Le Pape François & la politique

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Le Pape François & la politique

Message par Mickaelus le Dim 06 Mar 2016, 20:03

Tout d'abord, même si les propos du Pape François, relatés partiellement ci-dessous, concernent en partie la France, je publie ce message dans la rubrique internationale du simple fait que ceux-ci s'attardent sur des sujets parfois plus larges, et aussi parce que, naturellement, tout propos d'un Pape a une vocation universelle.

La rencontre donc, entre le Pape et une délégation de socialistes français se définissant comme chrétiens, m'a semblé intéressante pour les raisons suivantes :

- On lit une critique des Lumières que nous pouvons partager jusqu'à un certain point, quand il s'agit de remettre en question une laïcité strictement républicaine (bien que le mot ne soit pas prononcé) qui se veut le mouroir de la religion et de la transcendance. Toutefois, la critique du Pape n'est pas d'inspiration traditionnelle mais bien plutôt libérale quant à la place du religieux ou même du transcendant philosophique dans la société : je ne peux pas m'empêcher de trouver un goût relativiste à des paroles qui ont l'air de placer sur le même plan toutes les approches transcendantes (on dépasse même le cadre religieux apparemment). C'est effectivement difficilement compatible avec la conception légitimiste du sacre et du pouvoir royal, qui permet un soupçon de tolérance mais qui hiérarchise nécessairement le religieux en faveur du catholicisme. Je peux comprendre la question du combat de la liberté religieuse dans ce contexte moderne très défavorable, si je mets un instant mes convictions de côté, mais cela coûte bien cher par rapport à nos traditions et à la Vérité que doit défendre l’Église.

- Justement, quand le Pape évoque le rôle universel potentiel de l'Europe, il est difficile de l'imaginer si cette Europe continue à se déchristianiser au profit d'un humanisme de gauche dont il perçoit pourtant les dégâts sous sa forme la plus radicale (le laïcisme). De même, la vocation universelle de l’Église catholique étant notamment héritée de l'Empire romain, on voit bien que si l'Europe est dans une trop grande proportion gagnée par d'autres spiritualités et cultures, elle sera trop morcelée ontologiquement pour assumer un message unifié et cohérent. Le Pape paraît très optimiste face à ce qu'il appelle pourtant une "invasion arabe", estimant que le continent a déjà connu d'autres défis de la sorte. Sauf qu'à l'époque, les royaumes catholiques étaient sûrs de leurs racines et aptes à rayonner - et encore, on ne peut manquer de songer aux siècles d'occupation en Espagne, ce qui n'est pas tout à fait rien. Ni le laïcisme des Lumières, ni le libéralisme religieux humaniste, ne permettent de répondre à un tel défi.

La disparition de la France catholique et royale, du Trône et de l'Autel, est extrêmement grave en cela, puisqu'il s'agissait du cœur de l'Europe chrétienne depuis le baptême de Clovis.



La France n'est pas assez laïque selon le Pape

       Par Lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 02/03/2016 à 18:07 Publié le 02/03/2016 à 17:27

"La France doit devenir un Etat plus laïc", a estimé de façon surprenante le pape François, dans un entretien avec des catholiques de gauche français, rapporté aujourd'hui par l'hebdomadaire La Vie.

"Votre laïcité est incomplète. La France doit devenir un pays plus laïc", car sa laïcité "résulte parfois trop de la philosophie des Lumières, pour laquelle les religions étaient une sous-culture. Et la France n'a pas encore réussi à dépasser cet héritage", a jugé Jorge Bergoglio.  Le souverain pontife a reçu hier pendant une heure et demie une délégation des Poissons roses, mouvement politique d'inspiration chrétienne affilié au Parti socialiste (PS).

Le concept de laïcité introduit dans la démocratie française est "sain", a insisté le Pape, car, "de nos jours, un Etat se doit d'être laïc". Mais "une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. La recherche de la transcendance n'est pas seulement un fait, mais un droit". Le pape a dénoncé le "poison" des idéologies. "On a le droit d'être de gauche ou de droite. Mais l'idéologie, elle, ôte la liberté".

Il a aussi exprimé son inquiétude pour l'Europe qui "s'affaiblit et risque de devenir un lieu vide (...) en oubliant son histoire".
"Le seul continent qui puisse apporter une certaine unité au monde, c'est l'Europe. La Chine a peut-être une culture plus ancienne, plus profonde, mais l'Europe seule a une vocation d'universalité et de service", a-t-il estimé.

Evoquant l'immigration, François estime qu'"on peut parler aujourd'hui d'invasion arabe", mais, remarque-t-il aussitôt positivement, "combien d'invasions l'Europe a connues! Et elle a toujours su se dépasser elle-même, aller de l'avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l'échange entre les cultures".

François, dont le voyage en France annoncé dès l'an dernier n'a pas encore été programmé, avoue mal connaître la réalité française: "Je suis allé seulement trois fois en France (...) Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu'il exerce une certain séduction. (...) En tous les cas, la France a une très forte vocation humaniste."
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Quelques précisions utiles via ces articles sur l'expression d'"invasion arabe" qu'il ne fallait pas lire de manière tendancieuse comme certains semblent l'avoir cru ici et là :

L’importance du dialogue entre musulmans et chrétiens

« On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social », constate ensuite le pape, avant d’ajouter aussitôt, pour éviter tout contresens, que l’Europe a « toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. »

Le pape insiste, dans la même veine, sur l’importance du dialogue entre musulmans et chrétiens peu après que Karima Berger, présidente de l’association Écritures et spiritualités (anciennement association des Écrivains croyants), seule musulmane présente, a pris la parole. François revient alors sur son voyage de novembre 2015 en Centrafrique, où il a constaté que musulmans et catholiques pouvaient s’entendre. « Chaque religion a ses extrémistes. Les dégénérations idéologiques de la religion sont à l’origine de la guerre », juge-t-il.

La miséricorde, pont entre l’islam et le christianisme

Le pape profite également de l’audience pour révéler qu’il prépare une rencontre avec l’imam de la prestigieuse université Al-Azhar, en Égypte. « Il faut dialoguer, dialoguer encore », martèle-t-il, citant au cours de l’entrevue trois penseurs français, Emmanuel Mounier (catholique), Emmanuel Levinas (juif) et Paul Ricœur (protestant).

Un peu plus tôt, Karima Berger l’a remercié d’avoir choisi la miséricorde pour thème de l’année sainte. «« Je lui ai dit que ce choix fait du bien au monde musulman, qui traverse aujourd’hui beaucoup d’épreuves douloureuses, raconte l’écrivaine. La miséricorde parle de façon très intime aux musulmans, pour qui Dieu est miséricordieux. C’est un mot qui fait pont entre l’islam et le christianisme. »
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Rappeler le rôle positif des invasions

Non sans provocation, le pape a ainsi voulu rappeler le rôle positif des invasions qui jalonnent l’histoire de l’Europe et ont façonné son identité. Comme l’a rapporté Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France, présent aussi à cette rencontre, le pape François juge l’Europe unique précisément « par sa manière de faire droit à la diversité tout en recherchant l’unité, par sa manière d’être en chemin, en recherche de cette unité, par le trésor de mémoire qu’elle a accumulé ».

« En aucune manière, il n’a voulu jeter de l’huile sur le feu pour provoquer une polémique », précise-t-il à La Croix. « Le pape n’a pas parlé d’une invasion violente ou préoccupante », confirme le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi, tout en rappelant le caractère privé de cette rencontre.

« Valoriser tout ce que chaque immigré peut offrir »

Le pape avait déjà largement abordé la question migratoire à laquelle est confrontée l’Europe, dans son discours du 11 janvier pour ses vœux au corps diplomatique. « L’accueil peut être une occasion propice pour une nouvelle compréhension et ouverture d’horizon, tant pour celui qui est accueilli, lequel a le devoir de respecter les valeurs, les traditions et les lois de la communauté qui l’héberge, que pour cette dernière, appelée à valoriser tout ce que chaque immigré peut offrir à l’avantage de toute la communauté », avait-il alors déclaré.

Auparavant, dans son message publié en septembre 2015 en vue de la journée mondiale des migrants, il faisait déjà valoir comment les migrants « peuvent contribuer au bien-être et au progrès de tous, en particulier lorsqu’ils assument la responsabilité de leurs devoirs envers ceux qui les accueillent, en respectant de façon reconnaissante le patrimoine matériel et spirituel du pays hôte, en obéissant à ses lois et en contribuant à ses charges ».
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Re: Le Pape François & la politique

Message par Mickaelus le Mer 01 Juin 2016, 00:50

A (re)lire, un entretien paru sur La Croix à la mi-mai et dans lequel le Pape François confirme, à mon sens, une position paradoxale en ce sens qu'il cherche à combattre une forme de laïcité qui opprime le religieux, mais tout en rejetant l'ancrage catholique traditionnel au profit d'un œcuménisme transcendant extrême. Je trouve qu'il s'agit d'un jeu dangereux et qui, en tout cas, n'ira pas dans le sens du légitimisme puisque qu'au vu de ce que le Pape déclare sur les "États confessionnels", même la Charte de 1814 lui aurait vraisemblablement paru trop chrétienne... J'ai l'impression d'avoir affaire à un évangélisme tendant, sur la forme du moins pour le moment, vers le protestantisme, et il est cocasse de lire une référence à la contribution intellectuelle française au catholicisme, quand tout ce qui nous est cher à nous légitimistes, soit l'articulation du temporel et du spirituel, est purement et simplement nié. Il n'y avait pas grand risque de voir cité quelqu'un comme Bossuet. Le dialogue maintenu avec la FSSPX ne fait guère illusion pour moi : c'est comme pour l'islam, chacun fait un peu comme il veut tant qu'il est spirituel. Nous allons être bien avancés avec cela, et c'est le risque d'une confusion dogmatique majeure qui s'annonce si cette position s'installe durablement dans l’Église. Vraiment, je préférais la rigueur intellectuelle de Benoît XVI.

Le pape François à «La Croix» : « Un État doit être laïque »

Recueilli par Guillaume Goubert et Sébastien Maillard (à Rome), le 16/05/2016 à 18h40

EXCLUSIF Pour le pape François, les États confessionnels finissent mal. Extrait de l’interview que le pape François a accordé à Guillaume Goubert, directeur de « La Croix » et à Sébastien Maillard, envoyé spécial à Rome.

La Croix : L’importance de l’islam aujourd’hui en France comme l’ancrage historique chrétien du pays soulèvent des questions récurrentes sur la place des religions dans l’espace public. Quelle est, selon vous, une bonne laïcité ?

Pape François :
Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. Cela va contre l’Histoire. Je crois qu’une laïcité accompagnée d’une solide loi garantissant la liberté religieuse offre un cadre pour aller de l’avant. Nous sommes tous égaux, comme fils de Dieu ou avec notre dignité de personne. Mais chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. De même, si un catholique veut porter une croix. On doit pouvoir professer sa foi non pas à côté mais au sein de la culture.

La petite critique que j’adresserais à la France à cet égard est d’exagérer la laïcité. Cela provient d’une manière de considérer les religions comme une sous-culture et non comme une culture à part entière. Je crains que cette approche, qui se comprend par l’héritage des Lumières, ne demeure encore.

La France devrait faire un pas en avant à ce sujet pour accepter que l’ouverture à la transcendance soit un droit pour tous.

Dans ce cadre laïque, comment les catholiques devraient-ils défendre leurs préoccupations sur des sujets de société, tels que l’euthanasie ou le mariage entre personnes de même sexe ?

Pape François :
C’est au Parlement qu’il faut discuter, argumenter, expliquer, raisonner. Ainsi grandit une société. Une fois que la loi est votée, l’État doit respecter les consciences. Dans chaque structure juridique, l’objection de conscience doit être présente car c’est un droit humain. Y compris pour un fonctionnaire du gouvernement, qui est une personne humaine. L’État doit aussi respecter les critiques.

C’est cela une vraie laïcité. On ne peut pas balayer les arguments des catholiques, en leur disant : « Vous parlez comme un prêtre. » Non, ils s’appuient sur la pensée chrétienne, que la France a si remarquablement développée.

La Croix : Que représente la France pour vous ?

Pape François :
(en français) La fille aînée de l’Église… mais pas la plus fidèle ! (rires) Dans les années 1950, on disait aussi « France, pays de mission ». En ce sens, elle est une périphérie à évangéliser. Mais il faut être juste avec la France. L’Église y possède une capacité créatrice. La France est aussi une terre de grands saints, de grands penseurs : Jean Guitton, Maurice Blondel, Emmanuel Levinas – qui n’était pas catholique –, Jacques Maritain. Je pense également à la profondeur de la littérature.

J’apprécie aussi comment la culture française a imprégné la spiritualité jésuite par rapport au courant espagnol, plus ascétique. Le courant français, qui a commencé avec Pierre Favre, tout en insistant toujours sur le discernement de l’esprit, donne une autre saveur. Avec les grands spirituels français : Louis Lallemant, Jean-Pierre de Caussade. Et avec les grands théologiens français, qui ont tant aidé la Compagnie de Jésus : Henri de Lubac et Michel de Certeau. Ces deux derniers me plaisent beaucoup : deux jésuites qui sont créatifs. En somme, voilà ce qui me fascine avec la France. D’un côté, cette laïcité exagérée, l’héritage de la Révolution française et, de l’autre, tant de grands saints.

Quel est celui ou celle que vous préférez ?

Pape François :
Sainte Thérèse de Lisieux.

Vous avez promis de venir en France. Quand un tel voyage serait-il envisageable ?

Pape François :
J’ai reçu il y a peu une lettre d’invitation du président François Hollande. La Conférence épiscopale m’a aussi invité. Je ne sais pas quand aura lieu ce voyage car l’année prochaine est électorale en France et, en général, la pratique du Saint-Siège est de ne pas accomplir un tel déplacement en cette période. L’an dernier, quelques hypothèses ont commencé à être émises en vue d’un tel voyage, comprenant un passage à Paris et dans sa banlieue, à Lourdes et par une ville où aucun pape ne s’est rendu, Marseille par exemple, qui représente une porte ouverte sur le monde.

L’Église en France connaît une grave crise des vocations sacerdotales. Comment faire aujourd’hui avec si peu de prêtres ?

Pape François :
La Corée offre un exemple historique. Ce pays a été évangélisé par des missionnaires venus de Chine qui y sont ensuite repartis. Puis, durant deux siècles, la Corée a été évangélisée par des laïcs. C’est une terre de saints et de martyrs avec aujourd’hui une Église forte. Pour évangéliser, il n’y a pas nécessairement besoin de prêtres. Le baptême donne la force d’évangéliser. Et l’Esprit Saint, reçu au baptême, pousse à sortir, à porter le message chrétien, avec courage et patience.

C’est l’Esprit Saint le protagoniste de ce que fait l’Église, son moteur. Trop de chrétiens l’ignorent. Un danger à l’inverse pour l’Église est le cléricalisme. C’est un péché qui se commet à deux, comme le tango ! Les prêtres veulent cléricaliser les laïcs et les laïcs demandent à être cléricalisés, par facilité. À Buenos Aires, j’ai connu de nombreux bons curés qui, voyant un laïc capable, s’exclamaient aussitôt : « Faisons-en un diacre ! » Non, il faut le laisser laïc. Le cléricalisme est en particulier important en Amérique latine. Si la piété populaire y est forte, c’est justement parce qu’elle est la seule initiative des laïcs qui ne soit pas cléricale. Elle reste incomprise du clergé.

L’Église en France, en particulier à Lyon, est actuellement frappée par des scandales de pédophilie remontant du passé. Que doit-elle faire devant cette situation ?

Pape François :
Il est vrai qu’il n’est pas facile de juger des faits après des décennies, dans un autre contexte. La réalité n’est pas toujours claire.

Mais pour l’Église, en ce domaine, il ne peut y avoir de prescription. Par ces abus, un prêtre qui a vocation de conduire vers Dieu un enfant le détruit. Il dissémine le mal, le ressentiment, la douleur. Comme avait dit Benoît XVI, la tolérance doit être de zéro.

D’après les éléments dont je dispose, je crois qu’à Lyon, le cardinal Barbarin a pris les mesures qui s’imposaient, qu’il a bien pris les choses en main. C’est un courageux, un créatif, un missionnaire. Nous devons maintenant attendre la suite de la procédure devant la justice civile.

Le cardinal Barbarin ne doit donc pas démissionner ?

Pape François :
Non, ce serait un contresens, une imprudence. On verra après la conclusion du procès. Mais maintenant, ce serait se dire coupable.

La Croix : Vous avez reçu, le 1er avril dernier, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. La réintégration des lefebvristes dans l’Église est-elle de nouveau envisagée ?

Pape François :
À Buenos Aires, j’ai toujours parlé avec eux. Ils me saluaient, me demandaient une bénédiction à genoux. Ils se disent catholiques. Ils aiment l’Église. Mgr Fellay est un homme avec qui on peut dialoguer. Ce n’est pas le cas d’autres éléments un peu étranges, comme Mgr Williamson, ou d’autres qui se sont radicalisés. Je pense, comme je l’avais formulé en Argentine, que ce sont des catholiques en chemin vers la pleine communion. Durant cette Année de la miséricorde, il m’a semblé que je devais autoriser leurs confesseurs à pardonner le péché d’avortement. Ils m’ont remercié de ce geste. Avant, Benoît XVI, qu’ils respectent beaucoup, avait libéralisé la messe selon le rite tridentin. On dialogue bien, on fait un bon travail.

Seriez-vous prêt à leur accorder un statut de prélature personnelle ?

Pape François :
Ce serait une solution possible mais auparavant, il faut établir un accord fondamental avec eux. Le concile Vatican II a sa valeur. On avance lentement, avec patience.

Vous avez convoqué deux Synodes sur la famille. Ce long processus a-t-il, selon vous, changé l’Église ?

Pape François :
C’est un processus commencé par le consistoire (de février 2014, NDLR) introduit par le cardinal Kasper, avant un Synode extraordinaire en octobre la même année, suivi d’un an de réflexion et d’un Synode ordinaire. Je crois que nous sommes tous sortis de ce processus différents de lorsque nous y sommes entrés. Moi également.

Dans l’exhortation post-synodale (Amoris laetitia, avril 2016, NDLR), j’ai cherché à respecter au maximum le Synode. Vous n’y trouverez pas des précisions canoniques sur ce qu’on peut ou doit faire ou non. C’est une réflexion sereine, pacifique, sur la beauté de l’amour, comment éduquer les enfants, se préparer au mariage… Elle valorise des responsabilités qui pourraient être accompagnées par le Conseil pontifical pour les laïcs, sous la forme de lignes directrices.

Au-delà de ce processus, nous devons penser à la véritable synodalité, du moins à ce que signifie la synodalité catholique. Les évêques sont cum Pietro, sub Pietro (avec le successeur de Pierre et sous le successeur de Pierre, NDLR). Ceci diffère de la synodalité orthodoxe et de celle des Églises gréco-catholiques, où le patriarche ne compte que pour une voix.

Le concile Vatican II donne un idéal de communion synodale et épiscopale. On doit encore le faire grandir, y compris au niveau paroissial au regard de ce qui est prescrit. Il y a des paroisses qui ne sont dotées ni d’un conseil pastoral ni d’un conseil des affaires économiques alors que le code de droit canonique les y oblige. La synodalité se joue là aussi.
[Source : La Croix - [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ; [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ; [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]]

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