du forum : ce qui concerne un événement factuel et donc une actualité, est destiné à être publié dans la catégorie générale "espace politique", ici en rubrique internationale logiquement ; ce qui concerne une réflexion sur la religion ou sur un aspect qui ne soit pas lié à une temporalité ponctuelle peut être publié dans la rubrique religion et théologie de l'"espace de réflexion institutionnelle et civilisationnelle."]


Pour ma part, j'exprimerai simplement une tristesse sincère à propos du départ prochain d'un pape pour lequel j'ai conçu beaucoup d'estime dès le départ et même une certaine admiration avec le temps. Je pense qu'il a œuvré avec courage et qu'il a fait ce qu'il était possible d'accomplir dans un contexte très défavorable, émaillé de guerres, de scandales, d'un athéisme toujours aussi virulent et d'une fermeture trop prononcée des traditionalistes. Dans tous les cas, il est et il restera un théologien intéressant qui a su transmettre dans ses encycliques et sa biographie du Christ que j'ai parcourues, des éléments de foi de manière accessible et lumineuse à la fois, qui a tenté de poser les bases de réconciliations primordiales, avec les orthodoxes mais aussi les traditionalistes que j'évoquais précédemment. Je suis respectueux de sa décision qui traduit aussi bien de la lucidité qu'un grand sens de la responsabilité, même si je ne peux pas m'empêcher de concevoir de l'inquiétude pour sa succession. Les commentaires de gens trop intéressés par la chute de l'Eglise, juste avant l'avènement de Benoît XVI, sont restés dans ma mémoire et je ne doute pas que nous allons encore devoir subir, hélas, les déclarations de personnes qui voudraient que l'Eglise soit soumise aux forces démocratiques destructrices de toute tradition et, surtout, de toute notion de transcendance. Je crois qu'à l'heure actuelle, il s'agit de prier pour que l'Esprit Saint éclaire notre chemin.


- Voici la déclaration telle qu'elle a été délivrée par le Souverain Pontife dans son intégralité :

DECLARATIO

Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière.

BENEDICTUS PP XVI
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]






- On peut consulter [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] un florilège de réactions d'hommes politiques aussi bien que de figures religieuses (la république - je ne dis pas la France - en la personne de François Hollande se distingue, hélas, par une profession de foi laïcarde bien malvenue).

- A propos des successeurs potentiels de Benoît XVI, le Figaro propose déjà quelques visages : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Un pape français ? "Je ne vois pas comment", dit Mgr Vingt-Trois

À la question de savoir si le prochain pape pouvait être français, Mgr Vingt-Trois a répondu: "Cela pourrait arriver, mais je ne vois pas très bien comment". Interrogé sur sa possible candidature, il a répondu qu'elle n'était "pas à l'ordre du jour". "Vous savez qu'il y a des intuitions, des inspirations qui permettent de sentir les choses", a-t-il ajouté avec humour.

"Celui qui a un poste de portée universelle, même s'il ne parle pas toutes les langues, doit avoir l'esprit assez ouvert pour se propulser dans ce maquis", a-t-il dit. "Il faut quand même qu'il soit malin" et qu'il ne soit "pas seulement une devanture", a-t-il encore dit. "Le critère d'âge n'est pas un critère déterminant", a ajouté le prélat, citant Jean XXIII, élu pape à 77 ans avant de profondément réformer l'Église catholique en convoquant Vatican II.

Mais le critère de la nationalité "n'est pas le principal" non plus, a-t-il ajouté. "Ce qui me paraît le plus important, c'est la capacité d'écoute (...), de développer une communion entre membres de l'Église", a-t-il dit. Interrogé sur l'hypothèse d'un pape africain, Mgr Vingt-Trois a répondu: "Le fait d'être Africain, en soi ce n'est pas une qualification essentielle. Ce qui est une qualification essentielle, c'est la qualité de la personne et la capacité à assurer la fonction."

- De manière générale, le lien sur cette actualité sur le site du Figaro : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Ordre naturel le Mar 12 Fév 2013, 13:19

Je suis dans l'interrogation, autant je considère le pape comme légitime autant je suis réticent vis à vis de la nouvelle doctrine et c'est en vertu du nouveau droit canon qu'il démissionne, puis considérer l'élection du future pape comme légitime.

La papauté est constitué de matérielle et spirituelle, le côté spirituelle se lève il aussitôt que le matériel à été proclamé absous?
avatar
Ordre naturel
Vicomte

Masculin
Capricorne Chat
Nombre de messages : 1079
Age : 102
Affinités politiques : Legitimiste/ Conservateur/ Traditionaliste

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Alain le Mar 12 Fév 2013, 13:55

Le problème est conceptuellement simple: Soit le Pape a un pouvoir qui vient d'en haut et sa persone est sacrée jusqu'à la fin de ses jours ici-bas quel que soit son "état" physique, soit le Pape est un homme comme les autres qui a des obligations comme n'importe quel chef d'état républicain.
Bref, moi le laïc du forum attaché aux valeurs catholiques, me pose une question: Benoît XVI s'effondre dans l'évènementiel de la condition humaine depuis sa condition physique, et, renonce au pouvoir spirituel... Ne montre t'il pas que le temporel prévaut sur le spirituel ce qui est trés "déplacé" depuis sa fonction. Je comprends le chois de l'homme qui est admirable, je comprends moins le choix du gardien de la Foi. Idea

Alain
Vicomte

Masculin
Nombre de messages : 680

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Mar 12 Fév 2013, 15:53

Ordre naturel a écrit:Je suis dans l'interrogation, autant je considère le pape comme légitime autant je suis réticent vis à vis de la nouvelle doctrine et c'est en vertu du nouveau droit canon qu'il démissionne, puis considérer l'élection du future pape comme légitime.
Il y a un article qui peut nous éclairer un peu sur le droit canon à ce sujet :

Benoît XVI redeviendra un simple évêque

Par Sophie de Ravinel Mis à jour le 12/02/2013 à 11:13 | publié le 11/02/2013 à 20:14

Si le Code de droit canon prévoit la renonciation d'un pape, tout est encore à écrire en matière de protocole.

C'est de sa propre autorité que le pape Benoît XVI a choisi, devant Dieu, seul supérieur, de renoncer à sa charge. Dans un mois, devenu évêque émérite de Rome, il sera placé sous l'autorité de son successeur. Benoît XVI avait déjà évoqué cette possibilité et a agi en conformité avec la loi de l'Église catholique.

Il est en effet écrit dans le code 332 § 2 - équivalent d'un article - que «s'il arrive que le Pontife romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu'elle soit dûment manifestée, mais non pas qu'elle soit acceptée par qui que ce soit».

Pas une démission, une renonciation

Le Pape n'a donc pas démissionné, n'ayant personne à qui soumettre sa décision. «Cette possibilité est inscrite dans la tradition, d'autres papes ont renoncé dans l'histoire, rappelle le père Emmanuel Petit, juriste ecclésiastique du diocèse de Paris. Un pape est libre de renoncer au cours de son pontificat, comme il est libre de renoncer à la charge pontificale quand elle lui est proposée à l'issue du conclave.»

Lundi, lors de son allocution, Benoît XVI a pris soin de préciser qu'il agissait «en pleine liberté», comme exigé dans l'article concerné du Code de droit canon de 1983, dernière version en date. Dans celui de 1917, le précédent, le code 221 spécifiait seulement que «s'il arrive que le Pontife romain renonce, l'acceptation des cardinaux ou d'autres personnes n'est pas nécessaire à la validité de cette renonciation». «La question des pressions s'est déjà posée dans l'histoire, il est naturel qu'ils aient souhaité préciser ce point dans le nouveau code», fait remarquer Mgr Jean-Jacques Boyer, juriste du diocèse de Versailles.

La renonciation a été inscrite pour la première fois dans le droit sous le pontificat de Boniface VIII (1235-1303). Une décision publiée sous la forme de la décrétale Quoniam, faisant suite à la renonciation de son prédécesseur Célestin V. Boniface VIII souhaitait mettre fin à la remise en cause de sa légiti­mité…
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Art. 1

LE PONTIFE ROMAIN

Can. 331 - L'Évêque de l'Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d'une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l'Église tout entière sur cette terre; c'est pourquoi il possède dans l'Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu'il peut toujours exercer librement.

Can. 332 - § 1. Le Pontife Romain obtient le pouvoir plénier et suprême dans l'Église par l'élection légitime acceptée par lui, conjointement à la consécration épiscopale. C'est pourquoi, l'élu au pontificat suprême revêtu du caractère épiscopal obtient ce pouvoir dès le moment de son acceptation. Et si l'élu n'a pas le caractère épiscopal, il sera ordonné aussitôt Évêque.

§ 2. S'il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu'elle soit dûment manifestée, mais non pas qu'elle soit acceptée par qui que ce soit.

Can. 333 - § 1. En vertu de sa charge, non seulement le Pontife Romain possède le pouvoir sur l'Église tout entière, mais il obtient aussi sur toutes les Églises particulières et leurs regroupements la primauté du pouvoir ordinaire par laquelle est à la fois affermi et garanti le pouvoir propre ordinaire et immédiat que les Évêques possèdent sur les Églises particulières confiées à leur soin.

§ 2. Dans l'exercice da sa charge de Pasteur Suprême de l'Église, le Pontife Romain est toujours en lien de communion avec les autres Évêques ainsi qu'avec l'Église tout entière; il a cependant la droit, selon les besoins de l'Église, de déterminer la façon personnelle ou collégiale d'exercer cette charge.

§ 3. Contre une sentence ou un décret du Pontife Romain, il n'y a ni appel ni recours.

Can. 334 - Les Évêques assistent le Pontife Romain dans l'exercice de sa charge en lui apportant leur collaboration sous diverses formes, entre autres celle du Synode des Évêques. Il est aidé en outre des Pères Cardinaux ainsi que par d'autres personnes et par diverses institutions selon les besoins du moment; toutes ces personnes et institutions remplissent en son nom et sous son autorité la tâche qui leur est confiée pour le bien de toutes les Églises, selon les règles définies par le droit.

Can. 335 - Quand le siège de Rome devient vacant ou totalement empêché, rien ne doit être innové dans le gouvernement de l'Église tout entière; les lois spéciales portées pour ces circonstances seront alors observées.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Ordre naturel a écrit:La papauté est constitué de matérielle et spirituelle, le côté spirituelle se lève il aussitôt que le matériel à été proclamé absous?
Calliope a écrit:Benoît XVI s'effondre dans l'évènementiel de la condition humaine depuis sa condition physique, et, renonce au pouvoir spirituel... Ne montre t'il pas que le temporel prévaut sur le spirituel ce qui est trés "déplacé" depuis sa fonction.
Pour ma part, je trouve qu'il est difficile de répondre de manière catégorique et définitive à cette question, du fait que cela concerne non seulement une institution humaine, mais aussi et surtout le mystère de la Foi et la Main de Dieu. Mais je me fais tout de même la réflexion suivante : il n'y a que le ministère suprême de Jésus Christ comme Fils de Dieu qui soit éternel, et il est bien établi que les papes se succèdent, quand la mort a saisi le possesseur actuel de la fonction. Certes, la mort fait disparaître l'individu qui était pape de notre monde physique, mais ce n'est pas pour autant que son âme et que son essence ont cessé d'être. On peut donc considérer qu'une fois mort, l'âme de celui qui était pape sur terre bénéficie toujours d'une sorte de charisme. Est-ce que cela doit être si différent si la transition se fait du vivant de l'ancien pape ? Je ne sais pas si l'enveloppe physique est le critère le plus déterminant quand il s'agit de foi et dans une religion où l'âme triomphe de la mort. Il y a de nombreux papes que je considère comme toujours vivants spirituellement dans le sein de Dieu aujourd'hui. C'est peut-être pour cela que je ne suis pas choqué comme d'autres croyants peuvent l'être, et que je comprends toutefois, mais je pense simplement que Benoît XVI se place de son vivant dans une perspective de l'au-delà et de communion avec Dieu par la prière. Son successeur sera toujours riche de la vie spirituelle de ses prédécesseurs, donc je n'y vois pas pour ma part une victoire du temporel.

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Beaujeu le Mar 12 Fév 2013, 19:06

Peu importe que le pape renonciateur reste en vie. L'Eglise ne restant jamais sans tête, la légitimité du nouveau pape est acquise par le simple défaut du précédent. Pas de régence, pas de lieutenant général dans l'Eglise. Ce que je dis là n'est nullement écrit en théologie, mais est la simple conséquence du fait que Dieu ne délaisse jamais l'humanité.
avatar
Beaujeu
Ecuyer

Nombre de messages : 51

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Ordre naturel le Mar 12 Fév 2013, 21:13

Mais suite à l'élection papale il doit y avoir une grâce divine. Si le nouveau droit canon n'est pas conforme aux principes de l’église, ce qu'en tant que traditionaliste je dois prendre comme une éventualité, alors Benoit XVI reste pape puisque la démission (ou renonciation peut importe) ne serait pas valide, c'est à dire que la "grâce divine" ne le quitte pas, par conséquent la nouvelle élection pourrait être nulle.
avatar
Ordre naturel
Vicomte

Masculin
Capricorne Chat
Nombre de messages : 1079
Age : 102
Affinités politiques : Legitimiste/ Conservateur/ Traditionaliste

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Mar 12 Fév 2013, 21:41

Ordre naturel, je réponds aux deux points dans mon message précédents pourtant.

Pourquoi n'y aurait-il que la mort physique de son prédécesseur qui permettrait à un autre individu de devenir pape et de jouir de cette grâce divine, principe avec lequel je m'accorde pleinement du reste ? Ce n'est pas parce qu'un pape meurt que son âme est détruite, il jouit toujours de l'effet de son élection auprès de Dieu, ou alors ce serait comme on disait que Pierre et Paul n'étaient plus considérés comme apôtres une fois qu'ils sont passés de vie à trépas ; la différence c'est que Benoît XVI se place dans une perspective d'au-delà de son vivant. Ce qui compte c'est l'essence de l'individu, son âme, je trouve cela étrange de se focaliser ainsi sur le critère matérialiste de la présence du corps dans ce monde de l'ici-bas.

Concernant le droit canon, la version de 1917 que cite l'article présente tout de même clairement la possibilité de la renonciation à la fonction en tant que telle - je cite le passage précis - et il semble même que l'idée même soit bien plus ancienne (on ne peut pas nous faire le coup de Vatican II cette fois) :

Lundi, lors de son allocution, Benoît XVI a pris soin de préciser qu'il agissait «en pleine liberté», comme exigé dans l'article concerné du Code de droit canon de 1983, dernière version en date. Dans celui de 1917, le précédent, le code 221 spécifiait seulement que «s'il arrive que le Pontife romain renonce, l'acceptation des cardinaux ou d'autres personnes n'est pas nécessaire à la validité de cette renonciation». «La question des pressions s'est déjà posée dans l'histoire, il est naturel qu'ils aient souhaité préciser ce point dans le nouveau code», fait remarquer Mgr Jean-Jacques Boyer, juriste du diocèse de Versailles.

La renonciation a été inscrite pour la première fois dans le droit sous le pontificat de Boniface VIII (1235-1303). Une décision publiée sous la forme de la décrétale Quoniam, faisant suite à la renonciation de son prédécesseur Célestin V. Boniface VIII souhaitait mettre fin à la remise en cause de sa légiti­mité…

Enfin, je m'accorde avec Beaujeu sur le fait de la continuité.

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Ordre naturel le Mar 12 Fév 2013, 22:01

Soit, c'est donc juridiquement valide, il n'en demeure pas moins que si cela peut rassurer sur la validité du souverain suivant l'église semble prendre un drôle de tournant sur ce point encore, certains sont forcés de démissionner à partir de soixante quinze ans et le conclave est interdit au plus de quatre vingt ans.

On en est pas à la retraite à 60 ans, mais enfin. Laughing

Enfin espérons que cela ne fasse pas jurisprudence pour faire progressivement de l'église une sorte de bureaucratie.
avatar
Ordre naturel
Vicomte

Masculin
Capricorne Chat
Nombre de messages : 1079
Age : 102
Affinités politiques : Legitimiste/ Conservateur/ Traditionaliste

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Mer 13 Fév 2013, 23:19

Je comprends parfaitement votre inquiétude (et avec cette [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] en plus Very Happy), et sincèrement, j'aurais vraiment souhaité qu'il eût pu rester, mais sans doute plutôt par estime pour ses qualités que pour la problématique que vous évoquez. Tant qu'il est bien clair dans le droit canon que la renonciation papale soit de son fait unique et en pleine liberté, il n'y a pas vraiment de raison pour que ce soit le premier pas vers une dérive inquiétante. Cela dit, je ne sais pas ce que vous avez pensé de la médiatisation des derniers jours de Jean-Paul II à l'époque, mais enfin je trouve cela parfaitement dispensable.

Cela me rappelle un passage du Seigneur des Anneaux de Tolkien, ou plutôt de ses appendices, où Aragorn, après avoir régné longtemps comme roi de l'Arnor et du Gondor réunifiés, renonce à la vie, laisse le pouvoir à son fils qui est alors un homme fait, et se couche parmi ses ancêtres, plutôt que de tomber de son trône comme un vieillard complètement dépossédé de ses moyens. Je ne trouve pas que ce soit sans dignité ni sagesse.

Le début de cet article qui tente de dresser une sorte de bilan de ce pontificat va cependant un peu dans votre sens, assimilant ce geste de Benoît XVI comme antagoniste d'un certain formalisme :

Les défaites et les victoires de Benoît XVI

Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 12/02/2013 à 22:01 | publié le 12/02/2013 à 20:33

Le Pape n'a eu de cesse de réconcilier l'Église actuelle, moderne, avec la tradition chrétienne de deux millénaires.

Benoît XVI a gagné des combats, mais il en a perdu d'autres. Celui qui va lui succéder hérite d'une situation en partie assainie, mais beaucoup reste à faire. Ce qui va délimiter une série d'urgences pour le futur pape, mais aussi des défis à plus long terme. Parmi les combats gagnés de Benoît XVI, il y a celui de la liberté face une charge qui paraît ingé­rable. Ce pourrait être une leçon de management pour cadres de haut niveau, mais la démission de Benoît XVI sonne paradoxalement comme une victoire face à une curie romaine très formaliste où l'audace est toujours crainte.

Ce gouvernement bimillénaire et mondial en a vu d'autres, mais l'effacement de ce pape signifie aussi que la liberté d'un homme, sa conscience surtout, a toujours le dernier mot sur la raison d'État et la nécessité du rang. Voilà la grande leçon de ce vieux pape qui ne voulait pas être élu, qui est allé jusqu'au bout de son devoir, mais qui sait s'arrêter à temps. L'Église catholique du troisième millénaire n'a pas fini d'intégrer le sens et la portée de ce geste. Alors que la curie semblait l'avoir vaincu, anéanti, ce pape, par cette apparente défaite, administre à tous une leçon suprême. Sa décision donne, toujours de façon paradoxale, un coup de jeune et ouvre tous les possibles: alors que tout semblait converger vers une longue aphasie, un vent de liberté souffle soudain.

La seconde victoire de Benoît XVI porte sur le fond de l'identité même de l'Église catholique. Il avait prévenu dans son discours programme de décembre 2005 qu'il entendait réconcilier l'Église avec elle-même en mettant un terme à un passif qui la paralysait depuis la fin des années 1970, donc depuis presque un demi-siècle. Alors que l'Église catholique avait cherché à se redéfinir lors du concile Vatican II, elle avait perdu une certaine substance, en se coupant de ses racines patrimoniales les plus anciennes. Très conscient des conséquences de ce problème, Benoît XVI n'a eu de cesse de réconcilier l'Église actuelle, moderne, avec la tradition chrétienne de deux millénaires.

Encore un paradoxe, cette quête d'identité et de paix intérieure l'a fait souvent passer pour un «traditionaliste» ne pensant qu'à une restauration, mais il a plutôt cherché la réconciliation. Si cette dernière n'est pas totale, le chemin intellectuel que ce pape a fait accomplir à l'Église en moins de huit ans est considérable. L'Église catholique est sortie d'une certaine errance, elle sait mieux désormais qui elle est et où se trouve sa source. C'est un acquis très solide, car il est culturel. Le Pape a imprimé une marque indélébile sans aucun effet de mode ou de style mais par un enseignement constant sur la nature de l'identité chrétienne.

