Nos ancêtres les Gaulois ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Nos ancêtres les Gaulois ?

Message par Mickaelus le Mar 25 Oct 2016, 15:26

Voici quelques éléments de réflexion publiés récemment sur le Figaro à propos de ce thème lancé opportunément, forcément, par Nicolas Sarkozy lors de la campagne des primaires des Républicains - lequel déclare avec enthousiasme, c'est assez amusant, que la droite d'aujourd'hui remplace la gauche d'hier (voir le premier extrait quant à cet aveu non surprenant pour un royaliste, connaissant l'essence de gauche de la république, comme mythe et comme institution) :

Nicolas Sarkozy célèbre sa «certaine idée de la France»

   Par Jean-Baptiste Garat Mis à jour le 24/09/2016 à 22:19 Publié le 24/09/2016 à 22:16

[...]

Roman national

L'histoire des Harkis et des pieds noirs était également l'occasion pour Nicolas Sarkozy de rappeler sa conception du «roman national» et sa définition de l'identité française, au terme d'une semaine de polémique concernant sa sortie sur «nos ancêtres les Gaulois». «Il n'y a pas l'histoire des uns et l'histoire des autres, a-t-il lancé, dans l'après-midi devant 1500 personnes réunies au Palais des Congrès. Il y a une histoire à apprendre dans les écoles de la République, c'est l'histoire de France. Je veux que les jeunes Français quel que soit leur lieu de naissance, la couleur de leur peau, leur religion apprennent la même histoire.»

Citant Renan ou de Gaulle, il dénonce la «pauvre gauche arrogante et prétentieuse, les pauvres socialistes qui ne croient plus au roman national mais au communautarisme». «Il y a plus d'un siècle, c'était l'honneur de la gauche de promouvoir Briand et la laïcité, Lavisse et le roman national, Ferry et son idée de l'éducation, poursuit-il. Désormais, c'est l'honneur de la droite de les défendre devant les attaques de la pensée unique, qui condamne une certaine idée de la France.»
(Lire l'article dans son intégralité ici - Le Figaro)



Robert Redeker : «L'hérédité nationale est politique et non biologique»

   Par Robert Redeker Publié le 23/09/2016 à 19:45

FIGAROVOX/TRIBUNE - La polémique autour des Gaulois a marqué cette semaine. Pour le philosophe Redeker, ceux qui accablent Nicolas Sarkozy en arguant de la génétique gardent dans leur inconscient une conception bouchère de l'espèce humaine.

Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain. Il a notamment publié Le Soldat impossible (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ; Bienheureuse vieillesse (éd. du Rocher, 2015) et dernièrement L'Ecole fantôme (éd. Desclée De Brouwer, 2016).

Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment tort de convoquer «nos ancêtres les Gaulois» dans la campagne électorale? Sentant bon la plume Sergent-Major et les cours d'école d'antan, la référence à ce peuple celte peut passer, aux yeux de certains, pour poussiéreuse si ce n'est inadaptée au monde contemporain. Laissons de côté les arguments imbéciles du quarteron de professeurs d'histoire qui a voulu lui faire la leçon en détricotant son discours, lui rappelant la fausseté historique de cette filiation. Correcteurs négligents et peu attentifs à la copie de leur élève d'un jour, ils ne voient pas que Sarkozy a bien présenté ce syntagme - «nos ancêtres les Gaulois» - comme une métaphore et un mythe, et non comme une réalité. Pourtant, le propos de Sarkozy est bien plus vrai que ce qu'en disent ses contradicteurs et sans plus profond que ce qu'il en aperçoit lui-même.

Gaulois nomme bien autre chose que l'ensemble des peuplades celtes qui occupèrent longtemps seuls ce territoire qui allait devenir la France. Gaulois est un des noms de l'origine. L'horizon de ce mot est la France d'avant la France, la France d'avant les Francs. Dans la mesure où, sous forme d'adjectif, gaulois dit aussi un trait de caractère, dont les Français sont toujours persuadés qu'il est leur, comme sont leurs les psychologies d'Astérix et d'Obélix, ce mot renvoie à une sorte de continuité d'un état d'esprit dans lequel la majorité de nos compatriotes se reconnaît. Psychologiquement, caractériellement, les Français affirment leur filiation avec ces Gaulois dont ils sont loin de tous descendre génétiquement. Si elle n'est pas une vérité de la biologie, la formule «nos ancêtres les Gaulois» en est une de la psychologie collective. Le succès de la bande dessinée de Goscinny et Uderzo en fournit l'illustration la plus éclatante.
(Lire la suite de l'article ici - Le Figaro)


Jean-François Kahn : le clivage gauche-droite au crible des gauloiseries

   Par Jean-François Kahn Mis à jour le 30/09/2016 à 17:08 Publié le 30/09/2016 à 17:05

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après la querelle que Nicolas Sarkozy a relancée, Jean-François Kahn rappelle que le mythe gaulois fut longtemps entretenu par la gauche. Pour le journaliste, c'est une illustration du caractère évolutif voire obsolète du clivage gauche-droite.

Jean-François Kahn est un journaliste et écrivain français, historien de formation. En 1984, il crée L'Événement du Jeudi puis, en 1997, l'hebdomadaire d'information Marianne dont il est le directeur jusqu'en 2007. Son dernier livre, Marine Le Pen vous dit merci, est paru chez Plon. Il a notamment publié L'invention des Français: du temps des folies gauloises (éd. Fayard, 2013).

Ce qui est stupéfiant, ce n'est pas qu'un homme politique ait repris à son compte la vieille comptine «Nos ancêtres les Gaulois» , ça n'a rien de scandaleux - les instits de gauche l'ont martelé pendant une décennie -, ce qui est stupéfiant c'est que tout se passe comme si cette saillie était devenue constitutive du clivage gauche-droite ou, plus exactement, constitutive de «l'être vraiment de droite», après l'avoir été de «l'être vraiment de gauche».

Car, enfin, jusqu'à il y a encore quelques semaines, c'est la gauche la plus orthodoxe qui défendait cette version intransigeante, presque intégriste, du «droit du sol», quand la droite entendait plutôt ouvrir sur le «droit du sang».

L'idée que, dès lors, on devient français de hasard ou de choix, y compris le fils d'immigré qui le devient automatiquement à 18 ans sans même avoir besoin d'en émettre le désir, nos ancêtres deviennent gaulois implique, au fond, que les gènes ne se transmettent pas par les sexes mais par les pieds, par le rapport des pieds au sol, thèse défendue, jusqu'ici, par la gauche la plus pure selon laquelle le naturel doit totalement le céder au culturel, ce qui induit le rejet de toute composante biologique de l'identité.
(Lire la suite de l'article ici - Le Figaro)

Jean Sévillia : «L'intérêt des hommes politiques pour l'histoire dure le temps d'une campagne»

   Par Alexis Feertchak Publié le 07/10/2016 à 20:05

FIGAROVOX/ENTRETIEN - A droite notamment, les candidats à la primaire font assaut de références historiques, parfois jusqu'à la polémique. Pour Jean Sévillia, ce besoin d'histoire répond au déracinement d'une société en perte de repères.

Essayiste et historien, Jean Sévillia est chroniqueur au Figaro Magazine et membre du comité scientifique du Figaro Histoire. Il vient de publier Ecrits historiques de combat (Perrin).

FIGAROVOX. - Nicolas Sarkozy a suscité une vive polémique en reprenant à son compte le mythe de «nos ancêtres les Gaulois». François Fillon souhaite quant à lui demander à trois académiciens de réécrire les manuels d'histoire en les inscrivant de nouveau dans le récit national. Comment expliquez-vous que l'histoire soit au cœur de ce début de campagne présidentielle, notamment à droite?

Jean SÉVILLIA. - Permettez-moi de rappeler que la formule «Nos ancêtres les Gaulois» ne relève pas que du mythe. Les travaux de l'historien-démographe Jacques Dupâquier ont montré que les vagues migratoires qui se sont étalées entre le IIIe et le Xe siècle sur le territoire français n'ont représenté qu'un apport de 50 000 à 100 000 personnes pour 7 à 8 millions d'autochtones gallo-romains. La population, ensuite, n'a quasiment pas bougé, jusqu'à l'apparition d'un courant migratoire européen à partir du XIXe siècle et extra-européen à partir du XXe siècle. Ce qui signifie que tout un fond de la population française, encore aujourd'hui, compte des Gaulois parmi ses lointains ancêtres, même s'il a d'autres ascendances, et même si des Français tout aussi français que les autres n'ont pas une goutte de sang gaulois. La part du mythe relève évidemment du récit national élaboré entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle qui a fait des Gaulois les ancêtres de tous les Français. Alors que l'identité nationale est source de questionnements et de débats, alors que la France connaît une immigration sans précédent, les Gaulois sont donc sollicités dans cette polémique.

Ultimement, deux visions s'opposent. Celle de la nation-contrat, héritée de Rousseau, conception préférée à gauche, qui ne prend en compte que la volonté d'être français comme signe d'appartenance à la nation. Et une conception qui mêle la nation-héritage, intégrant les données de l'histoire, et la nation choisie, à laquelle on peut s'agréger en adoptant les règles et les codes majoritaires, tout en conservant des traditions et une mémoire particulière. Cette conception équilibrée, qui est celle de Renan, a plutôt cours à droite. Ainsi un débat historique a-t-il des résonances très contemporaines dont s'emparent les politiques de droite qui savent quelles sont les préoccupations de leurs électeurs. Mais cet aspect politique et même politicien donne les limites du genre, car on peut prévoir qu'après l'élection présidentielle, ce sujet quittera l'esprit des hommes au pouvoir. Si la droite avait fait mieux que la gauche pour l'enseignement de l'histoire, cela se saurait…
(Lire la suite de l'entretien ici - Le Figaro)

_________________
Fondateur & administrateur du forum.
Miles litteratus - Si tout se vaut, plus rien ne vaut.

Mickaelus
Comte

Masculin
Sagittaire Chien
Nombre de messages : 2659
Age : 34
Localisation : Vendée
Affinités politiques : Royaliste, légitimiste, absolutiste, contre-révolutionnaire

http://mickaelus.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum