L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

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L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Alain le Sam 02 Avr 2016, 15:24

C'est merveilleux... Mehdi Belhaj-Kacem, l'immense auteur de "Cancer" fulgurant roman dont l'auteur lui-même avoue "être l'élite de ce présent et même son avant-garde certaine" est entré à la Villa Médicis de Rome ( créée par Colbert au XVIIème siècle) pour y écrire un essai philosophique et esthétique.
Mr. Belhaj est certainement un très grand: Il a été longtemps un disciple d'Alain Badiou, l'immense philosophe français ( enfin... Formatage à l'ENS)qui n'hésite pas à parler de "génocide nécessaire" à l'endroit des actions révolutionnaires des Khmers rouges. Bref, Mehdi est élu par un très grand qui a su défendre la révolution culturelle maoïste et a été jusqu'à oser cette phrase merveilleuse: " Il y a des nouveautés radicales parce qu'il y a des cadavres qui seront oubliés". Mehdi, l'immense philosophe ( qui a abandonné ses études au bout de deux mois pour devenir clochard: S'abandonner est toujours plus "grand" que s'instruire, bien sûr) nous en propose beaucoup de nouveautés, à commencer par son style merveilleux:
"Là cherche à me soustraire à sa digestion conquérante se change vite en indigestion enchantée perceptible remue-ménage de la flache de tuf de son bidon l'estomac lourd remonte à l'insuffle des lèvres pareilles à un débouche-chiottes à l'invisible ventouse me démène inutile émotion infernale de la mulsion monstre avant-coureuse du dégueulis entre la bouche broyée chuintement du vomi rêche dans la bouche en liquéfaction vers le boyau tenant à peine liquide car l'intestin précaire muscle du corps impotent à se bander avale coco avale mes débats plus forfait estomac à l'épreuve abandon paix superbe lèvres jointes dégorge plus forte medley subjectif de son menu en tornades inlassables".
"Cancer". Premier roman de Mehdi.
Le génie français après 227 ans de république m'explose à l'orée de ma raison et en plein ma faculté imaginative. Quelle phrase merveilleuse: Admirez la ponctuation ( bon la virgule, le point-virgule ou, pire, les tirets, rappellent les heures sombres de notre histoire), la construction phraséologique de Mehdi est néo-post transcendante ( vraiment too much à donf!). C'est l'eks-tase ( comme il faut l'écrire en langage structuraliste... Ô Génie français!). En plus Mehdi a une vision théologico-politique fabuleuse:
"Quand je clochardise et que je ne trouve pas d'endroits où chier, je chie sur le coran. La croix me sert à barrater ma fiente. Le Christ suce Mohamed. Et, Mohamed suce le Christ.
Mehdi "1993"
Là encore, c'est superbe! Quelle grandeur. Je me fais tout petit depuis une telle splendide littérature. Je comprends tellement que ma candidature à un poste d'enseignant-chercheur ait été écarté au profit de celle de Mehdi. C'est vrai: Il n'a pas de diplômes, aucunes recherches à son actif. Mais un tel talent, j'en conviens, je m'allonge devant lui. Et puis, à présent la Villa Médicis. Je suis tellement heureux! Un homme qui a su écrire: " L'écriture est un acte sexuel"... Cela vaut bien plus que la "Critique de la raison pure pratique" de Kant ( qui était visiblement analphabète dans la mesure où il a quitté ce monde puceau). Et puis Mehdi, qui a pulvérisé toute notion de temporalité depuis son "présent" avant-gardiste ( !!!!!) sait son destin: "Mes livres resteront". Magnifique quand on compresse tout au présent de revendiquer une seule mémoire: La sienne.
Un génie, je vous dis!