Deux combats perdus

Il y aura eu, en revanche, deux combats perdus sur des dossiers que Benoît XVI avait pourtant très à cœur. Le premier porte sur les lefebvristes, ces catholiques qui refusent l'évolution de l'Église depuis le concile Vatican II. Comme personne, Benoît XVI aura tout fait dès 2005 pour trouver une solution. Il aura accédé à leur demande: reconnaissance de la messe, dite en latin, selon l'ancien rituel, comme rite admis à titre extraordinaire et non plus marginalisé ; levée des excommunications qui frappaient les quatre évêques que Mgr Lefebvre avait ordonnés contre l'avis du Pape, au prix d'une honte mondiale subie par Benoît XVI quand les propos négationnistes sur la Shoah de l'un d'entre eux, Mgr Williamson, ont été révélés. Bref, les négociations très difficiles sur le concile Vatican II n'auront pas permis de trouver un accord à temps, et aucun des futurs candidats potentiels à la succession de ce pape ne présente une telle bienveillance.

L'autre dossier est d'ordre géopoli­tique. Benoît XVI rêvait de réconcilier les deux Églises catholiques présentes en Chine. L'une, des catacombes, fidèle à Rome, l'autre, officielle, contrôlée par le régime. Là encore, il aura tout fait pour que les catholiques de ce pays prometteur puissent parler et prier d'une seule voix, mais ce rêve aura tourné court, tant la méfiance réciproque et l'influence du Parti communiste auront empêché ce dessein.

Pour l'avenir, il semble qu'une urgence et un défi majeur se dessinent. L'urgence est le gouvernement de la curie romaine. Les années Benoît XVI auront peut-être permis de solder un certain nombre de scandales, comme celui des prêtres pédophiles, celui des finances du Vatican, mais l'Église, indiquent un certain nombre de cardinaux, aura manqué à Rome d'un pape plus impliqué dans le gouvernement concret des affaires temporelles.

Quant au défi, c'est celui des vocations sacerdotales. De ce point de vue, le pontificat de Benoît XVI aura été moins brillant que celui de Jean-Paul II, qui a davantage attiré. L'augmentation du nombre de prêtres en absolu dans le monde est due à l'Afrique et à l'Asie, qui compensent la chute drastique des vocations dans les pays de vieille chrétienté. Certains pourront critiquer le cléricalisme d'une telle vision, mais c'est celle de l'Église catholique, qui sait que sans prêtre elle n'a pas d'avenir.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Le Mater Ecclesiae, prochaine résidence de Benoît XVI

Par lefigaro.fr Mis à jour le 13/02/2013 à 15:30 | publié le 13/02/2013 à 13:30

Après la désignation du nouveau souverain pontife, Joseph Ratzinger se retirera dans un monastère sobre, entouré de potagers, construit en 1994 à la demande de Jean-Paul II. Un havre de paix en plein cœur du Vatican.

La situation est inédite. Pour la première fois dans l'histoire de la chrétienté, un pape démissionnaire s'apprête à vivre au Vatican, à proximité de son successeur. Pour sa retraite, Benoît XVI a choisi de s'installer au monastère Mater Ecclesia. Un édifice de brique construit en 1994, situé juste derrière la basilique Saint-Pierre. À quelques encablures, également, des appartements pontificaux. Joseph Ratzinger va troquer le faste du palais du Vatican, ses peintures de Raphaël et ses nombreuses chapelles privées, pour le dépouillement de l'une des douze cellules que compte le monastère. Avec pour seules décorations des croix en bois et quelques peintures religieuses.

Un environnement propice à la méditation et au travail. Théologien réputé, Benoît XVI compte retrouver le contact des livres. «Il a souvent dit qu'il aimerait consacrer sa vieillesse aux études, à la prière et à l'écriture et je suppose que c'est ce qu'il va faire», indiquait lundi le porte-parole du Vatican, le père Lombardi. Il pourra travailler dans une petite bibliothèque et prier dans la sobre chapelle de cinq mètres sur sept, installée au rez-de-chaussée du bâtiment.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Ven 22 Fév 2013, 20:38

Lobby gay au Vatican : «pas de lien avec le départ du Pape»

Par Jean-Marie Guénois, Laure Kermanac h Mis à jour le 22/02/2013 à 15:30 | publié le 22/02/2013 à 13:46

À CHAUD - Pour Jean-Marie Guénois, spécaliste des questions religieuses au Figaro, la thèse selon laquelle la démission du Pape serait liée aux « révélations » contenues dans un rapport secret remis par des cardinaux est une absurdité.

Les Italiens appellent cela une «pana montata», une crème montée. L'article de La Repubblica du 21 février, quotidien italien de gauche, signée par Concita de Gregorio, ancienne directrice de L'Unita (le quotidien communiste), laissant entendre que Benoît XVI aurait démissionné parce qu'il aurait découvert l'influence d'un «lobby gay» au Vatican est effectivement une construction, séduisante - elle fait sensation aujourd'hui en France - mais elle est aussi absurde que fausse.

Pour deux raisons: la première est que l'existence de personnes de sensibilité homosexuelle dans l'Église, et par conséquent au Vatican, n'est pas un secret. C'est même une réalité comme partout, ni plus, ni moins. L'Église demande aux prêtres le célibat sacerdotal et la chasteté mais elle respecte la personnalité de ceux qui désirent vouer leur vie au Christ, au service de l'Église.

Ce qui n'empêche pas les rumeurs sur le poids d'un «lobby gay» au Vatican. Depuis une trentaine d'années, deux cas de ce genre sur deux milles personnes travaillant au Vatican ont défrayé la chronique. Ils ont toujours été traités dans la catégorie faits divers de la presse italienne car ces faits s'étaient déroulés dans le cadre de la vie civile.

Un absurdité

Avant de devenir Pape, Benoît XVI fut Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi pendant vingt-cinq ans. Il a donc toujours été parfaitement informé de ce genre de problèmes car ils étaient de son ressort. Il serait donc vraiment le dernier a en être surpris aujourd'hui.

Affirmer ainsi que cette soi-disant «découverte» l'aurait conduit à démissionner est vraiment absurde. Une telle affirmation signe plutôt une méconnaissance profonde de la réalité du Vatican.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Mar 26 Fév 2013, 20:45

Benoît XVI : ce Pape qui va servir l'Église autrement

Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 25/02/2013 à 13:22 | publié le 24/02/2013 à 19:30

Dans son dernier Angélus, Benoît XVI a expliqué pourquoi il allait se consacrer à la prière et à la méditation.

Benoît XVI a rarement parlé de lui. Mais, dimanche, pendant la dernière prière de l'Angélus, il a justifié sur un ton très personnel sa décision de quitter sa charge pontificale, jeudi prochain. Devant une place Saint-Pierre noire de monde, il a expliqué qu'il n'entendait pas «abandonner» l'Église mais la servir autrement.

Il commentait le passage de la Transfiguration dans l'Évangile, où des apôtres montent avec le Christ sur le mont Thabor: «Cette parole de Dieu, a-t-il lancé, je la sens particulièrement adressée à moi en ce moment de ma vie», car «le Seigneur me demande de monter sur la montagne et de me dédier encore plus à la prière et à la méditation. Mais cela ne signifie pas abandonner l'Église, au contraire. Si Dieu me demande cela, c'est parce que je peux continuer à la servir avec la même intensité et le même amour, comme j'ai cherché à le faire jusque-là, mais selon une modalité plus adaptée à mon âge et à mes forces.»

Il avait expliqué juste avant, et dans la perspective du Carême, que «se dédier à la prière n'est pas s'isoler du monde et de ses contradictions», car «l'oraison ramène sur le chemin de l'action». Il devrait y revenir, mercredi 27 février, lors sa dernière audience générale.

L'action, elle, continue. Lundi à la mi-journée, le Saint-Siège a publié un Motu Proprio (décret signé de Benoît XVI) portant modification de la réglementation canonique pour l'élection du pape. Ce texte ouvre la possibilité pour les cardinaux d'avancer la convocation du conclave si une majorité se dessine en ce sens vendredi 1er mars. En ce premier jour de la vacance du siège apostolique - Benoît XVI quittant sa fonction le 28 février à 20 heures -, les cardinaux présents à Rome se réuniront en «congrégation générale». Leur premier travail consistera à voter la date d'entrée en conclave. En effet, sans la modification apportée par le Pape dans ce décret, ils devaient attendre entre quinze et vingt jours, à partir de la vacance du siège.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Le nouveau nom de Benoît XVI dévoilé

AFP Mis à jour le 26/02/2013 à 13:37 | publié le 26/02/2013 à 13:04

Après sa démission jeudi, Benoît XVI se fera appeler "Sa Sainteté Benoît XVI, pape émérite" ou "Sa Sainteté Benoît XVI, pontife romain émérite", a annoncé le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi.

Le porte-parole a indiqué que lorsqu'il ne sera plus pape, Benoît XVI portera une tenue blanche toute simple, différente de celle des papes.

Sans cérémonie, le pape doit mettre fin à ses fonctions jeudi à 19H00 GMT, après avoir salué les cardinaux présents à Rome dans la matinée. Il se rendra en hélicoptère à 16H00 GMT à Castel Gandolfo, à 25 km au sud de Rome, pour habiter deux mois dans la résidence d'été des papes.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Jeu 28 Fév 2013, 21:35

Benoît XVI : «Je ne serai plus pape, mais pèlerin»

Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 28/02/2013 à 21:16 | publié le 28/02/2013 à 19:59

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Benoît XVI a improvisé une allocution jeudi depuis le balcon de la résidence d'été des papes à Castel Gandolfo. Crédits photo : Andrew Medichini/AP

Pour la première fois depuis 1294, un Souverain Pontife a pu faire ses adieux aux fidèles.

Le soleil de Rome quitte la coupole de la basilique Saint-Pierre. Un oiseau blanc en forme d'hélicoptère s'élève. À son bord un Pape, pour trois heures encore. Il se laisse à présent conduire jusqu'en son lieu de retraite, la résidence de Castel Gandolfo. Là, Benoît XVI, «Pape émérite» depuis jeudi soir, 20 heures, va attendre que son successeur soit élu. Il reviendra, discrètement, dans deux mois, dans une petite maison des jardins du Vatican où il entend vivre comme un moine, en «clôture».

Sur la place Saint-Pierre, une femme de 40 ans s'effondre en larmes. Marita Iversen est norvégienne, non croyante. Elle tenait à être là pour «témoigner de mon respect pour ce Pape que j'aime parce qu'il rassemble tellement de gens différents». Non loin, Raphaël Reali, un jeune économiste de 31 ans, catholique, a interrompu son travail pour assister «à ce moment historique dans l'histoire de l'Église» mais aussi pour saluer «l'exemple de l'homme et du chrétien» qui a su «renoncer à un pouvoir humain».

Quelques minutes plus tard, l'hélicoptère se pose dans les somptueux jardins de la résidence d'été des papes. L'on revoit Benoît XVI, très ému, ses deux bras tendus vers la foule, sur le balcon qui domine l'étroite place du village noire de monde. Il improvise sa dernière allocution publique: «Vous savez que cette journée est différente des précédentes. Je ne suis plus… pontife suprême de l'Église catholique. Je le suis encore jusqu'à huit heures ce soir, mais après, je ne le suis plus. Je suis simplement un pèlerin qui commence la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. Je voudrais encore avec mon cœur, mon amour et ma prière, avec ma réflexion, avec toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun de l'Église et de l'humanité. Et je me sens très soutenu par votre sympathie. Merci à vous.» La silhouette blanche se tourne et disparaît.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Le collège des cardinaux assure la transition

Par Jean-Marie Guénois Publié le 28/02/2013 à 20:05

Deux-cent huit cardinaux composent le collège qui doit assurer la gestion des affaires courantes et la préparation de l'élection du successeur de Benoît XVI.

Le gouvernement de l'Église connaît vraiment une «vacance» du pouvoir dans la mesure où aucune grande décision ne peut être prise entre le moment où le siège apostolique n'est plus occupé et jusqu'à l'élection du nouveau pape.

Dans cette phase transitoire le vrai détenteur du pouvoir est le collège des cardinaux. C'est théologiquement et canoniquement sur lui que repose, collégialement, la charge des affaires courantes et celle de préparer l'élection d'un successeur de l'apôtre Pierre. Ils sont 208 actuellement.

Dans ce cas, les cardinaux non électeurs du pape, donc âgés de plus de 80 ans, ont leur mot à dire. Ils sont membres de ce «collège» à part entière.

Dans les deux semaines qui précèdent, théoriquement, l'entrée en conclave dans la chapelle Sixtine, le Sacré Collège se réunit chaque jour en «congrégation générale» pour établir un bilan complet de l'Église catholique, préparer l'élection du pape, mais aussi pour gérer les affaires courantes.

Pour accompagner ce fonctionnement collégial, cinq fonctions clés ont été prévues par la structure administrative de l'Église catholique.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Lastic le Sam 30 Mar 2013, 20:29

Je pense qu'il est important de rappeler une chose : le Souverain Pontife ne rend de comptes qu'à Dieu seul. Benoit XVI a dit que sa décision a été prise "après avoir examiné sa conscience à plusieurs reprises devant Dieu", cela doit donc nous suffire, il n'y a pas d'autres explications à réclamer, d'autant que la décision a été révélée dans les formes.
Soyons attentifs à ne pas tomber dans le réflexe révolutionnaire qui voudrait que nous cherchions à trop commenter voire à juger l'action du pape.

_________________
Vera nobilitas virtute virescit - Droit quoiqu'il soit !
avatar
Lastic
Ecuyer

Masculin
Balance Chèvre
Nombre de messages : 111
Age : 27
Localisation : Duché de Bourbonnais
Affinités politiques : Légitimiste

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Mickaelus le Mer 14 Sep 2016, 21:24

D'après l'article ci-dessous, paraissent donc ce jour en français les Dernières conversations du pape Benoît XVI, lesquelles conversations promettent d'être très intéressantes, d'autant plus que l'on n'a guère eu l'occasion d'entendre parler de lui depuis sa retraite quasi-monastique. Je dois bien convenir que je suis cependant assez étonné par les extraits choisis sur le pape François, non pas que je doutais de l'amitié ou de la bonne entente très probable entre les deux hommes, sur le plan humain et personnel j'entends. Mais quels pontificats différents tout de même ! S'il ne s'agissait que d'une différence de forme entre le pape charismatique (François) et le pape théologien (Benoît XVI), fort bien, mais il y a eu des appréciations assez différentes sur l'islam ou sur la forme de l’Église (rien qu'à propos du latin). Aussi suis-je un peu surpris de lire Benoît XVI évoquer désormais une sorte de mue nécessaire ou du moins probable de l’Église, d'une manière non précisée ici toutefois, quand il nous rappelait il y a quelques années encore, avec raison, que le catholicisme n'était pas une religion à la carte et qu'il valait mieux avoir un noyau dur de vrais fidèles, que l'inverse. Cela dit, il est certain que la lecture intégrale de l'ouvrage mettra mieux les choses en perspective : on a l'habitude des citations hors-contexte de certains journalistes.

Les « dernières conversations » de Benoît XVI

Nicolas Senèze, le 09/09/2016 à 14h30

La presse italienne a publié jeudi 8 septembre des extraits du livre d’entretiens du pape émérite Benoît XVI, qui paraît vendredi 9 septembre en Italie puis mercredi 14 septembre en France. Il évoque notamment ses dernières années de pontificat.

Dans un livre d’entretiens avec le journaliste allemand Peter Seewald, qui paraît vendredi 9 septembre en Italie et dont le quotidien Corriere della Sera a publié jeudi des extraits, le pape émérite Benoît XVI se confie notamment sur ses dernières années de pontificat, sa renonciation et sur son successeur François.

« Ce ne fut pas un retrait sous la pression des événements ou une fuite par incapacité à faire face », explique le pape émérite au journaliste allemand Peter Seewald, auquel il s’était déjà confié dans Le Sel de la terre (1996) puis Lumière du monde (2010).


