La fin du FN?

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La fin du FN?

Message par Alain le Mar 05 Mai 2015, 14:06

Il est des gens qui prennent en otage la vérité d'une civilisation. Et, par là, la famille "Le Pen" est un fleuron de ce que comporte la république comme imposture morale absolue... Oui, le Front national a fait l'apologie des pires dérives du socialisme depuis sa création: Déjà, en faisant gloire au colonialisme ( je n'oublierai jamais ce militant FN qui m'expliquait qu'en Algérie on faisait "pan" dans la tête des "bougnouls" soupçonnés d'être collaborateurs du FLN): On est dans la France de la troisième république; celle de Jean Jaurès et du destin mondial républicain... En valorisant l'importance de la guillotine ( qui prononce l'échec absolu de l'Etat de Droit même s'il n'est pas Divin)...le Front National a désacralisé la Vie en la soumettant à l'ordre juridictionnel de circonstance.
Mais il y a bien pire: C'est le socialisme-ultra du Front National qui a remplacé dans la tête des français la patriotisme poétique de la contrée par le nationalisme républicain, qui a fait du sujet du royaume de France une vulgaire ressource humaine au service du destin supérieur de la république qui conduit ce dernier à sa propre destruction. Oui, il fut un Temps où l'homme était guidé par la Loi Morale et Divine,et,une dynamique comme celle du Front National a voulu soumettre le genre humain tout entier à un destin collectif totalement païen...
Bref, que ce parti politique s'effondre: Nous n'avons rien à en attendre... Ils défendent la famille!!! Marine est répudiée par son père et a qualifié sa propre mère de "poubelle à scandales" quand icelle posait nue dans "Playboy". La Marion porte un nom qui n'est pas celui de son géniteur... Il est temps que cette famille de cas sociaux bretons rejoigne les oubliettes de "notre" France.
Je suis vraiment très heureux d'assister à l'effondrement du FN. De plus, quand on voit le business de Frédéric Chatillon, la brute décomplexée qui a voulu la rennaîssance du GUD, il y a vraiment de quoi rigoler d'autant d'immaturités du clan républicain soi-disant "fort" ou "viril".

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Re: La fin du FN?

Message par Henry le Mer 27 Mai 2015, 21:27

Il est bien dommage tout ce temps perdu, en défense de parti de république et de drapeau bleu blanc rouge.
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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Jeu 28 Mai 2015, 16:52

Perdre du "Temps" avec le "Front national".... Non, c'est bien pire! C'est renoncer au "Temps" pour plonger dans de l'idôlatrie du marketing de l'immédiat. Je suis, par exemple effaré par le parcours de "Marion": Abandon d'études en Master 2 de "Droit" ( au pays des droits de l'homme, il faut bien faire son "droit"...Mais pas trop longtemps!!!!) pour devenir "député" de la république à 23 ans. Soit! Une vie "à la colle" avec un mec de l'évènementiel sur Paris dont elle tombe "enceinte" et qui s'est présenté contre son propre parti politique pour faire 0,002%... L'épouse "en cloque" se marrie civilement avant de mettre au monde une petite "Olympe". Pour une personne qui se dit "traditionnaliste catholique" c'est n'importe quoi. Elle vit dans le Vaucluse, son époux sur Paris et... La petite Olympe??? Je n'aime pas beaucoup ce genre de famille. Sa mère et ses deux tantes étant deux fois divorcées, comme son papy, elle devrait affirmer un caractère plus emprunt des traditions. Et surtout finir ses études et devenir une personne respectable. Et puis, comme son papy se moquait de Mazarine la bâtarde de Mitterrand, étant elle-même un rejeton de la polygamie de sa propre mère, tout cela confine en un au-delà de la bouffonnerie la plus ridicule! Le FN est au delà de l'insupportable: La lie de la république qui se maquille en icône des valeurs. C'est grotesque.... Marion aurait sa place dans une dynamique " Anarchie et Libertaire", là je lui trouverai sa place et pourrai lui accorder respect et même tendresse. Mais s'affirmer depuis des horizons qu'elle ne fait que souiller depuis un mode de vie outrancièrement décadent m'offusque au plus haut point. A 26 ans, soit on finit sa Thèse, dont elle semble bien incapable et n'a de toute façon pas le niveau, soit on élève sa fille auprès de son époux, ce qu'elle ne fait pas étant donné le respect qu'elle n'a pas pour la famille. Mais prétendre en la direction d'un budget de plusieurs milliards d'Euro comme celui de la région PACA!!! Là c'est effarant!
Bref, encore une entité qui veut s'approprier "l'appareil d'Etat" pour mieux en tirer profit. Où est le sens du Bien Commun? Quand on a montré qu'on est même pas capable d'avoir de l'amour pour sa propre famille, peut-on seulement en avoir pour le Peule de France? Je ne pense pas.
La fumeuse droite nationaliste n'est qu'un avatar du socialisme: Simplement, le socialisme est libéral quand l'économie est en état d'usage et devient nationaliste quand les artères des finances publiques se bouchent. Les Cassos "Le Pen" surfent sur cette réalité depuis 40 ans. J'espère de tout mon cœur que la Raison finira par les stopper. Indécence!
Habiter la mémoire et tout faire pour la sauvegarder pour nos héritiers est la tâche majeure. Les gens qui oeuvrent dans ce régime nous sont étrangers. Regardez l'élite de l'Etat français: Je n'en voudrai même pas pour faire le ménage chez moi et, à part faire rêver quelques pauvre africains illettrés, elle fait vomir les talents du Monde entier. Oui, même pour nous, "un autre monde est possible"!

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Re: La fin du FN?

Message par Henry le Jeu 28 Mai 2015, 21:18

Je parlais de la perte de temps de ce parti, Calliope.
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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Sam 06 Juin 2015, 00:40

Ah, le Front national... C'est vrai qu'il est difficile de passer à côté de l'évocation de ce parti pour une raison ou pour une autre, dans les médias, ces temps derniers : installation d'un nouveau tripartisme en France, succès électoraux plus ou moins véritables, faits divers dans leurs communes ou celles de leurs proches (Ménard), déchirement "dynastique" des Le Pen, etc. Voilà de quoi alimenter les journaux télévisés quant l'Ukraine, Daesh ou quelque autre événement à la mode ne suffisent pas. Pour ma part, cela me ramène surtout à l'époque où nous étions quelques membres de ce forum à être proches du MPF de Philippe de Villiers, en quête d'une vérité plus authentique de la France que nous avons trouvée dans le légitimisme après 2007 et via ce forum notamment. Et c'est vrai que là où une certaine droite, ou plutôt certains rares politiques de droite ont encore un petit quelque chose de la droite légitimiste d'antan (par opposition à la droite orléaniste ou bonapartiste selon la catégorisation célèbre de René Rémond), au niveau d'un fonds culturel qui transparaît parfois derrière une triste acclimatation à la république, il n'a jamais été douteux que le Front national n'avait rien de droite au sens royaliste et originel du terme. L'écrivain Maurice Dantec évoquait le jacobinisme et le bonapartisme qui se dégageait de ce parti il y a près de dix ans, bien avant la dite entreprise de dédiabolisation de Marine Le Pen.

Je rejoins nécessairement Calliope dans sa dénonciation du caractère socialiste ou même collectiviste du pseudo patriotisme promu par le Front national, car de fait le nationalisme c'est l’idolâtrie de la souveraineté populaire, bien loin de la vénération de la France que l'on vend à des crédules désespérés de l'avenir de leur pays. Il est plaisant, d'une certaine façon, de constater que même François Hollande peut faire le rapprochement entre le FN et le communisme de naguère, parce que cela révèle que ce nationalisme n'est jamais que la forme exacerbée de la Révolution que tout royaliste se doit de combattre. Il ne faut surtout pas se laisser prendre au piège qui veut que parce que l'on peut se rencontrer sur certains diagnostics (les problèmes causés par l'Union européenne et l'immigration), cela devrait nous créer une identité ou des causes communes, comme l'Action française des orléanistes a pu le faire. Non, il n'existe pas de compromis nationaliste envisageable pour le légitimisme ou tout français qui se respecte : la France c'est la transcendance et la verticalité du pouvoir, pas la quantification et la relativisation de celui-ci par la souveraineté populaire fantasmée.

Du reste, sur tous les sujets évoqués par Calliope, le FN ne serait pas à la hauteur, sans même parler des questions de vie privée. Si je prends le cas de l'Algérie ou de l'attitude face au colonialisme, je relève forcément que les propos vis-à-vis de l'islam sont ambigus, alors que la France royale traditionnelle c'est la promotion de la Chrétienté. De la même façon, au niveau de la politique familiale, on a senti le parti bien tiède, c'est le moins que l'on puisse dire, sur la question du dit mariage homosexuel. C'est que les convictions, la famille, la religion, sont plus des accessoires culturels qu'autre chose, comme les considérait déjà Napoléon en son temps. Et le fait que Marine Le Pen ait nié tout choc civilisationnel est éclairant à cet égard. On promeut comme à l'UMP - pardon, comme chez les Républicains - la France des clochers, mais comme un héritage mort qui ne vivifie plus la pensée, les mœurs, l'esprit. Le FN voudrait protéger le peuple contre l'UE, contre les envahisseurs mahométans, mais est incapable de proposer autre chose que le nihilisme et le cancer républicain. Mais il n'y aura aucun moyen de combattre tous les fléaux qui nous guettent tant que les Français n'auront pas compris leur histoire et réglé son compte à la Révolution, qui est la cause profonde de tout ce qui a déclassé notre pays : guerres révolutionnaires et mondiales, perte de notre rang militaire, abandon de la religion et de notre génie national. Et que propose le FN ? Quand la république a causé notre déchéance, il nous propose plus de république. C'est bien cocasse quand ce parti moque ceux qui nous proposent plus d'Europe malgré les problèmes apportés par l'UE. En cela Calliope a bien raison, il ne faut pas cesser de transmettre la vérité royale et traditionnelle de la France, envers et contre tout. Des déplacements récents comme celui de Louis de Bourbon en Bretagne valent toutes les élections : c'est ce contact que notre héritier des rois de France doit renouer avec les peuples du royaume, et puisse-t-il continuer sur cette voie avec plus d'ardeur encore.

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Ven 26 Juin 2015, 01:12

Pour en revenir brièvement à l'intitulé du sujet initial proposé par Calliope, il semble bien qu'en tout cas, ce soit la fin d'un certain Front National qui soit en marche, via la mise à l'écart officielle de Jean-Marie Le Pen, qui appelle à mépriser les nouveaux statuts qui doivent être votés bientôt :

Nouveaux statuts du Front national : ce qui change

       Par Emmanuel Galiero Mis à jour le 23/06/2015 à 11:41 Publié le 22/06/2015 à 11:58

LE SCAN POLITIQUE - Le projet, qui prévoit la suppression du poste de président d'honneur, est soumis à l'avis des adhérents, appelés à voter jusqu'au 10 juillet. Jean-Marie Le Pen les invite à s'abstenir.

«Approuvez-vous le projet des nouveaux statuts du Front national?» Les 40.000 adhérents du parti de Marine Le Pen vont pouvoir répondre à cette question par oui ou par non jusqu'au 10 juillet. Dans une lettre d'accompagnement, révélée par L'Opinion et que Le Scan s'est procurée, la présidente du FN précise les raisons de ces modifications. «Des circonstances exceptionnelles liées aux derniers événements ayant secoué notre mouvement ont fait apparaître la nécessité absolue de me tourner vers vous, adhérents du Front national», écrit-elle en guise d'introduction.

Les «circonstances exceptionnelles» renvoient à la crise profonde qui oppose Marine Le Pen à son père, Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du mouvement. Après avoir considéré que son père pouvait mettre en danger le parti par des prises de parole qu'elle avait jugées non conformes à la ligne politique qu'elle souhaite défendre, la présidente frontiste avait réuni le bureau politique et le bureau exécutif pour envisager la suppression du poste de président d'honneur.
(Lire la suite de l'article ici - Le Figaro.)

Le résultat du vote sera probablement déterminant pour l'avenir de ce parti, comme pour le projet de fondation d'un mouvement "dissident" par Jean-Marie Le Pen, voué selon lui à corriger la mauvaise orientation actuelle du parti, qui serait selon lui (et des analystes comme Zemmour) sous l'influence d'une clique de chevènementistes avec Florian Philippot, voire même de "mignons" (la seconde hypothèse peut paraître exagérée, mais pour avoir vu sur FB, il y a peu d'années, une bande de cette nature tenter d'infiltrer le milieu légitimiste pour faire passer une propagande pro-homosexuelle, je m'attends à tout)...


Concernant la ligne du parti, des propos de Marion Maréchal-Le Pen tenus récemment sont assez significatifs, tels qu'on peut les lire dans cet article, sur la république notamment :

C'est un régime politique et il y a des monarchies qui sont plus démocratiques que certaines républiques. Je ne comprends pas cette obsession pour la République. Pour moi, la République ne prime pas sur la France», a ainsi martelé l'élue, dont le parti se voit fréquemment reprocher, par la quasi-totalité des dirigeants politiques, de n'être «pas républicain.»

C'est une manière de voir qui me paraît typique d'une approche bonapartiste, dans le sens où l'on place la France dans une perspective de continuité absolue qui la fait indifféremment républicaine ou monarchique. Car il n'est pas ici question d'un rejet de la république ou même d'une réflexion sur la nature réelle, et nécessairement monarchique, de la France, mais bien d'une réponse avant tout tactique. Certes, il est toujours bon de voir un parti républicain relativiser la république, mais quand c'est pour évoquer la monarchie comme démocratie, on se rend vite compte du piètre niveau d'intérêt réel de la remarque. D'autant plus quand on lit la suite de l'article, que je trouve encore bien bonapartiste, puisqu'il s'agit d'un éloge d'une politique des cultes ultra-pragmatique, vis-à-vis de l'islam : puisqu'il est là et pratiqué massivement, il faudrait le prendre en compte, et la France ne serait donc plus vraiment un pays essentiellement chrétien... Non, décidément, Marion Maréchal-Le Pen est bien une républicaine, au mieux une bonapartiste, avec de telles conceptions basées sur la quantification religieuse et le relativisme historique.

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Ven 25 Sep 2015, 14:10

C'est bien simple: Pour moi, le Front National n'avait qu'une seule dynamique valable qui s'affirmait depuis une volonté de destruction de l'ENA... Cette chose hideuse créée par le petit général qui a fait de la France une entité administrative où le fonctionnaire prédestine aux Sciences, aux Arts et à la Philosophie! Nous voyons le résultat! La France est devenue le territoire de l'omni-présence omni-potente du tout-Etat où l'administratif est seule condition de possibilité de Tout ( de la mémoire à la recherche en acte). Et, je dois avouer que je considère la France comme étant désormais en position de déficit civilisationnel majeur par rapport à ses voisins où les chercheurs sont libres et non-soumis aux délires d'administratifs détachés et étrangers à ce qui fait monde....
Depuis le petit Philippot, le FN ne veut plus abolir cette abomination qu'est l'ENA: Le FN souhaîte conserver cette fumeuse école de formatage alors que c'était là- son abolition- la seule dynamique qui ne me faisait ne pas mépriser totalement ce parti.
Je suis désolé, mais que Mr.Philippot, pour racoler encore plus large, devrait épouser Ian Brossat ( le responsable immobilier de Paris qui souhaîte dynamiter la "Sacré Cœur"): Nous aurons ainsi un très beau couple à haute teneur républicaine!
Quant à Marine, nous ne pouvons avoir qu'un profond respect pour son compagnon Louis Aliot avec lequel elle vit "à la colle" après deux divorces. Il a soutenu sa Thèse sous la direction de Jean-Marie Crouzatier, professeur de Droit constitutionnel à Toulouse 1.... J'ai un merveilleux souvenir des cours de Crouzatier: En 1988, en amphithêatre, ses cours étaient tellement chahutés qu'il se contentait de compter les avions en papiers qui arrivaient sur sa chaire selon qu'ils arrivaient depuis la droite ou la gauche de l'amphithêatre. Après il faisait le décompte et c'était la droite ou la gauche qui gagnait! Après, il fallait récupérer les cours auprés des redoublants qui négociaient les prix. Inutile de vous dire que j'ai été très vite dégouté par ces fumeuses études de "Droit". Du coup, je prenais le Bus numéro 148 pour aller aux cours de Philosophie à Toulouse 2 autrement plus sérieux!!! Et c'est là où j'ai atterri pour faire un voyage autrement plus pertinent que celui des juristes à la noix!
Mais j'ai toujours un mystère irrésolu: Pourquoi les juristes sont réputés "conservateurs" et patriotes et les philosophes "gauchiottes". C'est exactement l'inverse que j'ai éprouvé! Garder en éveil la mémoire et la tradition, désormais, je sais où trouver!
Mais sincèrement, le FN et ses juristes de pacotille, ce n'est absolument pas sérieux...

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Jeu 26 Nov 2015, 21:48

D'un certain côté, il ne faut pas trop s'étonner de certaines positions de Philippot, puisqu'il nous vient d'une sorte de "gauche patriotique" que l'on peut qualifier de chevènementiste (Chevènement ayant tenté de rassembler un camp patriote dépassant le clivage gauche-droite en 2002, sans succès). Chacun sait qu'il a contribué à faire prendre au parti un certain tournant à gauche (la gauche telle qu'elle est vue dans les sphères républicaines, j'entends) et donc à compliquer singulièrement les rapports entre le père et la fille Le Pen. Je ne suis pas du tout favorable au tout-administratif moi non plus, c'est un étouffoir et un mouroir pour l'intelligence dans les domaines qui ne relèvent pas pleinement de l'administration en tant que telle, justement. Et puis, il suffit de considérer ce qu'on nous place comme ministres à l’Éducation ou à la Culture, pour se dire qu'il s'agit d'une catastrophe intégrale... Le témoignage de Villiers sur l'ENA dans son livre récemment paru est intéressant et ne manque pas de sel. Justement, le Puy du Fou est issu d'une initiative libre, et vit de manière glorieuse sur un tel modèle. L’État n'en reste pas moins très nécessaire dans tous les domaines régaliens, mais à quelle dose... je pense que sur ce sujet, tous les royalistes ne sont pas nécessairement d'accord. Un certain nombre espèrent en une décentralisation rompant avec le jacobinisme, mais on en trouvera d'autres pour trouver que l'ère Louis XIV allait déjà dans le sens de la centralisation. Même si la machine étatique était infiniment moindre à l'époque de toute façon, si l'on se contente des faits plutôt que de l'intention ou de l'idéologie. Ce qui est certain, c'est qu'un état qui croule autant sous l'administration et la législation, est bien malade.

J'ai entendu parler des mêmes distinctions à l'université, je veux parler de ceux faisant du droit réputés plus à droite, de ceux étudiant les lettres ou autres plus à gauche. Même si la palme revenait aux étudiants en sociologie pour cette dernière. Je pense que la raison en est assez simple : les gens qui font du droit sont censés être plus souvent issus de la bourgeoisie, d'un milieu un peu plus aisé et donc être dans le camp de l'UMP, grosso modo. Et puis les sciences humaines, les livres, ça ne "rapporte" pas, et quand on voit dans quel abîme consternant est tombé l'enseignement... Bref, je ne vois pas vraiment d'autre "raison", bien que ce soit effectivement caricatural et peu intelligent. Une sorte de logique de classes, comme quand au lycée on fait de la filière littéraire la voie de garage pour les élèves qui ne sont pas capables d'aller en scientifique. Il faut laisser parler les idiots et être ce qu'on est. Pour ma part, la littérature classique (par opposition à la contemporaine, je ne parle pas d'antiquité) a largement contribué à me conduire vers le légitimisme. Un pays qui ne fait plus que de l'argent le critère de la réussite, en ne donnant plus qu'une place utilitaire au savoir, à l'art, c'est... En fait, c'était déjà ce que Tocqueville disait plus ou moins des États-Unis il me semble.

Concernant les juristes, le droit n'est vraiment pas ma tasse de thé, je m'intéresse à l'histoire des institutions mais ça ne va pas plus loin. Mais je pense que le FN ne doit pas vraiment être un cas à part au niveau de la fumisterie dans ce domaine. Dans tous les cas, pour revenir au titre du sujet, ce parti n'a pas l'air en voie d'extinction, quand on voit à quel point il fait des émules depuis les attentats. Ainsi, le parti socialiste, enfin l'Elysée sans que le PS ne bronche, est en train d'appliquer toutes les mesures que le FN a prôné depuis des lustres : la fermeture des frontières, celle des mosquées radicales (à voir sur le long terme), le rapprochement avec la Russie, le retour du drapeau tricolore, etc. Il faut avouer que c'est tout de même cocasse, cette capacité à faire la girouette et à se renier aussi intégralement. Je me demande, par curiosité, quel effet cela aura sur les élections régionales, mais quoi qu'il en soit, le FN n'a pas l'air en voie d'extinction. C'est simplement triste que ce soit la seule voie de contestation visible pour beaucoup de gens, puisque la république autoritaire ne rendra pas à la France son identité ni sa grandeur.

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Ven 27 Nov 2015, 21:38

Il est bien dommage qu'Ordre Naturel ne soit plus parmi nous. Je pense qu'étant libertarien au niveau économique, il aurait pu nous apporter son regard à la fois sensible et pertinent...
Pour l'Université, il est évident que de la convention à la troisième république, il n'y avait plus en France que les facultés de Droit et de Médecine. Et bien sûr les écoles de guerre napoléoniennes et de commerce ( ESCP Europe étant la première). Dans mon milieu familial, j'ai vraiment peiné à me faire accepter comme étudiant en Philosophie et non en Droit! Mais j'ai été très méchant: Soit je vais chez mes amis apprendre la philosophie, soit je fais chauffeur routier ou magasinier à Intermarché. Bon... J'ai obtenu ce que je voulais! Et j'avais un très vieux monsieur kantien qui savait que j'assistais à ses cours alors que j'étais inscrit en Droit. Donc, j'ai pu réinvestir le retour à une tradition honnête dans ma famille! Loin du Droit et du commerce... Ce qui me vaut parfois d'étranges regards!

Ce qui me fait très peur par rapport au FN c'est cette Marion. Je la crois profondément stupide et insipide sur le plan moral. Ses photographies affichent une haine qui ne la quitte jamais. Son clan veut des "de souche" et elle ne vit pas en Bretagne, sa contrée d'origine. Je n'aime pas du tout çà. Là, j'ai vraiment peur d'une barbarie. Cette gamine est pour moi absolument effrayante.

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Mer 02 Déc 2015, 20:13

Oui, s'agissant d'économie je ne peux pas dire que je m'y intéresse beaucoup en dehors des répercussions sur le politique : ce n'est pas du tout un centre d'intérêt en soi, cet univers me dégoûterait plutôt, instinctivement. Ordre Naturel avait probablement une sensibilité plus libérale effectivement, mais on ne peut pas parler à sa place, c'est ainsi. Pour ma part, je pense simplement que le libéralisme économique est dangereux quand on connaît la puissance actuelle de nombreuses multinationales et groupes opaques en dépendant. On peut débattre des règles à l'intérieur du pays, mais l'auto-régulation mondialisée, je pense que c'est du pur délire. Et puis, comme le sujet est consacré au FN, je ne serais pas contre un retour au franc, car je pense que la maîtrise de la monnaie est un des attributs régaliens nécessaires à un retour de la monarchie. Tout comme la souveraineté réelle bien trop entamée par l'Union Européenne. Le retour d'un roi de France sans monnaie et devant rendre des comptes à une assemblée nationale plus à Bruxelles, ce ne serait pas très enthousiasmant.

Pour les études, c'est une bonne chose de savoir résister à l'air du temps au sein de familles qui, toutes diverses qu'elles soient aujourd'hui, tendent souvent à devenir une somme d'individus où la transmission de la morale, de la tradition n'opère plus du tout. Parfois, les jeunes gens réactionnaires sont en position de transmettre plus que leurs grands-parents. Même si on n'en fait pas son métier, c'est important. Reste-t-il vraiment beaucoup d'anciens aujourd'hui, d'ailleurs, au sens presque antique ? C'est une bien drôle d'époque que la nôtre.

Je ne connais pas suffisamment Marion Maréchal-Le Pen pour juger de ce qu'elle est en son for intérieur, et je n'ai fait que voir quelques entretiens ou lire des réactions de temps à autre dans la presse. Elle ne m'a pas l'air plus terrible que d'autres cependant, d'autant qu'avoir un air fermé n'est pas forcément haineux. Il y a des gens qui affichent un air jovial et qui n'en font pas moins de la sale besogne par derrière. J'étais tombé, de plus, sur un échange virulent entre elle et Manuel Valls à l'assemblée il y a quelques mois, assez médiatisé, et on voyait la main du premier ministre qui tremblait tellement il était agacé par une répartie beaucoup plus calme de la jeune députée. Donc pour ce que j'ai pu voir, je n'ai pas trouvé qu'elle avait grand chose de particulièrement sombre.

Sur le plan des idées, c'est encore autre chose. Je n'ai pas été choqué par les propos abondamment commentés de Nadine Morano sur la "France pays de race blanche", par exemple. Je crois aussi qu'on peut ne pas adhérer à la bien-pensance qui voudrait un grand métissage prétendument source de progrès, sans pour autant être fasciste ou nazi, ou barbare puisque c'est le terme employé. En Vendée, nous sommes moins touchés que d'autres endroits de France par l'immigration, et nous sentons que ça change progressivement, ce qui n'est pas agréable. A mon sens, c'est assez naturel de ne pas vouloir se faire envahir dans des proportions aussi irréalistes qu'irrationnelles. Ce qui m'effraie moi, ce sont les politiques de gauche qui veulent installer durablement l'islam en France (enfin je parle de la gauche, en fait aucun parti ne remet ça en cause en vérité) et forcer l'installation de cette "immigration forcée" par la loi, jusque dans les campagnes. Ou comment appeler la destruction d'une civilisation, le vivre-ensemble et la mixité sociale. Ça, c'est vraiment criminel et dangereux. Je ne vois pas quelle restauration monarchique on pourra espérer si ça continue à ce rythme plusieurs siècles.

Quant au reste, cette jeune députée m'a juste l'air d'une républicaine de droite, avec un axe idéologique bonapartiste, c'est-à-dire qu'elle revendique l'histoire de France dans son intégralité, avec le souci d'une prééminence culturelle du catholicisme. Soit un peu plus de bon sens et de France que la gauche, mais ça reste insuffisant du point de vue légitimiste évidemment : elle déclare clairement ne pas être contre-révolutionnaire du reste. Il y a une vidéo que j'ai vue sur le sujet via cet article du Salon Beige :


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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Mer 02 Déc 2015, 22:27

"La république a une identité qui date de plusieurs siècles"... Tout est dit: Marion reconnaît à la fois que la France existait avant un certain 04 Août ( ce qui est contraire au discours républicain pur) mais que, malgré tout, la république peut se revendiquer de l'ancien régime qu'elle a anéanti (!). C'est incompréhensible.
Je n'entends là que verbiage insolent.
La France est décédée il y a 226 ans. C'est, je crois, une réalité incontournable. Il n'en reste qu'un territoire soumis à l'ordre nouveau de la république; c'est à dire une somme d'anciennes contrées fusionnées par la tyrannie de la plèbe réunie depuis la force administrative étatique. C'est tout. C'est tout ce qui demeure de la France défunte. Mais oser dire que la république française est inscrite au cœur de France depuis une époque antérieure à 1789 constitue la négation d'un génocide... Marion... Occupe-toi de ta petite Olympe!

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Ven 04 Déc 2015, 22:27

Calliope a écrit:Je n'entends là que verbiage insolent.
C'est effectivement insolent au regard de la vérité telle que nous la connaissons, celle qui définit la civilisation française et que soutient la doctrine légitimiste ; on peut même parler d'hérésie à vouloir faire cohabiter dans un même élan "national" la France et ce qui lui a succédé par la voie illégitime de la tyrannie, soit la république, j'en suis parfaitement d'accord. Ensuite, il y a probablement une conjonction d'hypocrisie et d'ignorance, voire de lâcheté. Il y a des gens qui pensent à peu près comme nous dans les partis ou mouvements dits d'extrême droite, si l'on excepte la question des personnes, et qui voguent sur des eaux contre-révolutionnaires sans vouloir l'affirmer parce que ce n'est pas bon pour l'image ni donc la réussite potentielle. Ça, c'est pour la lâcheté : avec le recul, je trouve toujours incompréhensible qu’aujourd’hui encore, alors qu'il se dit libre et dégagé du politique au sens politicien, un Philippe de Villiers dont j’apprécie pourtant certaines qualités, continue à se réclamer de la république dont l'idéologie a conduit au massacre des Vendéens et, plus largement, de notre civilisation. Beaucoup de gens dans le camp déclaré réactionnaire - et ils sont même, ô combien hélas, une grande majorité -, ne comprennent plus qu'une civilisation répond à une définition et à des critères historiques, et que la souveraineté populaire ne saurait remplacer la transcendance à cet égard. Parce que l'égalité et la laïcité par le vide, c'est du nihilisme : aucune mémoire ne saurait se perpétuer depuis de tels non-sens. Il y a simplement chez certaines personnes, et la vidéo ci-dessus en témoigne, un sentiment diffus, hélas plus nostalgique que politique, de l'importance de notre héritage. Mais c'est un peu comme le goût pour les langues mortes : on parle de l'importance des crèches sur la place publique d'un point de vue culturel, mais pas d'un point de vue spirituel. A mes yeux, cet exemple résume tout : c'est une sorte de romantisme et de goût des ruines glorieuses de jadis, mais qui cède le pas à l'état républicain qui n'admet aucun sens transcendant ni historique. Cette idéologie révolutionnaire, d'un homme abstrait, sans patrimoine, culture ni histoire, a transformé tous les pays qui lui sont soumis en une contrée de morts-vivants. Une coquille vide, des corps sans âme, c'est ça la république. Heureusement, il reste des personnes qui sont "en chemin" vers la vérité, même quand elles se perdent un moment dans le patriotisme bleu blanc rouge, et qui finissent par sentir la douce fragrance de nos lys véritablement français ; trop peu nombreuses sont ces personnes, mais nous avons été de celles-là et il faut espérer que des vocations continuent à éclore.

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Re: La fin du FN?

Message par Henry le Sam 05 Déc 2015, 14:22

Il faut semer, et dans tous les terrains, pour que le champ devienne fleurdelisé.
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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Dim 13 Déc 2015, 21:34

En tout cas, le "gang" de la famille Le Pen doit comprendre que sa place n'est pas celle de la France. Dégagez de votre an-historicité, je vous prie! Mais en bretagne, la pudeur, çà n'existe pas trop...
Alors, Jean-Marie, tu te dois de rassembler tes bâtardes au pays: La Marion qui se fait nommer Marion, la Marion qui se la joue destin de PACA.
Stop au nom de la décence.
Heureux de voir que le FN n'a aucune région!!! Les citoyens ont su réagir contre les cas sociaux et c'est très bien ainsi!

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Lun 14 Déc 2015, 13:25

Pardon! La Marion qui se fait nommer Marine... Avec une telle famille on en perd son langage! Entre les noms de famille qui ne correspondent pas au géniteur et les prénoms illusoires, c'est compliqué chez les Le Pen!
En tout cas, je viens de voir effaré sur la "Dépêche du Midi" que la république chassait de son territoire un méchant Kaneko Hideyo. Encore un copain étranger plein d'amour pour la France expulsé! Et remplacé par la pire racaille. Pour moi le problème est là: Ce n'est pas l'étranger amoureux mais le haineux de notre civilisation que vous accueillez. Pourquoi la république chasse les amoureux aux finances solides et se soumet aux ordures improductives?
Par contre, je pense qu'il est illusoire d'avoir en "France" un jour une dynamique autre que celle du gang familial Le Pen. Hollande est destiné à être ré-élu. Je vous fait le pari!

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Elections régionales 2015

Message par Mickaelus le Mar 15 Déc 2015, 20:51

J'ai moi également suivi quelque peu ces élections, et je vais en dire un mot par rapport aux propos de Calliope, parce que je pense qu'il faut les nuancer un peu pour être honnête et un minimum complet. Ne serait-ce que parce que la vie politique républicaine ne tourne pas qu'autour du FN - certes, ce sujet y est consacré, mais tout de même.

Premièrement, et je l'ai déjà laissé entendre dans un message de ce même sujet, je ne suis pas certain du tout que la personnalisation du débat apporte grand chose à l'analyse politique. Que la famille Le Pen ne soit pas une bonne famille catholique au niveau du modèle qu'elle véhicule (puisqu'il est question de "bâtardes" et autres changements de noms), c'est un fait, mais je doute fort qu'on n'en trouve pas beaucoup d'autres de ce type à travers les candidats des autres partis, toute tendance confondue. C'est une régression de la société française - et pas une évolution, comme on l'entend dire souvent à tort - qu'il faut déplorer, mais elle n'est pas propre au FN, loin s'en faut, les apôtres de mai 68 et de ses conséquences, voire de la "gauchisation" de la religion, sont même plus sûrement ailleurs en général.

Idem, je ne vois pas bien ce que la Bretagne vient faire dans ce débat, malgré les origines des Le Pen. J'ai du sang breton, l'un des derniers visiteurs réguliers de ce forum est breton, et je ne pense pas que la décence nous soit nécessairement étrangère. Je doute fort qu'il existe un gène breton qui rende plus idiot qu'un autre. Cette intransigeance contre la Bretagne, qui a une histoire qui ne se résume pas à certains patelins ni aux errances des dernières décennies par ailleurs (les Chouans, cela devrait évoquer quelque chose sur un forum légitimiste, non ?), est un peu étrange quand on est tolérant envers l'islam à côté de cela. Et puis, les cons, on en trouve partout. Malgré tout l'attachement spirituel que j'ai pour ma Vendée par exemple, je n'ai aucun mal à en trouver à la pelle ici.

Bref, là n'est pas l'essentiel, je comprends qu'on puisse être particulièrement allergique à un clan (et pas à un gang, car ceux d'en face ne valent pas mieux), mais cela ne produit guère d'arguments valables ou rationnels. Voyons donc le fonds un petit moment. Car en effet, pour se réjouir tout à fait de ce que le FN n'a gagné aucune région lors de ces élections, malgré une progression de son score électoral par rapport à son dernier record aux élections présidentielles de 2012, il faut tout de même songer un peu à ceux qui ont vaincu le FN, je veux parler du PS, des Républicains (plus les centristes, bien sûr), alliés de fait à travers ce fameux "front républicain", malgré la position de Nicolas Sarkozy qui a refusé autant les retraits que les fusions de listes. Il faut se forcer, même si cela n'est pas agréable, à adopter la perspective des médias et de l'habitant moyen pour comprendre l'enjeu idéologique de cette élection, car il n'aura échappé à personne que la grille de lecture royaliste est hélas complètement inopérante dans la vie politique actuelle. Ainsi, quand les gens se mobilisent contre le FN, c'est une information qu'il faut prendre au sérieux dans nos rangs, car cela ne signifie pas : nous disons non à une république jacobine et autoritaire (c'est ce que nous pourrions dire nous, légitimistes, dans un tout autre contexte), mais cela signifie : nous disons oui à ce que les médias appellent "les valeurs de la république", à savoir l'idéologie à la fois égalitariste et nihiliste, la disparition de la souveraineté, la mondialisation (marché global transatlantique, OTAN, etc.). Quand le premier ministre Manuel Valls évoque un risque de guerre civile en cas de montée en puissance radicale du FN juste avant le second tour, cela n'est pas anodin : ce sont des menaces qui faussent une prétendue démocratie, qui n'est que le paravent d'un système totalitaire où l'alternance est fictive. Nous voilà revenus aux "listes officielles" du gouvernement sous Napoléon III. Que la perspective bonapartiste du FN (soit la considération de l'histoire de France de Clovis jusqu'à la république) nous soit étrangère, n'enlève rien au fait que ce type d'élection est source d'enseignements : la mobilisation citoyenne dont tu te réjouis, Calliope, me dit plutôt à moi que les habitants de ce pays sont complètement lobotomisés par la version franc-maçonne de la république. Qui récolte-t-on à la place des bonapartistes du FN ? Eh bien les purs républicains, qui eux n'impliquent pas ce qui s'est passé avant 1789 dans l'histoire de France. Par exemple, Xavier Bertrand, que tu vouais pourtant  aux gémonies il y a encore peu d'années sur ce même forum, et qui bat Marine Le Pen avec les voix de la gauche. Ou bien encore Bruno Retailleau chez moi, qui a poignardé dans le dos Philippe de Villiers et renié toutes ses idées, pour de misérables perspectives carriéristes.

En somme, plutôt que de se réjouir de cette défaite simplement parce que le FN n'est pas nous, il faut prendre conscience qu'une vision de la France autre que celle consistant à faire croire que le pays serait né en 1789, a énormément de mal à se frayer un chemin dans l'opinion. Le FN, qui ne requiert en définitive qu'un aménagement bonapartiste de la république, est seul, sans alliés, et en demande beaucoup moins que la transformation du pays qui serait nécessaire pour mettre au pouvoir nos valeurs légitimistes. Cela veut dire qu'on n'est pas prêt d'espérer un retour des Bourbons sur le trône, même avec une version XXIe s. de la Charte de 1814. En cela je rejoins complètement ta conclusion, Calliope, la seule force qui paraît susceptible de faire exploser un jour la république du PS et des Républicains, est celle-ci, mais cela ne se ferait pas dans la douceur. Il est probable que même si le FN, ou une force similaire, remportait les élections capitales (présidentielles, législatives), les autres partis s'appuieraient sur les manifestations de citoyens zombis pour faire intervenir l'armée. Les royalistes seraient-ils prêts à profiter de tels événements ? En l'état, malheureusement non. Henri IV n'a pas reconquis son trône avec une armée d'historiens, et c'est bien là que se situe notre principal problème : nous disposons de tous les trésors de la doctrine française, mais en ne pouvant dépasser le stade de la philosophie morale ou politique justement à cause de ce que l'honnêteté implique. Tout cela m'horrifie parce que je ne vois pas de solution au problème. On se croirait un peu dans les romans de Balzac se déroulant sous la monarchie de Juillet : la noblesse y est terrée, proclamant la vérité dans ses cercles, mais n'en disparaissant pas moins dans l'indifférence générale. Cela n'enlève rien à nos devoirs mais ne me rend pas optimiste : la société actuelle ne parvient même pas à aller vers une vision syncrétiste de l'histoire de France (soit de 496 à aujourd'hui donc), et la course contre la montre ne joue pas en notre faveur. Bien sûr, on peut toujours espérer un effondrement du système mondialisé monstrueux qui se met en place, un peu comme l'URSS est tombée, mais il faudra faire plus que "prétendre" pour en recueillir les fruits, et là, ça ne dépend pas de moi.


Sur les faits plus particuliers que tu évoques, Calliope, il y a un sondage tout récent qui prétend que Hollande est loin d'être sûr d'être réélu s'il se présente. Je pense toutefois que c'est une possibilité très réelle, d'autant que l'homme est plus retors qu'on ne le croit, malgré les apparences. Concernant l'histoire de l'immigré japonais, je trouve cela dommage moi aussi, ce n'est évidemment pas le type d'immigration qui pose problème, mais tu sais bien qu'il est impossible de poser le débat sur l'immigration en termes culturels dans le système actuel. Au "mieux", on évalue les critères économiques, au pire, c'est la déferlante non contrôlée, avec le prétexte de l'égalité à la base des "valeurs" républicaines.

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Mer 16 Déc 2015, 17:21

Il y a beaucoup de réflexion dans ton commentaire.
- Il est clair que la famille Le Pen n'est pas une bonne famille catholique. Je vais jusqu'à douter qu'il s'agisse d'une famille. Quand Jean-Marie désavoue deux de ses filles, il détruit toute possibilité de famille. Accuser Mai 68 me semble un peu facile: Il s'agit d'un égo démesuré qui est incapable de s'effacer devant les images constructrices de la nécessité morale. Et, c'est là le drame contemporain: Dès lors qu'on prend en otage ce que l'on est censé servir pour s'affirmer, on s'inscrit dans une logique pragmatique qui oublie les grands traits de la morale traditionnelle. Par là, je considère idiot que Marine se soit choisie un prénom dans des objectifs marketing. Où est la place de l'authentique?
- Pour la bretagne, je me souviens ( années fin 80) d'un discours de Le Pen où il évoquait son Père et sa contrée. C'est la première et dernière fois que ce monsieur m'a ému. Mais alors, pourquoi n'a t'il pas la dignité d'un Philippe de Villiers qui s'est inscrit dans sa province bien-aimée? C'est quoi ces parachutages familiaux en Nord/pas de Calais et en PACA? A-logique une fois de plus.
- Je ne souhaîte pas défendre la république jacobine. Mais, il ne faut surtout pas perdre de vus une réalité. Il est impératif que la république de France conserve l'intégrité des provinces de France dans l'unité française. Le jour où naît un "Pays basque" indépendant, un état catalan, où la Savoie deviendra un 27ème canton suisse, où le Nord deviendra belge, la Burgondie, l'Occitanie, la Bretagne demanderont l'indépendance. Et la France ne sera plus qu'une enclave continentale allant de Paris à Clermont-Ferrand... Autant dire un territoire asphyxié et étriqué. C'est pour quoi il faut avoir peur-je crois- des revendications identitaires. Or, le FN a régulièrement des revendications depuis certains de ses membres clairement identitaires. Et cela est plus dangereux que tout. Une balkanisation de la France serait pire que tout pour notre civilisation. Je vois là le danger optimum pour l'avenir.
- Valls a raison de parler de "guerre civile" en cas de FN un jour gagnant. Les français ne sont pas soudés et n'existent que dans l'immédiat de l'évènementiel. Il est clair que tout le monde se défoulerait. De plus, le programme économique du FN plongerait la France dans une crise comparable à celle de l'Argentine. La stabilité sociale déjà ébranlée n'y résisterait pas...
- Xavier Bertrand a de gros problèmes de comportements et demeure certainement bien peu estimable. Il est l'archétype de l'homme politique contemporain. Mais il est pour la stabilité de l'état et non son éclatement. Marine le Pen a eu cette phrase gravissime: " Si je suis élue à la tête de la région Nord/Pas de Calais/Picardie, je vais emmerder tout le monde, le gouvernement, la France, l'Europe etc..." Bon... On parle comme çà à 14ans, je suis navré. A son niveau c'est un suicide politique. On vote pour des rebelles gesticulants seulement au premier tour, ce qu'on a vu d'ailleurs!
- Une droite bonapartiste dont serait Marine héritière est certainement la réalité. Mais, le bonapartisme n'est qu'un républicanisme gonflé aux amphétamines, la version "turbo GTI" d'un moteur athmosphérique déjà bien destructeur. Avoir la version "boostée" de ce moteur haineux et ravageur ne me réjouit pas du tout! Le FN, c'est trop de contrôles par un Etat souhaîté omni-présent et légiférant sur tout. J'ai vu dans leur programme bien trop d'ingérences de la part d'un super-état contrôlant tout. Il faut respirer mieux et plus librement!
- Pour le sondage concernant Hollande... C'est comme tout le reste: Les gens votent FN au premier tour parce qu'ils sont des "rats le bol" et disent sanctionner le PS parce qu'ils n'espèrent que de ce parti politique. Nous n'y pouvons rien.

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Jeu 17 Déc 2015, 14:16

Un dernier point parfaitement hallucinant: Si nous allons sur le site du "Front National" et que nous cliquons sur le "Projet", nous ne pouvons que nous rendre compte que Rien n'a été actualisé depuis au moins 5 ans! Pour un "parti politique" qui voulait gagner les "régionales" c'est incroyable:
- Depuis l'intitulé "Fiscalité", nous pouvons lire: " Les prévisions pour 2012 situent à 44,5% le prélèvement obligatoire". Bon... Depuis Sarkozy le FN n'a jamais actualisé sa case "programme politique". Il indique par ailleurs des chiffres erronés en parlant de pays plus compétitifs ayant 3 points de moins. Là où je suis, je suis à 20 points de moins au niveau taxation. Ce genre d'erreur est gravissime. Quand on est sur-taxé, il faut récupérer en marges... Et, on n'est plus compétitif du tout! L'Etat fort que le FN glorifie est absolument ingérable pour une PMI/PME.
- Ils estiment la nécessité de construire 1 million de logement ( rubrique "logement") mais veulent développer la ruralité ( rubrique "aménagement du territoire"): Ils sont pour le statu-quo! Je suis désolé mais 98% des entreprises de type PMI en France pourraient exercer en zone rurale ( source "l'usine moderne"). Seul l'équilibrage entre ruralité et industrie peut réaliser un territoire homogène ( il n'y a qu'à se rendre en Suisse ou en Allemagne pour voir la réussite économique de leur modèle) en permettant l'habitation de tout le territoire depuis des talents pluriels autant agricoles qu'industriels. Alors pourquoi construire dans les grandes villes et favoriser l'agriculture dans les campagnes? Paris est autant densifié ( et la première couronne aussi) que Calcutta! La Lozère est à 4 habitants par Km2! Des logements il y en a plein en Lozère... Il faut les réhabiliter et non construire du neuf en des endroits déjà asphyxiés! Là, je suis scandalisé par ce genre de regard qui ruine le territoire de France!
- Ils expriment clairement l'idée que l'Etat est créateur de Nation. Là, on est dans le communisme rouge-sang. A moins que ce ne soit le bonapartisme "trash" ( si çà existe)? A part frapper sur le libéralisme économique, c'est un néant figé depuis 5 ans leur programme. Et, c'est exaspérant: Comment accéder à un faisceaux de réussite économique si l'Etat décide de ce qui doit être et se doit être distributeur de subventions? C'est inimaginable et là, on est vraiment dans le jacobinisme de Droit Absolu! Il n'y a plus de contrées, de Provinces mais uniquement des territoires administrés depuis la Nation créee par l'état républicain... George Marchais était libéral à côté de ce projet! Je n'ose imaginer ce que serait une France "bleue Marine" avec ses entreprises subventionnées depuis les copinages-maison et les autres condamnées parce que trop "indépendantes". C'est là le programme d'une dynamique défendant le socialisme d'Etat. J'en suis navré, mais pour rien au Monde!!!

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Jeu 17 Déc 2015, 23:02

Je vais reprendre notre bon vieux système de citations pour répondre à quelques points, ce sera sans nul doute un peu plus clair Smile .

Calliope a écrit:- Il est clair que la famille Le Pen n'est pas une bonne famille catholique. Je vais jusqu'à douter qu'il s'agisse d'une famille. Quand Jean-Marie désavoue deux de ses filles, il détruit toute possibilité de famille. Accuser Mai 68 me semble un peu facile: Il s'agit d'un égo démesuré qui est incapable de s'effacer devant les images constructrices de la nécessité morale. Et, c'est là le drame contemporain: Dès lors qu'on prend en otage ce que l'on est censé servir pour s'affirmer, on s'inscrit dans une logique pragmatique qui oublie les grands traits de la morale traditionnelle. Par là, je considère idiot que Marine se soit choisie un prénom dans des objectifs marketing. Où est la place de l'authentique?
A propos de la réflexion sur ce qui constitue ou non une famille, tout dépend de si on se situe du point de vue de l'état civil, de la morale, de la religion, etc. Pour moi la famille est constituée à partir d'un mariage catholique valide, ce qui est un point très important pour les royalistes légitimistes d'ailleurs, puisque le roi ne peut alors en aucun cas nous présenter le triste spectacle des Sarkozy, Hollande ou Le Pen j'en conviens très volontiers.

Tout ce que j'avais à redire au sujet de la personnalisation du débat, c'est que les Le Pen ne sont pas les seuls, et qu'il ne me semble pas judicieux de se réjouir particulièrement de leur défaite, quand les hommes politiques constituant le "front républicain" soutiennent des principes politiques encore plus nocifs à mon sens. Mais j'y reviendrai ci-dessous. Concernant mon évocation de mai 68 enfin, ce n'est surtout pas pour excuser quiconque : j'encourage évidemment à résister à cela pour des raisons plus qu'évidentes. Il n'existe pas de fatalité sociologique. Mais j'ai simplement conscience que l'homme est un animal social qui fonctionne en partie de façon mimétique : c'est un simple fait que les comportements amoureux/sexuels/familiaux dévoyés sont plus nombreux qu'à une époque. Les Le Pen ne sont pas une particularité telle que cela justifie d'adhérer au "front républicain", ou du moins de l'encourager.

J'ajouterai encore un mot sur la notion de morale en politique : on sait très bien que la gauche (globale, l'UMPS comme on disait jadis, pour aller vite), trouve toujours quelque chose pour décrédibiliser un adversaire qui gêne. C'est, d'un point de vue très général, l'assimilation de toute forme de pensée réactionnaire à du pétainisme - aujourd'hui, on compare par exemple le fait de critiquer les musulmans à l'antisémitisme des années 30. C'est encore, d'un point de vue plus particulier, un véritable travail de remue-merde, comme on l'a vu à propos de Philippe de Villiers et de sa famille, via une triste affaire dont tout le monde a entendu parler et qui ressort encore régulièrement dans des commentaires orduriers sur internet.

Calliope a écrit:- Pour la bretagne, je me souviens ( années fin 80) d'un discours de Le Pen où il évoquait son Père et sa contrée. C'est la première et dernière fois que ce monsieur m'a ému. Mais alors, pourquoi n'a t'il pas la dignité d'un Philippe de Villiers qui s'est inscrit dans sa province bien-aimée? C'est quoi ces parachutages familiaux en Nord/pas de Calais et en PACA? A-logique une fois de plus.
D'accord, mais dans ce cas c'est autre chose que de condamner la Bretagne en soi de manière générale. Je pense quant au reste que Jean-Marie Le Pen est un personnage complexe, plein d'outrances mais pas inintéressant pour autant sur certains points. C'est un tribun qui est le reflet lointain des précédentes républiques où le débat politique était moins aseptisé et beaucoup plus virulent qu'aujourd'hui - puisque tu parles de liberté dans ton intervention plus bas.

Quant à la question politique, il y a une logique, je crois, simplement pratique. Le FN a placé ses candidats les plus médiatiques dans des régions qu'ils espéraient pouvoir gagner, alors que la Bretagne, puisqu'il en est question, était difficile à enlever à Le Drian. C'est tristement politique, c'est bien vrai, mais les autres partis sont pareils. Et il y a encore bien pire quand on considère qui est choisi pour représenter tel ministère.

Calliope a écrit:- Je ne souhaîte pas défendre la république jacobine. Mais, il ne faut surtout pas perdre de vus une réalité. Il est impératif que la république de France conserve l'intégrité des provinces de France dans l'unité française. Le jour où naît un "Pays basque" indépendant, un état catalan, où la Savoie deviendra un 27ème canton suisse, où le Nord deviendra belge, la Burgondie, l'Occitanie, la Bretagne demanderont l'indépendance. Et la France ne sera plus qu'une enclave continentale allant de Paris à Clermont-Ferrand... Autant dire un territoire asphyxié et étriqué. C'est pour quoi il faut avoir peur-je crois- des revendications identitaires. Or, le FN a régulièrement des revendications depuis certains de ses membres clairement identitaires. Et cela est plus dangereux que tout. Une balkanisation de la France serait pire que tout pour notre civilisation. Je vois là le danger optimum pour l'avenir.
Cela me fait penser au mot de Louis XIV prononcé avant de mourir : "je m'en vais, mais l’État demeurera toujours" (on pourrait presque remplacer ce "je" par la monarchie, hélas). On peut effectivement souhaiter une continuité de l'état en tant que tel dans l'optique d'une restauration monarchique, mais je pense que ta crainte n'a que valeur d'hypothèse. Le FN est traditionnellement composé, à mon avis, par un assemblage de militants d'extrême droite aux origines parfois assez diverses et incohérentes, et cela n'a sans doute pas vraiment changé depuis ce qu'on appelle l'entreprise de dédiabolisation opérée par Marine Le Pen. Je me garde de toute certitude car je n'ai aucun accès aux réalités de ce parti. Cependant, pour la même raison, je me garderais d'affirmer qu'il y a une majorité identitaire larvée en son sein. Je n'ai jamais vu dans aucun programme du FN ni entendu dans la bouche d'aucun de ses responsables, un appel au démantèlement de la république dite française.

Que voit-on par contre, et là ce n'est plus une hypothèse, chez le "front républicain" ? La constitution de grandes régions, complètement insensées historiquement au passage, qui préparent une fédéralisation de notre pays à travers un processus de construction européenne toujours en cours. Ajoutons à cela une intensification de l'idéologie mondialiste avec le traité transatlantique à venir. En somme, j'ai l'impression parfaitement inverse à la tienne : celle que les alliés du "front républicain" ont fait de l'état une fiction sur les sujets régaliens, sauf l'armée (parce qu'il n'y a pas d'armée européenne). Donc là encore, je ne vois pas comment on peut considérer que l'annexion de la France par une entité européenne bureaucratique puis par les Etats-Unis va être un avantage pour la possibilité même du retour d'un roi de France.

Calliope a écrit:- Valls a raison de parler de "guerre civile" en cas de FN un jour gagnant. Les français ne sont pas soudés et n'existent que dans l'immédiat de l'évènementiel. Il est clair que tout le monde se défoulerait. De plus, le programme économique du FN plongerait la France dans une crise comparable à celle de l'Argentine. La stabilité sociale déjà ébranlée n'y résisterait pas...
C'est un fait que les Français, si tant est qu'on puisse encore les nommer ainsi, sont surtout, désormais, des individus dépossédés de leurs traditions et des liens sociaux naturels. Mais on ne peut pas nier que Manuel Valls ne fasse du chantage idéologique et que ce genre de posture, dans une vie politique prétendument démocratique, s'apparente à de la tyrannie. Personnellement je trouve cela très osé, quand on a validé des idées de traître et de collaboration vis-à-vis de l'Europe et de l'islamisation notamment.

Il ne faut pas se leurrer, qui plus est : ce genre de chantage vaut pour le FN aujourd'hui ; il a pu valoir pour d'autres (j'ai évoqué le cas Villiers d'il y a quelques années) ; il vaudrait évidemment aussi pour le royalisme s'il était en position de menacer le pouvoir. Le couplet de la république en danger est de plus, dans ce cas, complètement infondé, sauf à cause des fanatiques de gauche qui ne peuvent pas imaginer que d'autres idées que les leurs atteignent certains postes clé du pouvoir.

Calliope a écrit:- Xavier Bertrand a de gros problèmes de comportements et demeure certainement bien peu estimable. Il est l'archétype de l'homme politique contemporain. Mais il est pour la stabilité de l'état et non son éclatement. Marine le Pen a eu cette phrase gravissime: " Si je suis élue à la tête de la région Nord/Pas de Calais/Picardie, je vais emmerder tout le monde, le gouvernement, la France, l'Europe etc..." Bon... On parle comme çà à 14ans, je suis navré. A son niveau c'est un suicide politique. On vote pour des rebelles gesticulants seulement au premier tour, ce qu'on a vu d'ailleurs!
Je pense que tu ne peux absolument pas prétendre, en conscience, que des hommes politiques comme Bertrand sont pour l’État, puisqu'il souscrit à tous les renoncements à la souveraineté française. L'éclatement de l’État, il est là, depuis Maastricht en 1992. Je ne me reconnais pas dans le style Le Pen quant au reste, mais sur le fonds, je ne vois pas comment on peut être un opposant politique et ne pas critiquer tous les échelons politiques qui ont trahi toute idée de France, même républicaine (ce qui n'est pourtant pas exigeant en soi). Ce qui est malheureusement le cas partout.

Calliope a écrit:- Une droite bonapartiste dont serait Marine héritière est certainement la réalité. Mais, le bonapartisme n'est qu'un républicanisme gonflé aux amphétamines, la version "turbo GTI" d'un moteur athmosphérique déjà bien destructeur. Avoir la version "boostée" de ce moteur haineux et ravageur ne me réjouit pas du tout! Le FN, c'est trop de contrôles par un Etat souhaîté omni-présent et légiférant sur tout. J'ai vu dans leur programme bien trop d'ingérences de la part d'un super-état contrôlant tout. Il faut respirer mieux et plus librement!
Je n'ai pas du tout l'impression que nous vivions une ère de liberté sous le "front républicain" - par exemple, j'ai lu aujourd'hui qu'Eric Zemmour avait été condamné à 3000 € d'amende pour avoir simplement énoncé quelques vérités sommaires sur l'islam. Aurais-tu déjà oublié toutes les lois encourageant à la victimisation des Français, toutes les injonctions à détester leur histoire dès lors qu'on ne va pas dans le sens de la "diversité" et de l'indifférenciation civilisationnelle ? Je ne pense pas qu'on vivrait ce genre d'aberrations sous un gouvernement de droite réactionnaire (au sens large). Aujourd'hui, il existe une dictature de la bien-pensance aussi insidieuse qu'efficace. L'étatisme, on peut en discuter, mais la haine de soi que tu évoques, c'est chez nos sophistes collaborationnistes qu'on la trouve plus abondamment.

Le bonapartisme, c'est plus compliqué que cela, notamment à cause de la personnalité de son fondateur et du fait qu'il faut distinguer entre le bonapartisme républicain et dynastique. Ce n'est pas qu'une république autoritaire à mon sens, il y a des différences d'appréciation au niveau civilisationnel. La preuve, c'est qu'on ne voit que chez les gens les plus à droite des discussions sur la notion de laïcité par exemple. Valls a accusé le FN de vouloir revenir à avant 1905, à cause de propos de Marion Maréchal-Le Pen un peu ambigus sur une citoyenneté conditionnelle des musulmans par rapport aux catholiques. Que l'accusation soit fondée ou pas, le fait est que le bonapartisme permet plus de réflexion sur un statut plus dominant culturellement du catholicisme, que la république version 1905. Donc ce n'est pas qu'une question d'intensité, cela renvoie à la conception traditionnelle des droites, la bonapartiste, l'orléaniste, la légitimiste. Le syncrétisme de la droite bonapartiste fait qu'il y a un peu plus de considération pour l'héritage pré-1789, mais une divergence essentielle, avec nous légitimistes, sur toutes les questions institutionnelles. En résumé, un peu plus de proximité culturelle qu'avec la gauche, elle toujours purement républicaine au sens post-1789.

D'ailleurs, je renvoie sur ces questions à ce vieux sujet où c'est évoqué : la fondation de la France.

Calliope a écrit:- Pour le sondage concernant Hollande... C'est comme tout le reste: Les gens votent FN au premier tour parce qu'ils sont des "rats le bol" et disent sanctionner le PS parce qu'ils n'espèrent que de ce parti politique. Nous n'y pouvons rien.
Il y a le vote pour dire "merde", et il y a aussi une certaine volonté de conserver une forme de souveraineté. Bien malheureusement, le FN est le seul parti patriote ou souverainiste qui ait un poids politique de nos jours. Quelque chose qui ne serait jamais arrivé si le RPR n'avait pas trahi ses conceptions originelles et ne s'était pas soumis idéologiquement à la gauche. Voilà pourquoi aussi je ne pense pas que tu puisses trouver bien que de telles personnes "gagnent" : quand on voit, ces derniers jours, Jean-Pierre Raffarin s'acoquiner avec Manuel Valls, ou Xavier Bertrand avec François Hollande, c'est quand même tout ce contre quoi le MPF luttait jadis. Je suis légitimiste aujourd'hui, mais je suis et resterai toujours d'une sensibilité de droite traditionnelle.


Sur l'économie et le programme du FN, là je suis parfaitement d'accord, mais je ne sais pas bien si c'est à prendre au sérieux, ne serait-ce qu'à cause des mises à jours déficientes, et parce que les personnalités de ce parti ne sont même pas d'accord entre elles. Jean-Marie Le Pen et sa petite-fille Marion sont plus libéraux que Marine et Philippot, par exemple. En outre, c'est aussi la question de l'accession éventuelle au pouvoir : si Marine Le Pen devenait présidente de la république, elle devrait sans doute faire avec un gouvernement constitué par des gens du FN et des gens d'une droite plus ou moins compatibles idéologiquement, avec une inflexion économique à la clé. Même le PS a changé de musique peu après 1981 avec la réalité du pouvoir. Et de toute façon, le FN devrait renoncer à cette gauchisation de son programme économique pour espérer rallier plus de voix d'électeurs de droite classique. Mais ça les regarde.

Après, c'est vrai qu'il y a probablement une différence de sensibilité entre nous sur certains points, on l'a vu en évoquant, cette année, la Russie ou l'islam par exemple. Je préfère un Poutine à la sauce bonapartiste, qui permet un regain du christianisme orthodoxe, de l'âme russe et prépare un statut pour les héritiers de la famille Romanov, à nos européistes et atlantistes béats et collaborationnistes. A mes yeux, ce sont les politiques de ce dernier type qui risquent de rendre impossible pour toujours toute idée de restauration monarchique.

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Mer 23 Déc 2015, 17:13

De nombreux points à développer encore une fois... Les socialo-nationaux nous auront pris bien du temps!
- Le "front républicain", comme il s'est auto-nommé, serait encore plus "nocif" que le Front National. J'en doute. L'électorat du FN que j'ai rencontré et fréquenté jusqu'en 2008 était constitué principalement d'identitaires. Ces personnes ( qui ne sont pas sans qualités) ont un énorme défaut: Elles veulent gagner la France par fragments. Une région de gagner, c'est une future province autonome et donc un futur "pays". S'il est vrai que le FN est une incroyable mosaïque où on trouve de tout, du catholique FSSPX jusqu'au païen nouvelle-droite en passant par tout un tas de nuances toutes plus extrêmes les unes que les autres, il ne faut pas négliger qu'il a parfaitement intégré le mode de représentation actuel: Le nombre a valeur de vrai s'il y a majorité. Donc, plus on morcelle, plus on a de chance d'être gagnant. La fragmentation optimisée est une arme de guerre qu'ils maîtrisent. D'où d'ailleurs, les parachutages de Marion-Marine et de Marion Auque-Maréchal-LePen dans des territoires considérés opportunistes ( Nord/Picardie et PACA). Tout cela participe d'une logique de prédation très marketing et intégrée jusque dans leur programme socialiste bridé au national et non au mondialisme ( c'est là la seule différence de ce parti avec les autres comme le PS dont le Fn est extrêmement proche si ce n'est en technique de communication).
- S'il est vrai que le front républicain ( ridicule appellation!) crée ex-nihilo de grandes régions, le FN fait avec. J'ai moins peur de ces créations ineptes que de voir la république mettre en œuvre les vrais territoires que furent les Provinces du Royaume de France. Là, l'explosion du territoire du Royaume pourrait devenir effective. Tant que la république joue à ces stupides découpages, l'unité est conservée. Et, donc, tout n'est pas encore mort, mais, en état d'hibernation!
- Des gens comme Xavier Bertrand non seulement renoncent à la souveraineté de la France mais détruisent notre patrimoine, anéantissent ce que nous somme depuis nos origines authentiques. Ces gens me font peur dans la mesure où ils sont incapables d'écoute étant donné qu'ils n'aiment aucune contrée ni leur propre pays. Mais, ils ont les qualités de leur faiblesse: Quand la suffisance de l'ignorant se conjugue à la suffisance vaniteuse, on a une marge de manœuvre pour limiter la casse. Je doute qu'avec un gang familial de trois générations entouré de "gros bras" il soit encore possible de jouer de stratégies mises en œuvre depuis la raison. Je préfère un opportuniste maitrisable depuis des enjeux financiers et sans aucun honneur à des jeunes femmes immatures et instables qui jouent à se faire passer pour le "destin national". Je ne suis pas psychiatre, j'ai seulement peur de l'usage de la psychiatrie par la république. Mais, entre ceux qui arrivent par corruption et ceux qui parviennent depuis de faux processus thélogico-moraux ( voir la fête de Jeanne d'Arc le jour de la fête du travail, quelle dé-sacralisation de la part du FN!), mon choix est vite fait. La droite traditionnelle est un marché. Mais il ne faut pas être dupe. Surtout pas!
- La bien-pensance n'est qu'un confort présenté par les médias. Elle n'existe pas. Elle n'a jamais été. Le vrai problème c'est l'égalité. Il y a une échelle des valeurs allant jusqu'à l'infini; à l'hypothétique suprême. Tant que "nous" serons coincé dans l'échelle aplatie de l'égalité rien ne pourra faire relief. Le FN veut une "norme-du-nombre-pensant" et la jouer contre la "bien-pensance". Ces dynamiques n'en sont pas. Il n'y a pas de concepts à jouer, de perspectives, c'est désolant...
- L'Eta "fort" revendiqué sans cesse sur le programme du FN me désole. S'il y a un "Etat" sur-puissant c'est bien celui de la république française. La propriété privée n'existe plus, les hommes sont mobilisables par décret pour aller tuer des gens qu'ils ne connaissent pas. On est dans un système pire que celui des barbaresques ( c'est sans doute pour cela que nous les accueillons à bras ouvert). ET le FN voudrait aller plus loin? Je ne vois pas comment. Nous naissons à l'Hôpital public, allons à la crêche municipale, devenons généralement fonctionnaire, et, finissons dans un EMS public avant d'être euthanasié à l'Hôpital public. Nos biens sont saisissables selon le bon vouloir du détenteur du ministère exécutif local en place à des prix qui peuvent être un centième de la valeur du marché et nos vies sont mobilisables jusqu'à destruction pour des enjeux qui nous dépassent. Alors... Un "Etat fort", je ne vois pas comment la république pourrait être encore plus ultra-puissante. C'est là de la folie délirante pure. Oui, la "France" n'a plus la monnaie... Mais çà arrange bien la tyrannie de la république d'avoir crée cet époux très sale et exigeant pour se justifier auprés des citoyens au niveau de l'impôt... Tout a été savament noyauté depuis un Etat extraordinairement fort et omni-présent. Je n'aime pas les Etats forts. Ceux-ci se réclament du Droit qui est la pire expression collective de la Force. Je me souviens avoir écouté un discours de Mussolini à l'époque socialiste: "Nous pendrons le Pape avec les tripes du Roi". Oui, revendiquer le socialisme idéologique c'est auto-proclamer la mise en œuvre d'une politique fasciste. Et le fascisme est le seul projet du front national. Le socialisme à la sauce nationaliste est une dé-sacralisation de toutes ls valeurs authentiques. C'est aussi simple.

Pour tes dernières considérations, il est logique que nous soyions différents dans la forme du moins: Je suis beaucoup plus libéral voire quasi anarcho-capitaliste. Mais, il ne faut pas oublier que la rencontre de la Loi Morale qui part d'en bas avec le Droit Divin qui se dégage de l'en-haut peut provoquer un merveilleux espace de vie pour l'éternité des temps!
L'Islam n'est pas ce que la "république" stupide accueille les bras-ouverts. Quant à Poutine, un ancien communiste du KGB qui a installé Ramzan Kadyrov en Tchétchénie au profit d'Aslan Maskhadov, je ne vois pas comment il peut être respectable. Son discours tsariste ne peut être que poudre aux yeux. L'officier communiste du KGB de 35 ans est toujours inscrit en lui, c'est une certitude. Même si çà doit être remarquable que d'échanger avec une personne tellement pertinente. Mais... On ne saurait effacer ce que l'on a été, hélas.

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Jeu 24 Déc 2015, 16:03

Calliope a écrit:De nombreux points à développer encore une fois... Les socialo-nationaux nous auront pris bien du temps!
Oui, les nationalistes prennent trop d'espace, médiatique et dans l'opinion, ce qui témoigne du désert intellectuel qui règne dans un pays soumis à la loi du nombre que tu évoques justement, à plusieurs reprises, dans ton message. A une autre époque, nous parlions beaucoup de l'Alliance Royale sur ce forum. C'est un peu la grande tristesse de devoir commenter ses ennemis quand on n'a pas de plan d'"attaque" soi-même...

Concernant la composante et la stratégie identitaire du Front National, je n'ai pas les certitudes dont tu nous fais part, comme je l'ai déjà expliqué dans mon message précédent. C'est un peu difficile d'accoler au même parti la tendance république jacobine et celle de fragmentation presque néo-féodale. Nous avons eu l'exemple tout récent de l'élection de nationalistes corses lors des dernières régionales, avec un débat consécutif à l'emploi de la langue corse par les vainqueurs. Là, on peut se poser la question de ce qu'est un identitaire : quelqu'un qui veut promouvoir une forme de particularité locale et linguistique sans se détacher de l’État, ou un sécessionniste pur et dur ? L'unification culturelle et linguistique au rouleau compresseur étant tout de même largement le fait de la république. Personnellement, je peux comprendre des personnes qui chérissent leur langue régionale et leurs traditions provinciales, tant que cela ne constitue pas une attaque contre l'unité française. Je ne pense pas que ce soit nécessairement contradictoire. Évidemment, je pense que ça l'est à propos des identitaires auxquels tu penses, et là c'est un vrai problème en effet. Bien qu'à mon avis, la composante néo-païenne soit au moins aussi inquiétante, parce que ces cultes constituent une régression théologique absolument terrifiante sur tous les points.

Le point que tu soulèves me paraît plutôt d'importance stratégique, car après tout, on peut même le poser du point de vue royaliste. Il y a eu dans l'histoire des exemples de résistance à partir de quelques régions : après l'invasion maure ayant mis fin au royaume wisigoth d'Espagne, c'est à partir d'une maigre portion du nord de l'ancien royaume, que les rois catholiques ont pu résister et récupérer patiemment la péninsule ibérique. S'il n'y avait pas eu la sauvegarde du nord, on peut se demander à quoi ressemblerait l'Espagne et le Portugal aujourd'hui. Pendant la Guerre de Cent ans, le Dauphin Charles était surnommé le petit roi de Bourges, et résistait à l'Anglais depuis une partie seulement de son royaume théorique ; si cette partie encore française n'avait pas été là, nous serions anglais aujourd'hui. Bien plus près de nous, pendant la Révolution française, c'est à partir de quelques morceaux de provinces, comme une partie de la Bretagne et du Poitou, que nos Chouans et Vendéens se sont battus vaillamment pour une vision de la France qui n'était plus celle de l’État unifié constitué après le coup d’État ayant établi la "souveraineté populaire" : s'ils avaient été suffisamment victorieux pour tenir, sans toutefois l'emporter sur la république naissante, il aurait pu y avoir, momentanément du moins, une sécession de fait. Et elle aurait été justifiée pour la reconquête du royaume, qui aurait alors été appuyée par les monarchies européennes. Aujourd'hui, à propos des théories du "grand remplacement" et de l'analyse de certains géographes montrant que les français d'origine ont tendance à se regrouper entre eux, s'annonce le risque d'un découpage communautariste du territoire. Et là, il n'y aura même pas besoin du FN puisque le "Front républicain" organise lui-même l'immigration massive qui crée ces zones identitaires. La mixité sociale (comprendre ethnique) obligatoire, les gens des campagnes n'en voudront pas. Tu comprends donc bien que ce communautarisme à identités multiples qui se dessine, ce n'est pas le fait du FN, qui engrange des succès électoraux uniquement parce que les partis mondialistes organisent cela : il ne faut pas confondre la conséquence avec la cause.

Dès lors, que le Front National soit un parti républicain basé sur la loi du nombre, c'est-à-dire sur le principe de souveraineté populaire qui oblige à baser son action sur le clientélisme, c'est une évidence qu'il n'a jamais été question de contester en ces pages. Mais les partis mondialistes et immigrationnistes, qui, comme tu le dis toi-même, sont tout autant socialistes, sont en train de faire éclater le territoire légué par les Capétiens, sans attendre l'arrivée du FN au pouvoir qui n'en serait qu'une conséquence éventuelle. Un éclatement qui s'opère de l'intérieur par la montée en puissance du communautarisme : athées contre catholiques contre musulmans pour schématiser ; et de l'extérieur par la soumission à l'Europe de Bruxelles, et à l'Otan et au marché transatlantique des Américains. Ce n'est même pas tant une question de choisir entre la peste et le choléra, que d'imaginer ce qui va se passer : soit c'est le FN ou un parti nationaliste ou souverainiste du même genre reprend la main d'ici les toutes prochaines décennies et on reviendra à la problématique du royalisme à la sauce XIXe siècle ; soit le mondialisme continue à asseoir sa domination, et c'est la logique identitaire (quel que soit le contenu, le royalisme en sera une partie) qui se mettra en place par contre-coup. Car je pense que la montée du multi-culturalisme va conduire à l'éclatement des États européens. Le vrai problème demeurant la possibilité de réaction des royalistes dans ces deux situations possibles. C'est ça l'enjeu, imaginer dans quel contexte il faudra porter la pensée royaliste dans l'avenir. Car il ne faut pas se leurrer, nous n'avons actuellement qu'une très faible influence, et dans le seul domaine métapolitique.

On en est toujours au même point : certains royalistes veulent couronner la république, d'autres espèrent un cataclysme pour reprendre la main éventuellement, d'autres encore veulent seulement prier et/ou étudier. Le problème étant que le monde change beaucoup plus vite depuis un demi-siècle environ à cause de certains progrès techniques que je n'ai pas besoin de nommer, et que l'histoire n'attendra pas forcément. Mais il y a des attentes qui ne changent pas. Je pense que quand les gens pensent à l'homme providentiel, ils attendent le retour du roi sans le savoir vraiment : soit un souverain apte à incarner leur contrée, à les unir, à les protéger et à les conduire sur le chemin d'un avenir fidèle aux traditions. La notion d’État fort est effectivement une conceptualisation dévoyée du pouvoir régalien (et oui, la bureaucratie républicaine et sa folie législatrice, même si cela émane largement de l'étranger désormais, ont atteint un degré très malsain, comme la monarchie de Napoléon était une caricature de la monarchie absolue de Louis XIV) ; on devrait plutôt parler d’État puissant, soit apte à agir quand il le faut. Assurer l'intégrité du territoire, le règne de la justice, mais cela concerne aussi la culture et la religion. La bien-pensance n'existe pas en tant que telle, philosophiquement, mais elle existe dans les médias et l'éducation nationale qui lavent le cerveau des gens, hélas. L'islam devra être chassé de France conformément au devoir du roi de France, énoncé lors de son sacre, puisque c'est une fausse religion ennemie du catholicisme. La tolérance de l'islam n'est pas un principe français mais républicain, lié à l'égalité totale des cultes. Et il faudra des alliés pour défendre un éventuel retour à nos héritages ancestraux. Si Poutine, qu'il soit sincère ou pas, n'aura servi qu'à redonner le goût de leur histoire et de leur religion aux Russes, à mon sens il aura été utile, en comparaison des mondialistes et de leur religion démocrate-relativiste.

Tout cela pour soutenir encore : on ne peut pas se réjouir vraiment de la victoire d'une cause (le "Front républicain") qui engendre la conséquence (le Front national et assimilés). Je dis simplement que les pires sont les responsables du chaos qui s'annonce. On ne peut pas en vouloir aux gens de vouloir se protéger (de l'invasion et de l'occupation) avec les moyens qu'ils voient, c'est humain. Et si le règne actuel des faux principes de la franc-maçonnerie ce n'est pas de la désacralisation, pour reprendre ton terme, alors je ne sais pas ce que c'est. Il n'y aucune bonne solution qui se présente actuellement, mais que des gens comprennent qu'un temps comparable à la chute de l'Empire romain s'annonce, ce n'est pas étonnant.

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Re: La fin du FN?

Message par Henry le Sam 23 Avr 2016, 22:12

L'introduction ci dessous de Mickaëlus en réponse à Calliope, résume bien le développement:
Oui, les nationalistes prennent trop d'espace, médiatique et dans l'opinion, ce qui témoigne du désert intellectuel qui règne dans un pays soumis à la loi du nombre que tu évoques justement, à plusieurs reprises, dans ton message. A une autre époque, nous parlions beaucoup de l'Alliance Royale sur ce forum. C'est un peu la grande tristesse de devoir commenter ses ennemis quand on n'a pas de plan d'"attaque" soi-même...

Je répète, un peu, beaucoup, comme les redites des J.T. pour l'audimat.
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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Mer 01 Juin 2016, 01:13

Calliope a écrit:"La république a une identité qui date de plusieurs siècles"... Tout est dit: Marion reconnaît à la fois que la France existait avant un certain 04 Août ( ce qui est contraire au discours républicain pur) mais que, malgré tout, la république peut se revendiquer de l'ancien régime qu'elle a anéanti (!). C'est incompréhensible.
Je n'entends là que verbiage insolent.
La France est décédée il y a 226 ans. C'est, je crois, une réalité incontournable. Il n'en reste qu'un territoire soumis à l'ordre nouveau de la république; c'est à dire une somme d'anciennes contrées fusionnées par la tyrannie de la plèbe réunie depuis la force administrative étatique. C'est tout. C'est tout ce qui demeure de la France défunte. Mais oser dire que la république française est inscrite au cœur de France depuis une époque antérieure à 1789 constitue la négation d'un génocide... Marion... Occupe-toi de ta petite Olympe!
Je ne sais pas si tu as lu cet article au titre horripilant, mais au moins peut-on dire que Marion Mréchal Le Pen s'est montrée assez claire lors de sa visite à l'Action Française il y a quelques temps. C'est bien une ligne orléaniste et bonapartiste dont elle se revendique, comme je l'avais bien perçu lors de nos débats précédents, soit cette ligne qui mélange toute l'histoire de France indifféremment... y compris la Révolution, et quitte à critiquer le poids de la république dans le même temps. Allez y comprendre quelque chose après cela...!

Marion Maréchal-Le Pen devant l'Action française : « Le FN est le plus monarchiste des partis français »

       Par Eugénie Bastié Mis à jour le 08/05/2016 à 09:01 Publié le 07/05/2016 à 20:31

Le mouvement royaliste et nationaliste de l'Action française tenait un colloque samedi à Paris. Y sont intervenus la député du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen et le maire de Béziers Robert Ménard.
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Rue de la Croix-Nivert, dans le XVe arrondissement de Paris, la salle est pleine pour le colloque de l'Action française (AF) intitulé «Je suis royaliste, pourquoi pas vous?» Les jeunes hommes aux cravates fleur-de-lysées se bousculent. Dans les stands, on vends des t-shirt avec une photo de poilu de 14 et la mention «0% hipster», des briquets «Vive le roi», des CD de Jean-Pax Méfret et des oeuvres de Maurras et de Daudet. On trouve aussi des autocollants que ne renieraient pas les militants de Nuit debout: «A bas la dictature de la finance» ou «Coucou c'est la démocratie» avec un avion lâchant des bombes, et «nike la République».

«Nous avions invité le ministre Emmanuel Macron, mais il a la meilleure excuse, il est à Orléans pour célébrer Jeanne d'Arc», expliquent les organisateurs. Faute d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon, qui a lui aussi refusé l'invitation, c'est Marion Maréchal-Le Pen qui était la grande invitée politique. Elle arrive en baskets, ce qui à le don «d'agacer» certains militants plutôt vieille France. Interrogée par les royalistes, elle s'est dite «relativement sceptique quant à la capacité de rétablir la monarchie héréditaire de droit divin» mais favorable «au régime de la Ve République» tout en louant le «miracle capétien». La benjamine du Front national est revenue sur ces propos où elle disait être «saoulée» par les «valeurs de la République». «La France, c'est mon pays, la République est un régime, ce n'est pas à mettre sur le même plan. Je suis lasse, pour le subir systématiquement, de l'invocation des valeurs républicaines comme un réflexe pavlovien qui est une forme de paresse intellectuelle.» «Je dérape régulièrement sur le sol glissant du politiquement correct, ce ne sera pas mon premier, ni mon dernier bleu républicain», a-t-elle ironisé. «La révolution française fait partie de notre histoire. Je prends la France comme un bloc. De Clovis à François Hollande, même si ce n'est pas facile, il faut tout assumer». Elle a tout de même concédé que «l'essentiel de l'histoire de France s'est faite sous la monarchie». Elle a évoqué son rapport aux partis politiques, conspués par l'Action française: «Je n'ai pas un attachement total au système des partis, leur dogmatisme en premier lieu. Un parti politique, ce n'est pas une fin en soi, c'est un moyen, je n'ai pas un attachement dynastique à un parti politique». «Hélas, ça ne sert pas à grand chose d'être élue au Parlement français» dit-elle dans un tonnerre d'applaudissements.

«Le Front national est peut être le plus monarchiste des partis français, en ce sens où il est le dernier à défendre les fonctions régaliennes de l'Etat» a-t-elle conclu. Les militants l'ont chaleureusement applaudie.
(Lire la suite de l'article ici : Le Figaro)

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Re: La fin du FN?

Message par Alain le Dim 25 Déc 2016, 11:30

Avez-vous vu? La petite Marion a divorcé. Pauvre petite Olympe... Entre son papa acteur dans l'évènementiel et sa maman animatrice en région PACA, elle démarre bien mal sa vie. J'espère que son grand-pépé prendra soin d'elle dans la mesure où les parents semblent être des adolescents attardés.

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Re: La fin du FN?

Message par Mickaelus le Jeu 29 Déc 2016, 20:24

Non, je n'avais pas pris connaissance de cette nouvelle, si c'en est une, qui remonte à quelques mois apparemment. Je dois dire que bien malheureusement, des "adolescents attardés" de cette espèce-là, il en existe des centaines de milliers en France et des millions dans tout l'Occident où les divorces, les enfants hors-mariage, les familles éclatées, puis recomposées, puis éclatées encore, etc., deviennent de plus en plus une norme. La situation de Marion Maréchal Le Pen, bien qu'elle soit sans doute encore plus triste du fait qu'elle incarne médiatiquement l'aile traditionnelle, plus à droite et catholique, du Front National, n'a rien d'exceptionnel et n'a donc pas grande valeur politique par rapport aux critères d'aujourd'hui (parce que sinon, on a aussi eu le divorce de NKM il y a quelques mois, et peut-être d'autres...). Bref, même si les potins m'intéressent moyennement, souhaitons que la petite fille concernée n'en pâtisse pas trop en effet.

Par contre, relativement au titre du sujet (la fin du Front National), j'ai été plus intéressé ces dernières semaines par la tension entre Mlle. Le Pen et Florian Philippot voire sa tante Marine Le Pen, à propos de la question de l'avortement qui avait surgi comme d'un chapeau magique lors de l'affrontement entre François Fillon et Alain Juppé. On voit bien qu'il y a à l'intérieur du parti, qu'on veut prétendre en ordre de marche derrière Marine Le Pen, des rivalités entre les chefs médiatiques, des affrontements de lignes idéologiques qui risquent d'éclater plus violemment si le parti approche véritablement du pouvoir quelque jour, sans parler du fondateur Jean-Marie Le Pen qui a désormais un pied dedans, un pied dehors.

Et puis, c'est amusant, on a toujours Philippe de Villiers qui semble tourner autour de la jeune Le Pen (ou est-ce l'inverse), en quelque sorte, comme s'il espérait parrainer moralement une nouvelle droite nationale, un jour, après un éclatement hypothétique du FN version Marine Le Pen et Florian Philippot, après avoir été trahi par nombre d'anciens lieutenants (Retailleau, Peltier). Voici un article assez récent (pardon pour la source et les sous-entendus du texte, on prend ce qu'on a) :

Marion Maréchal-Le Pen s’affiche avec Philippe de Villiers

La députée FN a assisté mardi à un « show » anti-islam, anti-IVG et anti-mariage gay.

LE MONDE | 14.12.2016 à 10h36 • Mis à jour le 14.12.2016 à 10h40 | Par Alain Beuve-Méry

« Pense clair et marche droit », le refrain de La Royale, le chant historique de l’Action française, devenu maxime scoute, fut rappelé par le chauffeur de salle. Il ne manquait d’ailleurs que Le Prince Eric, dans la salle pleine du palais des congrès de Versailles (1 800 places), où s’est massée mardi 13 décembre, au soir, une foule blanche, chrétienne et familiale, venue assister à la conférence de Philippe de Villiers qui poursuit sa tournée de présentation de son dernier best-seller Les cloches sonneront-elles encore demain ? (Albin Michel, 320 p., 22,50 €).

Mais, assise au premier rang, non loin de Véronique Besse, la seule élue villiériste de l’Assemblée nationale, une jeune femme pouvait jouer les rôles de princesse. Marion Maréchal-Le Pen était venue écouter le vicomte perché. La dernière fois que ces deux-là s’étaient rencontrés, c’était au Puy du Fou où Philippe avait surpris Marion, les larmes aux yeux, à la fin du spectacle, a-t-il raconté. En son for intérieur, il s’était dit : « Elle a du cœur, une âme, elle a le feu sacré. »
(Lire la suite de l'article ici - Le Monde)

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