Vous savez, plus sérieusement, hélas... Des français de qualités, beaucoup ont su quitter la France ( enfin... Le territoire administré par la république française). Et, si j'appartiens à la diaspora française, ce n'est pas pour retrouver à l'étranger l'ordure que j'ai quittée. Les héritiers de Lacan ( comme les adeptes du BDSM) çà ne séduit pas du tout les gens honnêtes ( mais alors pas du tout). Tout cela est minable. Alors gardez-vous ce genre de type. Je crains un jour prochain où il n'y aura pas que des intégristes musulmans qui "kalachent" à la terasse de vos bistrots. C'est désespérant une telle provocation immature. La république française n'a que le talent de se faire haïr.

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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Mickaelus le Mar 12 Avr 2016, 21:29

Je tiens à écrire que je suis parfaitement solidaire de ton propos sur ce genre de pseudo-intellectuel, que je pourrais qualifier de mondain de la fausse pensée contemporaine, car même si je ne l'ai pas lu lui, ni la plupart des écrivains ou penseurs d'aujourd'hui, je crains que l'extrait de son roman Cancer ici proposé, ne nous éclaire suffisamment sur ce qu'il peut y avoir à attendre du reste. Tout cela, ce sont des provocations et des vantardises dignes d'un adolescent complètement perdu, mais ressentant le besoin de mettre son ego en scène, en utilisant le premier art venu pour ce faire. Évidemment, on ne peut pas avoir l'indulgence que l'on pourrait avoir envers un jeune que l'on pourrait corriger, quand il y a de la part d'un adulte conscient de ses dires et écrits, une tournure et une implication politiques et que l'on adopte une posture révolutionnaire qui légitime la violence au nom d'un prétendu progrès.

Nous voilà alors revenus aux racines de la république, la Révolution. La modernité a trop souvent consisté à jouer avec les codes traditionnels pour louer la déconstruction, par ce qu'il faut bien qualifier plus clairement et honnêtement de destruction. Et, pour revenir à ton dernier paragraphe sur le terrorisme, c'est un fait qu'il existe un faisceau de groupes et d'individus dont la seule promotion de leur pensée constitue une violence inouïe. En vérité, la république aujourd'hui n'a plus besoin de tuer dans les faits, comme d'autres groupes minoritaires qu'il est inutile de nommer, tant elle est toute puissante et diversifiée dans ses agissements nocifs. L'emprise mentale, qu'elle se concrétise sous des formes plus ou moins socialistes ou libérales, cause bien plus de dégâts que les baïonnettes et les guillotines, ou que des bombes ne pourraient le faire. Pour en rester à la littérature et aux mots, rien que la destruction de plusieurs mots de notre langue - à travers ladite réforme de la langue - ou bien encore les dénominations affreuses de ces nouvelles régions sans âme, ces Grand Est ou Hauts de France qui me donnent des hauts le cœur, sont des attentats. Mais ce ne sont là que de petites conséquences visibles de maux bien plus grands et enracinés, désormais.

J'émettrai une nuance de taille tout de même quant à la conclusion générale, par souci de vérité, car même si la littérature contemporaine produite en France (ni ailleurs) n'est pas mon fort, je ne pense pas qu'elle atteigne toujours, loin de là, le niveau de crétinerie de ce barbouilleur. On peut encore découvrir de nombreux romans réalistes ou historiques d'une facture tout à fait honnête, même si trouver les nouveaux Balzac, Dumas, Chateaubriand, etc., c'est une autre affaire - même si, du reste, qui aurait l'audace de se revendiquer comme tel ? Il y a beaucoup de cercles ou de milieux à prétention intellectuelle complètement vérolés, c'est un fait, mais j'ai envie de croire qu'en dehors de ceux-ci, il demeure des écrivains ou penseurs avec un souci français de réfléchir sur le monde et la condition humaine, exilés ou non. J'ai plutôt l'impression de me retrouver face à un grand fourre-tout où il faut s'y retrouver soi-même, qu'à un contrôle des publications comme on pourrait l'imaginer dans une dictature de type communiste.