La renonciation : « Personne n’a essayé de me faire chanter »

« Personne n’a essayé de me faire chanter. Je ne l’aurais absolument pas permis. Si on avait essayé de le faire, je ne serais pas parti parce qu’on ne peut pas se laisser faire quand on est sous pression », assure le pape émérite pour couper court aux rumeurs, tenaces dans certains milieux, d’une démission forcée.

Il explique d’ailleurs avoir écrit lui-même le texte de la renonciation. « Je ne peux pas dire exactement quand, mais au maximum deux semaines avant », précise-t-il.

Un texte écrit directement en latin, « parce qu’une chose aussi importante se fait en latin », une langue « que je connais assez bien pour l’écrire couramment ». « J’aurais pu l’écrire en italien, bien sûr, mais il y avait le risque que je fasse quelques erreurs. »

« Et il n’est pas vrai non plus que j’étais déprimé ou quelque chose comme ça. En effet, Dieu merci, j’étais dans l’état d’esprit paisible de celui qui a surmonté la difficulté. L’état d’esprit de celui qui peut, tranquillement passer le gouvernail à celui qui vient après », explique Benoît XVI.


« Heureux » de son successeur François

Le pape émérite se fait élogieux sur son successeur, se disant « satisfait » et « heureux » de son élection tout en reconnaissant qu’il n’avait pas pensé à lui.

« Ce qui m’a touché, c’est que, avant même de sortir à la loggia, il a voulu m’appeler. Mais il ne m’a pas trouvé parce que nous étions devant la télévision, raconte le pape. La façon dont il a prié pour moi, le moment de silence, puis la gentillesse avec laquelle il a salué les gens a fait que l’étincelle, pour ainsi dire, a frappé immédiatement. »

Pour le pape allemand, « l’élection d’un cardinal latino-américain signifie que l’Église est en mouvement, qu’elle est dynamique, ouverte à la perspective de nouveaux développements ». « Elle n’est pas gelée dans des modèles, continue-t-il. Il se passe toujours quelque chose de surprenant dans une dynamique interne capable de la renouveler sans cesse. »

« Ce qui est beau et encourageant est que, même à notre époque, des choses se produisent que personne n’attendait et qui montrent que l’Église est vivante et pleine de nouvelles possibilités », s’émerveille Benoît XVI pour qui « il est évident que l’Église abandonne de plus en plus ses anciennes structures traditionnelles de vie européenne et change dans son apparence ».

Soulignant la déchristianisation de l’Europe, il estime en particulier que « l’Église doit trouver une nouvelle forme de présence » et « changer sa façon de se présenter ».


La gouvernance : « Le gouvernement pratique n’est pas mon point fort »

Revenant sur les réformes de son successeur, et son propre pontificat, le pape émérite constate que « chacun a son propre charisme ». « François est l’homme de la réforme pratique. Il a longtemps été archevêque, il connaît le métier », explique l’ancien pape qui reconnaît humblement que les questions organisationnelles « ne sont pas mon point fort ».

« Ma faiblesse réside peut-être dans le manque de volonté de gouverner et de prendre des décisions », ajoute-t-il plus loin reconnaissant être « plus un professeur, celui qui réfléchit et médite sur les questions spirituelles ».

« Le gouvernement pratique n’est pas mon point fort, ce qui est certainement une faiblesse, répète-t-il. Mais je ne le vois pas comme un échec. Pendant huit ans, j’ai fait ma part de service. »

Mais, tout en reconnaissant qu’« il y a eu des moments difficiles », citant le « scandale de la pédophilie », « l’affaire Williamson » et le « scandale Vatileaks », il souligne aussi que son pontificat a été « un moment où beaucoup de gens ont trouvé un nouveau chemin vers la foi ». « Et c’est aussi un grand mouvement positif », se réjouit-il.

Benoît XVI revient aussi sur la question maintes fois évoquée d’un « lobby gay » au Vatican. « Effectivement, on m’a indiqué un groupe que, dans l’intervalle, nous avons dissous », raconte-t-il. « Un petit groupe de quatre, peut-être cinq personnes », précise-t-il. « Nous l’avons dissous, répète-t-il. S’est-il reformé autrement ? Je ne sais pas. Cependant, le Vatican ne foisonne pas de cas similaires. »


La mort : « Je suis en train de me préparer à ce moment-là »

Enfin, le pape émérite, âgé de 89 ans, se confie sereinement sur sa propre mort. « Nous devons nous préparer à la mort, affirme-t-il. Pas en accomplissant certains actes, mais en vivant de manière à se préparer à passer le dernier examen devant Dieu. »

« Il faut admettre la finitude de cette vie et se mettre en chemin pour rejoindre la présence de Dieu, développe-t-il. J’essaie de toujours penser que la fin approche. Je suis en train de me préparer à ce moment-là et, surtout, de toujours le garder à l’esprit. L’important n’est pas de se l’imaginer, mais de vivre en sachant que toute vie tend à cette rencontre. »

Ce livre d’entretiens de Benoît XVI avec Peter Seewald paraîtra en France le 14 septembre sous le titre Dernières conversations (Fayard).


Nicolas Senèze
(Source : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
avatar
Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2689
Age : 36
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Benoit XVI démissionne

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum