L'église sainte-Rita évacuée

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L'église sainte-Rita évacuée

Message par Mickaelus le Jeu 04 Aoû 2016, 18:14

Alors que circulent des interrogations, ici et là, sur le financement public des mosquées ou sur je ne sais quel pacte entre la république et l'islam (le "vrai", bien sûr, le prétendument modéré), quelques mois à peine, également, après la déclaration du président du CFCM qui aurait bien vu les églises désertes transformées en mosquées, et puis, surtout, le prêtre martyr Jacques Hamel à peine enterré, la république montre encore ses tendances profondes en faisant évacuer une église à laquelle des croyants étaient manifestement encore attachés. Hélas pour eux, ces croyants n'étaient peut-être pas tout à fait les mêmes que ceux qui appelaient les musulmans des frères et croyaient prier le même Dieu. Certes, il n'est pas question de soutenir certains groupuscules cités dans le second article, mais si l'on se pose une simple question, à savoir si la réaction et le traitement eussent été différents avec de purs légitimistes, je crois que l'on devine aisément la réponse. C'est la continuité de la politique républicaine anti-cléricale (soit anti-catholique), qui s'accompagne d'une islamophilie calculée.

À Paris, l'église Sainte-Rita évacuée malgré la résistance de ses fidèles

   Par Bérengère Margaritelli 1 Mis à jour le 03/08/2016 à 18:17 Publié le 03/08/2016 à 12:56

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REPORTAGE - Élus et habitants du XVe arrondissement se sont rassemblés ce mercredi matin pour protester contre l'expulsion de fidèles de l'église, promise à la vente.

Au 27 de la rue François Bonvin, dans le XVe arrondissement de Paris, elle se tient là, petite église encadrée entre un immeuble et un bout de terre grillagé, barrée par un portail métallique sur lequel est inscrit «En France, on tue les prêtres et on rase les Eglises». Le ton est donné. Devant, ils sont une vingtaine, à l'aube, qui se préparent à faire front. Il y a Nicolas Stoquer, président délégué de l'association des Arches de Ste Rita, il y a aussi quatre élus qui ont revêtu leur écharpe, mais également des fidèles et des gens du quartier. Tous venus pour empêcher l'évacuation de cette église vendue à un promoteur breton il y a plus de deux ans. Murée au milieu de l'année 2015, elle devait être détruite en octobre dernier pour laisser place à un parking et à des logements sociaux.

Des difficultés financières avaient décidé l'association cultuelle des chapelles catholiques et apostoliques, propriétaire du bâtiment, à s'en séparer. Le lieu était loué depuis des années par l'Église catholique gallicane de Paris, dont les fidèles se sont mobilisés depuis pour enrayer le processus de vente. Dans la nuit du 5 au 6 octobre dernier, des militants du Mouvement du 14 juillet (un mouvement antisystème) ont rejoint la longue liste de défenseurs de l'église, pour «libérer» l'église promise à la démolition. Leur mobilisation a empêché la destruction de commencer. À cette occasion, un certain nombre de personnes ont pénétré dans l'église en détruisant le mur de parpaing et ont rétabli l'accès à l'église, où ils se sont installés. Depuis, l'association cultuelle a obtenu par ordonnance du tribunal de Paris, le 6 janvier dernier, l'autorisation judiciaire de faire procéder à l'expulsion de ces occupants. En mai, c'est le juge des référés qui a ordonné au préfet de police de Paris d'apporter le concours de la force publique.

«C'est une question de patrimoine!»

Il est 6h40: trois messes consécutives ont déjà été célébrées, une cinquantaine de personnes se sont barricadées à l'intérieur de l'église et comptent bien résister aux forces de l'ordre jusqu'au bout. Philippe, un jeune du quartier, est venu avec des amis en signe de protestation. Ses convictions, il les exprime avec vigueur. «C'est une question de patrimoine! On ne peut pas raser cette église. Elle a permis le croisement des générations dans ce quartier, et l'instauration d'une certaine ferveur, dans un quartier où personne ne se parle. Vraiment, les Parisiens ont beaucoup à y perdre, s'ils perdent Sainte-Rita. Il faut maintenir les lieux de vie, il ne faut pas les détruire. C'est dommage d'en arriver là.»

6h50. Boucliers à la main, une vingtaine de policiers s'engouffrent dans la rue et viennent encercler le petit groupe qui s'est massé comme un seul homme devant le portail. Un peu à part, Nicolas Stoquer assiste à la confrontation. «J'ai eu une intuition, le mois dernier. Je savais qu'ils enverraient les forces de l'ordre, que ce n'était qu'une question de temps. Quoiqu'après Saint Etienne du Rouvray, je me suis dit qu'ils n'oseraient pas, que ça n'était pas possible. Que l'urgence était ailleurs. Mais non, visiblement ils préfèrent gaspiller de cette façon des hommes et des moyens dans un pays en guerre plutôt que d'intervenir là où il faut».

6h55. Les soutiens de l'église se sont assis spontanément pour faire bloc pendant que les policiers commencent à les tirer à eux pour les écarter du portail. «On est au pays des libertés! Allez dans les banlieues! Là-bas il y a vraiment du boulot!» crie un homme, la joue écrasée contre un bouclier. Un autre homme apparaît à la fenêtre pour filmer la scène. En bas, la résistance continue. Tous sont assis. D'un seul coup, le petit groupe se met à entonner spontanément la Marseillaise. Un jeune homme, caché dans un arbre, laisse parler sa hargne: «Le gouvernement laisse mourir les citoyens mais il est toujours là pour raser les églises! Il manquait des policiers à Nice, ici on n'en a pas besoin!». Pendant ce temps, le groupe de protestataires est emmené un peu plus loin, devant le bar Le Troquet, où une barrière de policiers veille.

«Y en a marre de détruire les Églises»

7h18. Quelques minutes plus tard, c'est le début de l'expulsion de la cinquantaine de fidèles. Des cris résonnent, des gens se débattent. En face de l'église, Oumlil, depuis le garage où il travaille, assiste à la scène. «Je suis 100% d'accord avec cette expulsion, bon débarras! Il n'y a plus rien dans cette église, elle n'est presque plus active, il fallait qu'elle soit vidée et que la police fasse son boulot. Et puis, elle a été vendue!» À quelques pas, un couple vient tout juste d'être expulsé de l'église. La femme a les larmes aux yeux. «C'est d'une brutalité inimaginable! Une femme a été traînée sous mes yeux…». Dans l'immeuble à côté, plusieurs voisins sont interpellés par toute cette agitation. «Je comprends qu'ils veuillent garder cette église, mais cette expulsion, ça aurait dû être fait depuis longtemps! Ils n'ont qu'à la racheter, ils ne peuvent pas la squatter comme ça!», lance un voisin. Une voisine commente: «Oui mais y en a marre de détruire les églises… Et puis dans celle-là il y avait des fidèles avec une grande ferveur, une grande bienveillance!»

A 8h30, l'église est entièrement vidée de ses occupants. L'abbé Guillaume de Tanoüarn sort en dernier, sous les vivats ; il aura résisté jusqu'au bout. Finalement, une seule personne sera placée en garde à vue. Les autres seront laissées libres. L'opération se termine dans le calme. «Il faut dire que là ça se passe dans un lieu de culte…. C'est vraiment très particulier», conclut un policier.
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Sainte-Rita : questions sur une polémique très politique

   Par Marc de Boni Mis à jour le 04/08/2016 à 16:19 Publié le 04/08/2016 à 15:37

LE SCAN POLITIQUE - Au lendemain de l'évacuation musclée de l'église Sainte-Rita, à Paris, des questions sont posées sur les implications politiques, sur fond de tensions identitaires et religieuses.

«Il y a eu un manque de discernement du préfet de police, qui certes appliquait une décision de justice», commente ce jeudi matin Frédéric Lefebvre, au micro d'Europe 1. Au lendemain de l'évacuation musclée de l'église Sainte-Rita à Paris, l'émotion suscitée chez certains responsables politiques ne semble pas retombée. Intervenue au lendemain des obsèques du père Jacques Hamel, elle a suscité un malaise et provoqué la colère de nombreux responsables des Républicains et du Front national. Mais certaines accusations aux accents très politiques portées contre les autorités et le gouvernement posent question.

» Une polémique élaborée

«On avait des images, il y a quelques jours, de toutes les religions rassemblées dans une église et, d'un seul coup, les images qu'on avait hier c'était, malheureusement, un vicaire traîné sur le dos, un prêtre malmené, un enfant de chœur entre deux CRS», regrette ce jeudi Frédéric Lefebvre, en référence aux images marquantes largement relayées sur les réseaux sociaux depuis mercredi. Si les images choquent, il semble par ailleurs que l'épreuve de force ait été bien préparée. Comme précisé au Scan par Philippe Goujon, l'évacuation des occupants de l'église est annoncée par le cabinet du préfet de Paris le mardi 2 août vers 21h au maire du XVe arrondissement. «J'ai eu le temps d'appeler rapidement un certain nombre de personnes et de mobiliser une dizaine d'élus parisiens», raconte encore l'élu LR, qui n'était pas présent à Paris au moment des faits. La mobilisation fait son effet: le lendemain Philippe Goujon constate qu'une dizaine «d'élus ont été traînés par terre, munis de leur écharpe. Et ils vont porter plainte». Il s'offusque par ailleurs «de brutalités policières évidentes alors que se déroulait une messe où les fidèles ont été gazés».

Or la tenue de cet office, décidée la veille, interpelle également: le site de l'église Sainte-Rita précise bien que le site est fermé au culte depuis le 15 mars en raison de sa destruction prochaine. Monseigneur Dominique Philippe, qui officiait à Sainte-Rita jusqu'à cette date, commente l'affaire dans Ouest-France: «Ils savaient qu'ils allaient être expulsés, ils ont tout prévu pour faire parler d'eux, une messe à 6 heures du matin, ce n'est quand même pas ordinaire, ils ont même réussi à faire venir une cinquantaine de fidèles».

» Des occupants au profil politique trouble

Comme en témoignent plusieurs photos, parmi les personnes évacuées par la police mercredi matin se trouvaient des militants des identitaires, spécialistes d'extrême droite des opérations «d'agit-prop», ainsi que des étudiants se revendiquant de l'Action française. Dès la veille à 21h11, l'ancien militant FN et figure du milieu nationaliste Alexandre Gabriac annonçait par exemple sur Twitter: «L'église Sainte-Rita sera expulsée demain à 6h. Rendez-vous sur place en nombre, une messe sera célébrée à 6 h, avec ou sans CRS». Rapidement, l'appel est repris par plusieurs organisations classées à l'extrême droite comme Riposte Laïque, ou Résistance Républicaine. Des représentants de Génération Identitaire ou Civitas répondent également à l'appel, bien qu'aucun ne revendique ouvertement son étiquette. Auprès du Scan, le député Frédéric Lefebvre commente, quelques heures après les événements: «Il y avait parmi les occupants des personnes dans lesquelles je ne me reconnais pas, c'est un fait. Mais comme les identitaires se sont mobilisés, certains politiques préfèrent s'effacer. En humaniste, moi je ne le ferai pas».