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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Alain le Mer 13 Avr 2016, 14:18

La modernité est une construction déjà ancienne. Là, nous sommes dans l'absence de toute éclaircie de sens et en altérité absolue avec tout horizon poétique. Nous sommes avec ce genre d'entité en pleine dégénérescence civilisationnelle.
Déjà, il y a quelques années, l'ex épouse de Belhaj-Kacem avait été pensionnaire de la villa Médicis. Femme remarquable et ancienne prostituée qui écrit comme son ex: "Utérus terroriste avortement tricot corpuscule muses vulvières ainsi sont tailladés petites marionnettes les minionnettes cresson". Chloé Delaume.
Bon... L'immense problème que pose ces immondices avariées ( la décadence est un art, et là, il n'y en a aucun d'art!) réside dans la validation au plus haut niveau de l'Etat de ces écrits "caca-boudin" produits par des cas sociaux assoiffés d'obscénités. Et là, c'est catastrophique...
Des tarés-paumés, il y en a dans tous les pays. Des gens qui vomissent leur propre civilisation, il y en a toujours eu. Mais pour quoi témoigner de sa haine pour des cultures étrangères? Considérer que le prophète Mohamed est un pédophile est honteux. Vouloir faire s'entre-sodomiser le Christ et Mohamed est odieux et infect. Ce qui est intolérable est que d'un côté la république proclame le "vivre-ensemble" comme nécessité morale. Là, je me contente de dire à ce "vivre-ensemble": Pourquoi pas, mais, si vous républicains, vous croyez en cette utopie inefficace, alors, vous devez mettre en œuvre les instruments pour vous en rapprocher. Et.... Que fait la république? Elle offre des palais gérés par ses plus hautes administrations ( là, le ministère de la culture) a des gens qui méprisent et salissent l'Autre dans ses dimensions les plus précieuses ( la Foi). Incompréhensible!
Parce qu'offrir un reconnaîssance au plus haut niveau de l'Etat républicain à des gens qui considérent que la "Vie est un cancer", que les "hommes sont des couillidés", qu'on est "trop léger pour contenir la haine que l'on porte" est une atteinte à la bienséance.
Et là, j'ai peur pour mon pays de naissance: D'un côté vous ouvrez vos frontières aux "autres", et, en même temps, vous sacralisez des gens qui vomissent les personnes que vous prétendez accueillir. Il est inévitable que les choses dégénèrent dans la barbarie.
Nous n'allons pas inviter un catholique à notre table pour lui dire que les prêtres sont des pédophiles et que la vierge Marie a été tout simplement engrossée par un menuisier. Avons-nous la possibilité morale de dire que Mahomet était pédophile et mérite la sodomie du Christ.
Toutes ces considérations misérables n'apporteront que le sang et la misère. ET, surtout que la république dégage sa HAINE. Elle n'en est que plus puante depuis la vermine qu'elle sacralise. Combien de gens ignorants vont mourir sous les tirs de personnes humiliés?
Ce n'est pas cela être un homme.

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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Mickaelus le Sam 16 Avr 2016, 15:47

Je vais essayer de donner des éléments de réponse pour chaque point principal, étant donné que ce que tu écris nous ramène fatalement aux attentats qui ont eu lieu récemment en France, et donc à la question de l'islam. Mais commençons par une perspective plus ou moins littéraire.

Je ne crois pas qu'il soit très utile de s'attarder outre-mesure sur la question de la modernité ; je pense que vous avez tous compris qu'en employant ce mot, je faisais référence à son acception récente, dans les dernières décennies, ou à son application récente si vous préférez. Effectivement, on peut remonter très très loin sinon, puisque par exemple, le christianisme lui-même était d'une grande modernité, ce que beaucoup de ses détracteurs oublient aujourd'hui, par rapport au littéralisme et à la pratique de façade pharisiens notamment, par rapport aux mœurs païennes mais aussi à la fatalité antique, puisque le christianisme, du moins le catholicisme, rend l'individu partiellement responsable de son propre salut. Et puis, en littérature, il y a toujours eu des écrivains pour inventer des formes nouvelles, des affrontements entre partisans du classicisme et du renouveau (la fameuse querelle des anciens et des modernes jusqu'au romantisme du XIXe siècle avec le symbole d'Hernani de Hugo, etc.), mais c'est surtout dans la seconde moitié du XXe siècle que cela a commencé à déraper. Parce que si l'on parle de la notion de décadence, cela me renvoie à mes lectures concernant la fin du XIXe siècle, la plus emblématique étant A rebours de Joris-Karl Huysmans, et Dieu sait si la prose de cet auteur est autre chose que les extraits proposés ci-dessus. Donc en ce sens, au niveau formel, oui, c'est la dérive de la modernité qui est en cause, et à ce niveau-là nous ne pouvons plus prétendre avoir affaire à de la littérature. C'est comme pour l'art moderne en peinture et assimilés : du gauchisme appliqué. Et je ne sais pas si je dois ressentir du dédain ou de la pitié envers de tels personnages qui croient que de pareilles horreurs vont passer à la postérité.

Ça, c'était pour la forme, venons-en donc au fonds. Que la république, via ses institutions culturelles, puisse cautionner de telles médiocrités, prouve en partie que cette folle modernité est devenue une sorte de norme de la fausse transgression, un conservatisme bobo en résumé. C'est tellement ridicule que ça ne choque plus personne, parce qu'on ne peut pas prendre cela plus au sérieux, sur le plan intellectuel, que les gribouillis d'enfants à la maternelle - et encore, eux sont authentiques. Au-delà du problème "artistique", il y a donc l'idéologie que tu évoques largement, et là c'est beaucoup plus compliqué, non seulement à cause de la schizophrénie historique de la république, que de sa schizophrénie identitaire si je puis dire. En effet, si l'on considère la république depuis son origine, soit la Révolution et même les Lumières, il s'agit d'une pensée anti-religieuse. Bien entendu, cela s'est appliqué avant tout contre l’Église catholique qui était toute-puissante en France et donc l'ennemie à abattre, mais n'oublions pas que Voltaire en son temps a pu utiliser l'islam ou Mahomet pour critiquer les catholiques par métaphore. En tous les cas, je suis à peu près sûr d'une chose : jamais les philosophes des Lumières (qui étaient divers, mais qui oscillaient tous entre déisme et matérialisme pur et dur pour résumer) ni les révolutionnaires originels, n'auraient imaginé que leur œuvre aboutirait à une installation massive de l'islam en France, qu'ils auraient qualifié d'obscurantisme contraire à la Raison. C'était ça, la prétention républicaine originelle : la Raison au sommet de l’État, les religions soumises. Que voit-on aujourd'hui ? Des gens comme cet écrivain raté encensés au nom du conservatisme bobo dont je parlais, ou bien encore, puisqu'il faut bien y faire référence dans une veine un peu comparable, des petits cénacles comme Charlie Hebdo, mais c'est loin de faire l'unanimité. La république finance des mosquées contre sa propre création, la laïcité ; la république crée le CFCM ; la république croit en un "islam de France", ce qui doit faire se retourner dans leur tombe ces révolutionnaires de jadis qui croyaient en la mère Raison ; la république orchestre l'immigration musulmane de peuplement, etc. Mais tout cela résulte aussi de l'incohérence intrinsèque de la Révolution, qui se réclamait à la fois d'un terrorisme d’État rationalisant dont j'ai parlé, mais aussi de la tolérance, des droits individuels, de la liberté de culte, etc. Pour moi, l'incohérence de la posture républicaine vis-à-vis de l'islam, mais aussi d'autres problématiques, tient notamment à cette identité originelle trouble jamais véritablement résolue. L'ennui c'est qu'il y aura toujours des gens pour se réclamer d'un côté ou de l'autre de la république, même si l'aspect tolérant et libéral me paraît largement le plus dominant actuellement, et que la réaction vers le côté laïque (FN et droite dure diverse) se fait parfois avec des éléments identitaires qui précèdent la Révolution et donc la république.

Donc je pense que réfléchir à ce que la tradition républicaine peut avoir d'ambivalent est nécessaire, même si je pense que la définition très tolérante et permissive ne correspond pas au projet originel, qui a toujours voulu placer une forme de Raison au sommet de l’État, comme pour remplacer l'ancienne sacralité de la défunte monarchie. Mais le fait est que la neutralité religieuse, cela ne fonctionne pas, et l'histoire se chargera de nous le rappeler, fatalement. Pas seulement à cause des provocations de quelques imbéciles, mais à cause des essences théologiques mêmes de religions incompatibles placées sur un même territoire. On peut discuter de tout et poser les choses directement : faudrait-il rétablir une loi contre le blasphème vis-à-vis de l'islam simplement parce qu'il y a de nombreux musulmans en France, comme tu sembles le suggérer ? Pour moi, la réponse est non à l'évidence : on ne doit pas publier des horreurs et des écrits offensants qui n'ont pour seule visée que d'être offensants, mais il n'est pas envisageable, en France comme dans n'importe quel pays de tradition chrétienne, catholique ou protestante, d'interdire la réflexion sur l'islam, ou sa réfutation philosophie et théologique. Écrire que Mahomet était un pédophile comme la personne qui a causé ce sujet, n'a rien d'intelligent ni d'utile, car c'est ne pas prendre en compte les mœurs ni la culture d'une époque. Mais on doit pouvoir écrire que la polygamie de Mahomet et ses mœurs guerrières, n'en font pas quelqu'un de recommandable, ni digne d'être loué, encore moins un saint ni un prophète de Dieu. Il faut faire un choix : soit on est bassement servile et démocrate et on flatte toutes les communautés d'un pays simplement parce qu'elles sont là, soit on se place dans une logique de vérité et d'honneur, et on écrit ce qui correspond à la réalité historique, philosophique, théologique. Et c'est très différent des insanités que tu imagines que l'on pourrait écrire sur le catholicisme, comme si c'était comparable : le problème avec Mahomet, c'est que c'est souvent basé sur des faits réels et qui ne touchent même pas au domaine spirituel en tant que tel. Alors que si l'on prend le cas du christianisme, et de la nature du Christ elle-même puisque tu cites cela : en ôtant la nature divine et la Résurrection, il ne resterait plus de religion du tout, ni de transcendance divine, et donc le sacre capétien et le légitimisme n'auraient plus d'objet.

Bref, s'agissant des morts à venir que tu déplores en conclusion, je ne vois pas de moyen de calmer les tensions à court terme. Faudrait-il se désengager de Syrie, puisque après tout les terroristes se servent du prétexte du conflit avec Daesh ? Je dirais que oui s'il s'agissait d'une guerre entre musulmans uniquement, mais je pense qu'on n'en a pas le droit quand les derniers chrétiens d'Orient sont les victimes de ces barbares et de leur hérésie. La France, certes, n'y changera pas grand chose, au vu de sa diplomatie pitoyable et de son manque de munitions, mais si elle était aujourd'hui encore un royaume catholique, je serais partisan du maintien de la mission de protection des chrétiens du Moyen-Orient. Mais au vu de l'état de notre pays, j'espère simplement que la Russie pourra faire en sorte qu'une solution équilibrée puisse être trouvée pour tous les groupes présents sur ce territoire morcelé de fait. Sur le plan intérieur, je ne vois pas de solution parfaite non plus : continuer à accueillir l'équivalent d'une grande ville entière chaque année, quand on ne sait pas comment gérer la population de cette culture ? C'est insensé. Parenthèse d'ailleurs à ce sujet : le "vous" global pour qualifier tous les citoyens français comme consentant cette immigration folle, me semble abusif, nous n'avons pas de consultations comme en Suisse à ce sujet. Pour ma part, étant donné les institutions actuelles, je ne vois que ceci pour temporiser : arrêt de l'immigration musulmane, arrêt de la construction de mosquées, encouragement à la pratique privée uniquement, et si l’Église catholique pouvait parfois se souvenir qu'elle a le droit de chercher à convertir, ce ne serait pas mal non plus. Pour ceux qui veulent pratiquer un islam public, politique, théocratique, il y a d'autres pays dont c'est la tradition. Mais imaginer un "vivre ensemble" avec, à terme, un bloc chrétien-laïc (soit les catholiques, les protestants plus ou moins déchristianisés, plus les laïcs de tradition chrétienne - même s'ils n'en ont pas conscience) et un bloc musulman à part égale sur le même territoire, c'est juste du délire.

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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Alain le Lun 18 Avr 2016, 15:18

La modernité est, je crains, ce mouvement qui peu à peu, n'autorise qu'une pensée autonome depuis l'usage individuel d'une faculté: La raison. Hors, l'autonomialité de cette faculté seule dans la lecture du livre du Monde ne peut conduire, pour le mieux, qu'à des auto-affirmations d'ordre clanique. Depuis la seule raison, il est possible de prononcer, mais, surtout de projeter une conceptualisation violente en dehors de tout consensus et rencontre. On ne construit pas en raisonnant ( la raison est par nature déconstructiviste); on construit en synthétisant depuis un imaginaire qui, lui, sait être constructiviste. L'usage simple et brutal de la raison est probablement le propre de la vérité de la modernité.

Le problème de la raison est qu'elle n'est qu'une parcelle de chemin: Elle ne peut prononcer à l'endroit de son usage, depuis celui qui la pratique, qu'une unidimensionnalité idéologique. C'est à dire que celui qui la met en œuvre ne peut que se soumettre à un ordre issu du sensible qui ne saurait ni souscrire à un ordre transcendant ou à un possible "être-ensemble" condamné à un utopisme primitif. L'essentiel est certainement de briser le cercle fermé depuis la boucle de l'altérité produite par la raison une ouverture afin d'aérer l'identitarisme de guerre; c'est à dire le terrorisme que nous connaissons... La guerre perpétuelle dont j'accuse la république d'être l'étendard depuis son bridage du "genre humain" à la seule raison. Faculté fondamentale et essentielle à notre condition mais, en aucun cas terminale pour ce qui est d'établir notre irréductible vérité; alliance de spirituel et de sensible; alliage de temporalité et d'éternité.
La raison a besoin d'un arrière-plan pour être prononcée; d'un infini pour la contenir afin de lui permettre de faire syllabe avec notre condition. Seule, elle ne peut être que le terreau des tyrannies de l'indifférenciation, de l'ubiquité artificielle et de l'égalité posée comme précepte à toute expression de balbutiement de raisonnement ( le serpent de la raison ayant pour seul talent le court-circuit mettant en destruction tout schéma civilisationnel représentable et donc l'effondrement dans la barbarie).

Les écrits "caca-boudin" que j'ai sollicités participent de cette vision "raisonnable": On reste au niveau de l'évènementiel de l'Islam en Occident. Et... On crache, on vomit. On condamne l'Autre parce que nous avons oublié d'être nous-même. C'est là le meilleur moyen pour que Nous-Même devenons l'Autre. Tout cela est non seulement injurieux mais improductif. L'Autre Est et Nous Sommes. La sacro- païenne république depuis la "raison" est incapable de penser autre chose que la seule altérité; la guerre de civilisation.
Il serait pourtant simplement plus judicieux de penser des "limites" à l'autre pour imaginer un accord depuis une harmonie constructiviste à partir d'enjeux supérieurs à ceux de la raison: Faire comprendre à l'Autre d'emblée son altérité depuis "notre" Monde et laisser une porte entrouverte pour un partage de circonstance loin de notre "Etre" qui doit rester intouchable. Le pragmatisme du raisonnable nous prostitue tout en encourageant l'Autre à s'affirmer comme notre ennemi. Erreur de penser effarante pour un Peuple millénaire qui fut celui de France. On ne saurait accueillir depuis des équivalences d'égalités mais seulement depuis l'affirmation de nos valeurs absolues. Mais pour çà, encore faut-il en posséder pour rester crédible à l'autre justement.
J'espère simplement que nous-même et l'autre pourront être chacun nous-même sans avoir à nous détruire ou à nous métisser... Etant donné que la pluralité de civilisations est une nécessité autant humaine que spirituelle.


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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

Message par Mickaelus le Sam 23 Avr 2016, 15:20

Sur la notion de la froide raison analytique que tu soulèves, Calliope, je partage ce point de vue et ce sentiment, s'il s'agit de parler de modernité en ce sens-là - car oui, le problème est que nombre de "grands" mots ont plusieurs nuances ou acceptions selon le contexte. Je crois aussi que le glissement du Moyen-âge vers la Renaissance, puis l'ère classique et les dites Lumières, marque cet accaparement du monde intellectuel par la raison, c'est-à-dire que cela se manifeste à la fois par un retrait de la foi et une mise à l'écart de Dieu, et ensuite par l'individualisme et l'anthropocentrisme philosophique. La civilisation française et donc catholique reposait sur cet équilibre, encore rappelé par Benoît XVI il y a quelques années, entre la raison et la foi. La raison toute seule, en effet, elle a conduit aux horreurs de la Révolution, aux guerres totales nationalistes, et aujourd'hui au matérialisme et au consumérisme, parce que c'est la science et l'argent qui constituent l'horizon presque exclusif de la pensée humaine pour toute une part de la population asservie au seul éphémère - quand tu parles, si je te suis bien, de la temporalité sans transcendance ou infini. C'est la problématique du désenchantement, et même si je peux concevoir l'intérêt philosophique de l'imaginaire, je pense que c'est vraiment la question de Dieu et de la foi qui est au cœur du problème. Une construction morale et imaginaire humaine reste humaine, c'est en ce sens que ça me gêne ou me paraît insuffisant. Donc ça, c'est pour la raison, mais je suis en tout cas d'accord avec ce que tu conceptualises ainsi (même si je l'exprime avec des nuances un peu autrement, selon ma sensibilité propre) :

Calliope a écrit:La raison a besoin d'un arrière-plan pour être prononcée; d'un infini pour la contenir afin de lui permettre de faire syllabe avec notre condition.

Pour le reste, je ne sais même pas si on peut dire que l'"écrivain" dont tu nous a proposé quelques extraits peut être rangé dans une perspective "rationnelle" au sens où tu l'as défini. Tu connais mieux que moi le personnage - ce qui n'est pas difficile, ne le connaissant pas du tout -, mais j'ai vraiment l'impression de lire un provocateur qui écrit absolument n'importe quoi simplement pour faire le gauchiste, et les gauchistes savent bien que la transgression ultime c'est de s'en prendre au sacré. A côté de gens de cette portée insignifiante, il y a tout de même des commentaires sur l'islam, même de gens qui ne sont pas royalistes, qui me semblent quand même plus pertinents que cela. Pour prendre un exemple parfois utilisé par nos politiciens français vis-à-vis du FN, si un républicain écrit que le ciel est bleu (remplacer par n'importe quelle proposition véridique sur l'islam), je ne vais pas prétendre qu'il est rouge. Cela ne veut en aucune façon dire que la république soit en capacité d'assumer un rôle sain pour régler nos rapports avec la population musulmane en France ou à l'étranger, bien évidemment que non ; mais de là à laisser entendre qu'il vaudrait mieux laisser un islam conquérant absolument tranquille dans ce qui fut la France, je pense que c'est aller un peu loin, car on n'a pas à prendre parti pour l'islam, parce que la république est tout ce qu'un royaliste sait qu'elle est. Les deux n'ont rien à voir avec la France, les deux sont un problème en tant que tel, chacun à sa manière. Car quand la république c'est la raison toute seule, l'islam c'est la foi toute seule, la théocratie, et une foi étrangère à l'histoire de France qui plus est. Quand tu écris très justement qu'il faut toujours une alliance entre le temporel et le spirituel, c'est-à-dire la royauté et l’Église en France, c'est ce que nous avons toujours défendons ici, et bien des légitimistes avant nous, et qui démontre bien que les deux logiques exclusives sont aussi dangereuses l'une que l'autre, selon des modalités et des incarnations très différentes, forcément.

