Le comte de Chambord et les chouans illégitimes par Louis Phillippe

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Le comte de Chambord et les chouans illégitimes par Louis Phillippe

Message par Henry le Sam 14 Juin 2014, 00:28

Henri V, le bâtard, et les nouveaux chouans, preuves authentiques de son illégitimité...

Le signal est donné, et la conspiration commence à poindre dans quelques départements. Encore quelques jours et si l'on n'y veille les royalistes mettront le feu au pays. Il fallait s'y attendre; La terreur est passée et ils se lèvent. Tout ceci pourrait bien ne finir que dans des flots de sang. Voilà les coups de votre magnanimité et de votre sagesse, ô vous qui dirigez les révolutions! Soyez cléments et généreux. Épargnez les vaincus et reconduisez-les à Cherbourg par la route qu'ils ont semée de cadavres. Proclamez le pardon pour la veuve royale et la pitié pour l'orphelin. Prenez-les dans vos bras pour les soustraire à la vengeance du peuple, et ils vous déchireront les entrailles comme le renard de Sparte sous la robe qui l'avait abrité. Nous payons aujourd'hui l'erreur de 1850. Il faut convenir pourtant qu'elle aurait pu nous coûter moins cher.

Au lendemain de la Révolution, étourdis par le coup de tonnerre qui venait d'emporter un trône; en proie aux réminiscences d'un autre temps, les royalistes se crurent tout d'abord poursuivis par la guillotine- Je songe aux comiques frayeurs de Pourceaugnac pourchassé par les seringues de Limoges. La mystification était innocente et excellente; il fallait la prolonger. Nous qui mettons de l'esprit partout, nous n'en avons plus quand nous faisons des révolutions. Pourquoi donc ne ferions-nous pas nos révolutions spirituellement comme tout le reste? «Allons, Messieurs, allons! Fallait-il dire avec une grosse voix, l'or est l'arme des trahisons, voici qui vous coupera cette ressource. Vos aïeux payèrent bien à la Révolution la dette du sang; veuillez payer sans murmurer la dîme du coffre-fort, et nous remercier de vous donner à ce prix quittance du passé et de l'avenir! »
Ils auraient payé. Ils vous auraient porté la rançon, à genoux, et rien que par la pression d'un péril imaginaire vous les auriez tenus tous éperdus et tremblants sous la main. Mais notre illustre Lamartine qui ne peut remuer l'index sans faire de grandes choses, ne s'est pas endormi avant d'avoir rendu le décret de la magnanimité. Il a eu tort. Dieu me garde de le blâmer de cette grandeur que j'honore, car je suis de ceux qui honorent profondément ce grand citoyen jusque dans ses erreurs. Mais Lamartine ne m'empêchera pas de dire qu'il s'est trop pressé. En levant les frayeurs, la magnanimité a déchaîné les révoltes. Lorsqu'un souffle imprudent a fait évanouir le fantôme et le glaive les vaincus ont relevé la tète. Aujourd'hui leur insolence est montée plus haut que la Révolution!

Que toutes les hontes et toutes les douleurs s'abattent sur toi, ô ma patrie! Que ta vie s'écoule par mille blessures; que la guerre des pères et des fils épouvante la cité, et que livrée à la faim et au désespoir tu tombes les mamelles sanglantes et taries sur nos places publiques, et leurs voeux seront accomplis! Alors lu les verras accourir par tous les chemins. Les nobles dames apporteront les bandelettes et laveront les plaies. Les blanches mains y verseront à l'envi,l'hiule, parfumée; les prêtres béniront les agonisants, les assassins embrasseront les victimes, et l'enfant du mystère, ramené par un miracle, sera proclamé le Roi Sauveur ! i.
Alors aussi la République ira rejoindre son aînée dans la tombe. Alors liberté, honneur, progrès social et émancipation humaine; alors dogmes sacrés pour qui tant de martyrs sont morts depuis un demisiècle ; alors gloire amassée par les travaux de nos pères, conquêtes de l'épée et du génie, héritage sacré que féconda tant de sang et de larmes, alors vous tomberez dans une nuit funèbre et la Sainte Ampoule deviendra le soleil !
Villageois, semez les branches vertes sur les chemins; couronnez de fleurs les chaumières ; préparez vos femmes et pavoisez le clocher; voici le seigneur!

Voici la calèche armoiriée, les grands laquais galonnés qui châtient les manants; les cuisiniers qui plument les poules grasses ; l'intendant qui compte les gerbes et perçoit les écus; le chasseur qui aime les filles et le curé qui les absout! - Voici la joie, la gaité, la dîme, la danse, la corvée, la messe, les coups de bâton et les enfants par douzaines! Sautez, villageois, voici le bon vieux temps!
Apprêtons-nous d'abord à faire un bon milliard d'indemnité avec nos sueurs, avec nos épargnes et la dot de nos filles. Le roi a besoin d'argent pour payer la fidélité de ses amis. Depuis dix-huit ans les nobles ont chômé. La cour exilée avait emporté le plus clair de leurs revenus. Plus de régiments pour les cadets; plus de garde-robe pour lés gens de bonne' maison;plus d'èhtretènèurs princiers polir les femmes de race. Il faut les défrayer de tout cela. Allons ! allons!
Lève-toi, Jack, lève-toi:
Voici venir l'huissier du roi.
On fera de l'argent avec tes gerbes et tes guenilles. Le toit y passera, et ton mobilier de noces, et la charrue avec les boeufs. Nos pères aussi disaient qu'ils n'avaient pas d'argent en 1815. On leur en fit trouver. Vous souvient-il de cette histoire?
Ils avaient combattu vingt ans contre la France, et ils, revinrent un jour en passant sur les cadavres des nôtres à Waterloo. Ils revinrent ramenant leurs pâles Bourbons dans les fourgons, des Prussiens, laissant derrière, eux un long sillon de trahisons et de hontes, et il fallut encore que le peuple se saignât aux quatre veines pour les payer d'avoir assassiné la patrie!

Mais aussi, quels bons chrétiens, quelles dévotes gens et quels ardents défenseurs de la propriété et de la famille!
Voici j'espère la propriété bien rassurée, la bonne etyér-itable propriété, s'entend; celle du droit divin. Allons, vilain ! va battre les buissons pour faire lever le lièvre au piqueur, mon bravé homme ! va battre les étangs pour faire taire les grenouilles qui troublent le sommeil et les amours,, du castel ! Reconnaissez le fief héréditaire et qu'on fixe les redevances ; nous les paierons, sans compter, ce que nous vivons oublié d'acquitter depuis cinquante ans à la sainte Eglise et qu'il faudra régler avec les intérêts, s'il plaît à Dieu. Parlez-moi de cette propriété-là : Verte et splendide au soleil, elle a place sous ses ombrages pour les bètes, Réservées, aux nobles plaisirs ; elle nourrit daims et cerfs par centaines ; le sanglier s'y promène avec majesté, tandis que le manant couche sur la paille et meurt sur les grands chemins. Le Paysan lui paie la, dîme, la taille et la corvée, et la havée et la vente et le mesurâge, et le péage et le fouage, et le quint et le requint! Voilà une propriété qui sait se faire respecter ! Voilà le bon ordre, voilà le droit et la justice !
Qui nous rendra tout cela? — Le Roi.
; Et puis qui parle de détruire la famille? Voici ses amis et ses champions, ventrebleu! Rendez-nous le cuissage et le jambage, le droit des fillettes, les bonnes mœurs. Il faut des enfants aux pauvres gens; lés enfants sont leur fortune. On leur en fera.
Monseigneur aime vos femmes. Quel honneur! Pourquoi ne prêteriez-vous pas vos femmes à Monseigneur, il prête bien la sienne à ses laquais !
Oh! le beau temps! Les plus heureux du village sont les cocus ; les mieux dotés sont les bâtards. Voilà le bon ordre; voilà la famille !
Qui nous le rendra? Le Roi !
Vite un Roi! Il nous faut un Roi. Nous en avons de rechange, Dieu merci! Quand le trône est usé d'un côté on le met de l'autre. N'est-ce pas de tradition chez nous ? Nous avons une monarchie qui se retourne comme les culottes du roi Dagobert."



Malheur à l'enfant qui a un tel grand père...
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