Enfin, l'abbé Guillaume de Tanoüarn, qui a officié en latin lors de la dernière messe de Sainte-Rita, est présenté comme une figure du catholicisme traditionaliste. Selon Monseigneur Dominique Philippe, il a appartenu effectivement au mouvement lefebvriste, une frange radicale de l'Église, et fut un temps en rupture avec Rome. «Qu'il y ait des groupes ou des groupuscules, oui, probablement», concède sur RMC ce jeudi matin le numéro 2 du FN Florian Philippot. Avant de considérer: «Mais ces gens-là au moins ne vont pas égorger des gens dans d'autres lieux de culte. Ces gens-là ne posent de problèmes à personne. Ils ont leur propre foi, leur propre culte, leur propre rite, très bien. Ce ne sont pas ceux qui sont partagés par la majorité des Français, mais ils ont le droit d'exister».

» Une volonté de prendre le gouvernement à partie

À droite, la tentation est grande d'attribuer au gouvernement la responsabilité de l'évacuation de l'église. Auprès du Scan, Frédéric Lefebvre affirmait mercredi: «C'est tout à fait symbolique de la maltraitance des religions et des croyants qui sévit ces derniers temps». Un positionnement développé par la suite par de nombreux responsables à droite. «Décidément ce gouvernement est en perdition», a commenté le député LR Jean-François Lamour, élu du XVe, quand Éric Ciotti brocardait «le triste symbole de ce pouvoir socialiste sans âme et sans repère».

Or, comme évoqué dans le communiqué de la préfecture de Police de Paris, c'est une décision de justice qui a motivé l'évacuation. «J'ai immédiatement appelé le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur», racontait Frédéric Lefebvre mercredi, «et j'ai découvert qu'il n'était au courant de rien». Contacté par le Scan, le cabinet de Bernard Cazeneuve indique «comprendre l'émotion», mais renvoie en effet aux services préfectoraux. Leur communiqué indique que «le Conseil d'État a par ordonnance enjoint au préfet de police de délivrer le concours de la force publique». Quant à la maire de Paris, elle ne serait intervenue que pour délivrer les permis réclamés aux repreneurs, affirme l'adjoint au logement d'Anne Hidalgo, Ian Brossat.

Selon Frédéric Lefebvre, Sainte Rita aurait été reconsacrée

Le député des Français de l'étranger Frédéric Lefebvre conteste quant à lui l'affirmation de la Préfecture selon laquelle «l'église n'est pas consacrée ni dédiée au culte». «Depuis six mois l'Église a été de nouveau consacrée. Et ceux qui officiaient ont été reconnus par l'église et il y avait des messes tous les dimanches avec plusieurs centaines de personnes. […] Ce qui explique l'émoi de tous les paroissiens», a-t-il tenu à préciser ce jeudi au micro d'Europe 1. Contacté par le Scan, ni la Conférence des évèques de France, ni Monseigneur Dominique Philippe n'ont été en mesure de confirmer cette information. «Quand nous sommes partis en avril, nous avons levé les sacrements. Je ne sais pas trop ce que les traditionalistes ont fait ensuite, mais à mon avis, rien. En tout cas, il n'y a pas eu de démarche au niveau du diocèse de Paris», souligne-t-il. Le Diocèse de Paris indique de son côté que l'Église Sainte-Rita n'est plus sous sa responsabilité depuis longtemps, et qu'aucune démarche visant à resacraliser les lieux n'a été entreprise sous son autorité.
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Re: L'église sainte-Rita évacuée

Message par Henry le Jeu 04 Aoû 2016, 23:36

L'Eglise veut se débarrasser des lieux de culte, parce il n'y plus personne. C'est une nouvelle séparation de L'Eglise, de ses lieux de culte, une autre réplique de 1905, par l’épiscopat français.
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Re: L'église sainte-Rita évacuée

Message par Alain le Ven 19 Aoû 2016, 19:56

Triste quand même de voir de tels gestes... A savoir que le promoteur breton qui veut raser Saint Rita est le premier a avoir osé le logement "container recyclé en habitation". Désespérant.

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Re: L'église sainte-Rita évacuée

Message par Henry le Ven 19 Aoû 2016, 22:05

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