Ainsi, la république, en tant que rationalisme stérile, est étrangère à la civilisation France ; l'islam, en tant que foi hérétique et n'intégrant pas de part rationnelle, est aussi étrangère à la civilisation France. Car c'est bien aussi ce qu'il faut comprendre : la république ne peut qu'échouer dans sa volonté d'intégrer l'islam, et dans sa prétention d'universalité plus largement, parce que la république promeut une vision de l'homme incomplète. Mais la critique théologique de l'islam vaut en tant que telle à côté de cela, elle existait dès le Moyen-âge chez de hauts prélats bien mieux informés que ce qu'on nous fait croire actuellement, étant donné qu'on nous dit souvent qu'on n'a pas le droit de critiquer l'islam parce qu'on n'y comprendrait rien... C'est juste une question de vérité. Je l'écris d'ailleurs d'autant plus tranquillement, que sur le plan pratique, la progression de l'islam en France gênerait beaucoup plus les gens de gauche que des gens comme moi sur le plan strictement pratique : la condamnation des agnostiques et des athées, la persécution des homosexuels, la critique de l'avortement, les questions de l'égalité homme-femme, etc.

Cela dit, là, je répondais là surtout à ton message d'avant, pour préciser certaines choses que je crois importantes, et à la toute-fin de celui-ci, étant donné que je peux m'accorder plus ou moins avec ces phrases qui me paraissent le cœur de ta réflexion :

Calliope a écrit:Il serait pourtant simplement plus judicieux de penser des "limites" à l'autre pour imaginer un accord depuis une harmonie constructiviste à partir d'enjeux supérieurs à ceux de la raison: Faire comprendre à l'Autre d'emblée son altérité depuis "notre" Monde et laisser une porte entrouverte pour un partage de circonstance loin de notre "Etre" qui doit rester intouchable. [...] On ne saurait accueillir depuis des équivalences d'égalités mais seulement depuis l'affirmation de nos valeurs absolues. Mais pour çà, encore faut-il en posséder pour rester crédible à l'autre justement.
C'est sans nul doute une position envisageable dans une optique diplomatique idéale, qui présupposerait à la fois le retour de la France à ses racines et à ses principes légitimes, et le monde musulman existant uniquement hors de nos frontières : bien malheureusement, aucune de ces deux conditions ne sont remplies je le crains. Mais selon ce point de vue, bien entendu, il ne serait pas question de croisades perpétuelles, sans pour autant renoncer à une œuvre théologique française exigeante, bien nécessaire selon moi. Le "dialogue religieux" depuis le catholicisme, ne saurait être opéré que depuis la vérité, sinon on tomberait dans du relativisme. Car c'est là que je suis potentiellement en désaccord avec ta dernière phrase, sous réserve de ce que tu as vraiment voulu dire : il est très bien selon moi aussi, qu'existent plusieurs civilisations, du point de vue culturel. Du point de vue religieux, le dogme catholique étant universel, il est impossible pour un chrétien véritable, de penser l'islam comme une vérité alternative équivalente (mais c'est pareil pour les philosophies orientales basées sur la réincarnation, etc.). Ce serait de l'hypocrisie. Cela ne veut pas dire, comme je viens de l'écrire, qu'on soit condamné à la guerre de religions perpétuelle, mais la France et donc l’Église catholique, doivent faire rayonner ce qui a été reçu de Dieu, de façon spirituelle, pour le bien de l'humanité.

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Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.
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Mickaelus
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Re: L'immense Belhaj-Kacem à la Villa Médicis.

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