Être de droite

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Qu'est-ce qui caractérise vraiment le fait d'être de droite ?

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Re: Être de droite

Message par lulo le Sam 24 Oct 2009, 11:59

Historiquement, ce qui définit la droite est l'acceptation au moins tacite de la Révolution et de ses principes. Penser en terme de gauche/droite, c'est déjà planter le décor du libéralisme.

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Re: Être de droite

Message par Minervalis le Sam 24 Oct 2009, 13:03

Lulo, Droite et Gauche sont issues toutes deux de la Révolution; Camisard, c'est par une assimilation abusive qu'on rattache les anti-républicains à la Droite.
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Re: Être de droite

Message par lulo le Sam 24 Oct 2009, 13:54

Je ne dis pas le contraire, la différence entre les deux est une question de degrés, mais le fond est le même.

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Re: Être de droite

Message par Mavendorf le Sam 24 Oct 2009, 16:36

La classification droite/gauche remonte à l'après révolution, avec à gauche les républicains libéraux et à droite les républicains conservateurs. Dans la « droite » il existe bien un refus de considérer que toute la souveraineté réside dans la démocratie, et encore moins dans la représentation parlementaire (et c’est ce qui « séduit » notre ami Camisard, je crois…). En théorie la droite conservatrice et réactionnaire refuse le libéralisme, mais en pratique elle agit comme les libéraux de gauche.

J’ajoute, que contrairement à ce que l’on peut entendre parfois, le Royalisme n'est pas une « branche » ou une « tendance » de la droite ou bien même de l'extrême droite, mais il en est les racines profondes. En réalité c’est l’inverse, ce sont ces mouvements « nationaux » et « patriotiques » (mais toujours républicains et démocratiques) qui viennent chez nous chercher un petit bout de « ceci », un petit bout « cela » et de nos valeurs pour créer un « programme politique », pour « soit disant » redresser la France…

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Re: Être de droite

Message par Mickaelus le Sam 24 Oct 2009, 16:52

Je tiens à préciser (je l'ai déjà fait ci-dessus, mais il ne coûte rien de se répéter) que ce sujet n'a pas été créé pour dire que le légitimisme était de droite, évidemment non, mais dans une optique pédagogique, pour montrer à quoi devraient parvenir ceux qui se revendiquent de droite en aspirant inconsciemment à un ordre ancien qui effectivement dépasse et même transcende de loin un clivage politique révolutionnaire. A l'origine, ceux qui siégeaient à droite étaient ceux qui voulaient conserver un peu de pouvoir pour le roi Louis XVI dans l'optique d'une monarchie constitutionnelle : ce fut déjà un échec cuisant et une posture défensive.

C'était le prototype de ce que sera la droite pendant toute la vie politique républicaine : une assiégée de la gauche incapable de passer à l'offensive. Parce qu'une droite qui passerait à l'offensive, ce serait un mouvement qui réclamerait que soit abolie la possibilité par la gauche de prendre le pouvoir et de pervertir les sujets du royaume, c'est abolir la démocratie et la souveraineté populaire, ce serait donc dissiper le terme même de droite qui n'aurait plus aucune fonction une fois que les partis n'existeraient plus mais feraient place nette au roi de France détenant son pouvoir de Dieu et de sa lignée.

On peut rappeler tout de même, pour être complet et honnête, que le légitimisme, historiquement, a été d'une certaine manière de droite puisque sous la Restauration les députés légitimistes siégeaient bien à la droite des libéraux. Mais ce ne fut qu'un malentendu forcé et momentané à cause de l'ambiguïté même de la Charte de 1814 qui n'aurait pas dû permettre la reprise du concept d'Assemblée nationale. Aujourd'hui, nous avons bien appris de ces erreurs.

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Re: Être de droite

Message par Abenaquis le Sam 07 Nov 2009, 10:14

Suspect

Je ne participerai pas à ce sondage, car se dire de droite, ou de gauche, c'est s'avouer républicain, ce que je rejete fondamentalement Sad

Je préfère me dire " Au service du roi"
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Re: Être de droite

Message par Mickaelus le Mar 10 Nov 2009, 17:53

Lire le message que j'ai écrit juste au-dessus du vôtre pour connaître le pourquoi de ce sujet qui n'était pas à prendre au premier degré mais dans une optique pédagogique et constructive.

Évidemment, il se serait surtout adressé à des gens de droite qui seraient venus discuter avec nous, mais comme il n'y a aucun inscrit de cette sorte...

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Re: Être de droite

Message par Mickaelus le Sam 19 Avr 2014, 18:38

Voici un article récent paru dans le Figaro, qui s'interroge sur l'origine et de le devenir des droites, sur la distinction entre les notions de gauche et de droite, et qui témoigne un peu d'une période dans laquelle les repères politiques traditionnels sont de plus en plus instables (autant à cause d'une crise de confiance dans la Ve république, ou son défaut d'incarnation par un personnel politique de plus en plus médiocre, qu'à cause de l'Union européenne et des vices intrinsèques aux institutions démocratiques au sens révolutionnaire). Certaines intuitions de l'article ne sont pas mauvaises, comme l'épuisement de l'élan révolutionnaire de manière "mythologique" dans le sens où la déconstruction a tout de même des limites, et où finalement, ce qui faisait des valeurs de gauche des postures révolutionnaires et contestataires, s'est figé et sédimenté. La gauche d'aujourd'hui (au sens large et républicain, tous les partis du spectre politique actuel étant plus ou moins de gauche) est en fait un conservatisme de la religion républicaine (tolérance de façade, en fait relativisme ; hostilité à tout ce qui relève de la tradition française pré-révolutionnaire, etc.). Mais où est la "droite" pour s'y opposer vraiment ? C'est là où la conclusion de l'article manque clairement et tristement de vision : la vraie remise en question de ce système en déliquescence devrait le dépasser lui-même, et nous ne serions plus limités à une droite réactionnaire et à une droite libérale comme le suppose l'auteur, puisqu'il faudrait qu'une droite révolutionnaire transcende ceci, et ne soit donc plus une droite à proprement parler, mais une restauration monarchique de la France, débarrassée des déboires et des contre-valeurs révolutionnaires. Hélas, les analystes actuels n'en sont pas encore là, et n'ont pas compris que la problématique du Bien commun est liée directement à la possibilité de l'existence d'une communauté qui doit se reconnaître d'après quelque chose, une souveraineté qui pour nous ne saurait être que le roi de France.


PS, UMP, FN : d'où vient la droite, où va la gauche ? Radioscopie d'une décomposition idéologique

       Par Eugénie Bastié
       Publié le 11/04/2014 à 13:26

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN : L'UMP est-il encore de droite ? Le PS est-il encore de gauche ? Les frontières idéologiques se brouillent de plus en plus, et seuls les clivages partisans semblent subsister. L'historien des idées François Huguenin fait le point pour Figarovox.

François Huguenin est historien des idées et essayiste. Il est l'auteur notamment d'une Histoire intellectuelle des droites (2013, Perrin).

Vous avez écrit un livre sur l'histoire intellectuelle des droites françaises. Pouvez-vous nous donner une définition de la droite, historiquement et dans son contenu doctrinal?

Les notions de droite et de gauche sont historiques avant d'être idéologiques. Certaines postures intellectuelles et politiques sont ainsi passées de gauche à droite et vice-versa: c'est le cas du nationalisme, qui était à gauche jusqu'au début de la Troisième république, pour être assimilée ensuite par la pensée de droite. A l'inverse, le libéralisme d'un Benjamin Constant a pu être considéré comme de gauche de son vivant, car il prône un libéralisme politique mis à mal par la Révolution et l'Empire, puis classé à droite au XXème siècle où sa vigilance face aux dérives du la toute-puissance de l'Etat devient une matrice du discours libéral contre la gauche.

Tout commence lors de l'assemblée nationale constituante en 1789: ceux qui veulent freiner le processus révolutionnaire en route se mettent à droite de l'hémicycle, ceux qui veulent l'accélérer s'assoient à gauche. Et c'est resté. Ce n'est pas uniquement anecdotique: le nœud idéologique de la droite est d'abord une résistance à l'esprit révolutionnaire. D'une certaine manière, la droite est par essence si ce n'est contre-révolutionnaire, du moins vigilante face aux dérives potentielles de la Révolution, qu'un Burke a immédiatement perçues. Il y a une droite qui est opposée aux principes révolutionnaires mêmes: la droite traditionnelle ou plutôt réactionnaire (de Maistre, Bonald, plus tard Maurras). Mais même chez des auteurs libéraux (Constant, Tocqueville), il y a cette idée que, une fois les principes de 89 acquis, le processus révolutionnaire permanent est dangereux, et qu'il faut terminer la Révolution. La droite, c'est l'idée que ce mouvement inattendu qui frappe la France à la fin du XVIIIème siècle, qui s'auto-entretient et qui s'emballe pour arriver jusqu'à la folie de la Terreur, a des potentialités dangereuses et liberticides. La droite est dans la résistance face à ce mouvement, alors que la gauche elle, est dans l'accompagnement de ce mouvement, et même dans son dépassement et dans son accélération.

René Rémond avait défini en son temps trois droites françaises: la légitimiste, la bonapartiste et l'orléaniste. Cette distinction a-t-elle encore une quelconque pertinence aujourd'hui?

La distinction de René Rémond a sa pertinence pour qualifier la vie politique française du XIXème, beaucoup moins au XXème avec le gaullisme puis le Front national qui balayent ces catégories, qu'on ne retrouve plus du tout non plus dans le magma idéologique de l'UMP aujourd'hui. Je préfère quant à moi distinguer deux grandes tendances intellectuelles: la droite réactionnaire et la droite libérale, deux tendances qui ne se sont jamais comprises et jamais parlées et qui ont fait qu'en France il n'y a jamais eu de grand mouvement conservateur qui soit à la fois attentif aux valeurs traditionnelles et à la liberté politique.
Lire la suite de l'article ici (Le Figaro - 11 avril)

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Re: Être de droite

Message par Clovis le Lun 23 Jan 2017, 13:30

J'approuve l'ensemble de vos conceptions en soulignant la dépollution nécessaire de ce vocable "être de droite".
Il va sans dire que la république est intrinsèquement liée au socialisme et que tous les partis en présence actuellement servent cette idéologie, avec plus ou moins d'artifices.
Mais aujourd'hui, je dirais que "être de droite" est fondamentalement "être souverainiste", c'est ça aimer vraiment la France.
Mais là encore le principe de souveraineté est pollué par cet abus de langage qu'est le souverainisme populeux: grave contre-sens, car par définition la souveraineté se déclare par son souverain et non une masse abrutie d'elle-même et ainsi flattée dans son orgueil comme dans cette illusion.
Alors oui, je suis de droite, la droite patriote souverainiste-royaliste et je ne vois qu'un seul secours pour le pays en grave péril: l'abolition de la république, y compris le nationalisme bien-sûr, et le retour du roi légitime avec tous ses pouvoirs.
J'ai longuement réfléchi au parlementarisme, et sans plus hésiter un seul instant, je m'y oppose carrément et complètement.
Je pense qu'être de droite signifie aussi rompre complètement avec le parlementarisme, c'est décisif.
Il sera toujours nécessaire de parlementer et conseiller pour bien gouverner, mais en rejetant toute structure parlementaire qu'on a pu connaître et donc ne plus utiliser cette terminologie.
Ainsi pour retrouver les principes vitaux de notre Pays, je pense que nous devons rompre avec tout le vocabulaire perverti par presque 3 siècles de républicanisme dévastateur, notamment pour nos intelligences ainsi privées de racines, de sens et de cohérence...(je parle pour la mienne et d'autres également déplorables).
Il y a donc un combat d'intelligence à mener par les principes vitaux restaurés, et une terminologie, un vocabulaire complètement restaurés.

Après les "cloches sonneront-elles encore demain?" de DeVilliers, je pense qu'un autre livre serait bon à publier, "le coeur de la France battera t-il encore demain?".
J'estime que la France est en effet placé sous respiration artificielle depuis Bruxelles et Francfort, dont le traité Lisbonne de 2005 contre l'avis des français, et qu'il est grand temps de s'occuper son rétablissement durable.

En somme, être de droite signifie défendre et promouvoir la France de toujours, Celle qui rejette complètement la révolution, la république et tous leurs faux principes, leurs fausses valeurs. Cela signifie aussi s'engager dans un combat pour la France et ses intérêts vitaux comme secondaires.
Le socialisme républicain au sens très large (puisqu'il englobe toutes les tendances et partis republicains) n'a toujours produit que des guimauves humanoïdes, qui même enragées restent des guimauves, telle une masse formatable à merci.
Donc je n'ai pas peur du retour de la dictature en France car nous y sommes déjà depuis 1789-La-terreur, et donc j'applaudirai vivement le retour d'une dictature de droite anti-socialisme&anti-nationalisme dans notre beau pays car les excès précédents en appellent d'autres tout aussi vigoureux, mais c'est pas grave, c'est simplement une question de vie ou de mort du pays... Personnellement, j'ai toujours connu mon pays comme mort, donc je n'ai pas peur de le voir revivre par cette manière forte là.
Bon, cela n'est pas immédiatement pour demain, mais personnellement vu le multiculturalisme qui se développe très vite en France, je me prépare mentalement à la guerre civile, qui va être rude, très rude, mais j'ai déjà choisi mon camp et mon drapeau...Les seuls vraiment de droite!

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Re: Être de droite

Message par Alain le Sam 28 Jan 2017, 16:08

Je continue à préférer l'articulation conservatisme/ progressisme à celle de droite/gauche: En France, de nombreux "gens" de droite se sont révélés être d'immondes progressistes pillards, des démolisseurs, des vat-en-guerre enragés qui voulaient imposés leur vision de l'avenir au nom du progrès...
Mieux vaut faire une séparation entre les croyants adeptes du Dieu progrès ( autant communistes comme l'auteur du "Droit à la paresse", que fasciste comme celui du "Manisfeste du surréalisme".): Les progressistes ont le viol moral des anciens dans leur cœur... Or au troisième millénaire, époque où la définition et le sens sont oubliés, nous pouvons rencontrés de vrais conservateurs dans un au de là de la séparation artificielle droite/gauche.
Ainsi, un homme "signifié" comme étant de gauche pourra défendre magnifiquement l'enseignement des structures de composition de la musique traditionnelle alors qu'un homme "signifié" de droite pourra s'acharner à faire raser une bibliothèque centenaire au nom d'un profit électoral et financier à court-terme pour faire un énième supermarché discount. Par là, cette dichotomie ne fait pas grand sens!

Un point amical: " Une dictature anti-socialiste et anti-nationaliste"... Je crois, çà ne peut pas exister! Si nous arrachons le socialisme et le nationalisme de notre pays pour les reléguer dans les poubelles de l'Histoire, c'est qu'il n'y aura plus de dictature mais un royaume de France. Et... C'est bien différent de ces bricolages opportunistes d' assoiffés de pouvoir et d'argent! Quant à la guerre civile, il me semble que le territoire de ce qui fut la France est en guerre perpétuelle depuis bientôt 228 ans. Il ne faut pas oublier que la république française est le "pays" le plus belliqueux du monde devant les USA.

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Re: Être de droite

Message par Alain le Sam 28 Jan 2017, 16:11

Pardon, je pensais "Manifeste du futurisme" de Marinetti et non "Manifeste du surréalisme"! Embarassed

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Re: Être de droite

Message par Mickaelus le Dim 29 Jan 2017, 20:20

Poser cette question sur ce qu'est véritablement "être de droite" sur un tel forum était assez rhétorique car en fin de compte, il s'agit effectivement de se rendre compte que la véritable droite, c'est la défense d'une France antérieure à la Révolution et au clivage gauche-droite : les premiers hommes politiques pouvant être dits de droite l'étaient à contre cœur, même si très rapidement, la gauche a su imposer les valeurs révolutionnaires comme inaliénables et source de positionnement, en vertu d'une hégémonie culturelle dont nous peinons à sortir dans la douleur. Dès lors, on ne peut qu'être d'accord avec la première partie de la conclusion de Clovis. Il faut ajouter à cela des définitions transcendantes et universelles extraites de la tradition catholique, car on ne peut se contenter d'un point figé dans le temps, tout intéressant et valable qu'il soit.

Calliope a cependant raison de remettre en question la fin de cette conclusion : une dictature nationaliste (elle l'est toujours, même quand elle s'appelle communiste) est rarement autre chose qu'un enfant bâtard de la Révolution dite française, avec une structure socialiste autoritaire qui saupoudre parfois quelques éléments culturels traditionnels sur la mixture qu'elle offre au peuple. Il y aurait peut-être une référence historique qui correspondrait à ce à quoi pensait Clovis, la période lors de laquelle a gouverné Franco en Espagne, avant de rétablir la monarchie après lui, mais c'est vraiment une exception. Et sans doute a-t-il permis cela comme un moindre mal, sentant peut-être venir une révolution libérale qui aurait été pire à ses yeux - la monarchie espagnole s'est bien vite libéralisée hélas, mais c'est un autre problème. Peut-être même la Russie actuelle aurait-elle un peu de cela, même si je ne la vois pas comme une dictature au sens habituel. Toujours est-il que ces régimes, sauf pour l'exemple espagnol, sont rarement volontaires pour contribuer au rétablissement d'une monarchie traditionnelle. Chez nous, les Napoléon ont préféré se sacrer eux-mêmes... Il demeure vrai que voir le rétablissement d'une monarchie saine et traditionnelle aurait de fortes chances, hélas, de se faire dans la douleur, ou il faudrait au moins qu'un choc bouleverse la perception des choses des Français : mais cela n'a aucun rapport avec une éventuelle transition nationaliste qui n'a rien à voir avec la pensée légitimiste.

La question du conservatisme et du progressisme évoquée par Calliope est intéressante également, mais j'ai envie d'écrire que tout dépend du point de référence, car il faut bien conserver quelque chose et être progressiste à partir de quelque chose, ce ne sont pas des notions absolues, à moins de considérer qu'il existerait une noblesse humaine universelle comme référence, que l'on pourrait dessiner à partir des vertus chrétiennes, mais cela ne fonctionnerait pas pour autant pour la situation historique qui s'inscrit nécessairement dans une chronologie. Et puis, comme le suggère aussi le propos de Calliope, il y a des profils composites, c'est-à-dire que certaines personnes, on le voit bien en politique, sont tantôt conservatrices quant à tel sujet, et progressistes quant à tel autre. C'est sans doute pour cela que j'évite ces termes, même si certains comme "réactionnaire" sont connotés assez explicitement, mais jusqu'à certaines limites ; "contre-révolutionnaire" c'est déjà mieux, parce qu'on sait de quelle Révolution on parle dans le contexte français. Pour ma part, légitimiste, contre-révolutionnaire, absolutiste sont des principes qui me semblent assez explicites. Conservateur n'est pas exclu bien sûr, mais il faut le définir.

Je ne redirai pas grand chose sur la souveraineté évoquée aussi au début du message de Clovis, sinon que l'on a pu voir que le clivage gauche-droite, justement, était en passe de voler en éclat, selon sa définition traditionnelle du moins, lors des débats sur le referendum de 2005. Mais, là encore, ceux qui se disaient souverainistes, à gauche et à droite d'ailleurs, le faisaient plutôt par rapport à une notion d'indépendance relative de la France contre une trop grande ingérence de l'Union européenne, sans que cela ne mette en cause la problématique de la souveraineté populaire, qui est une fiction à laquelle plus personne ne croit beaucoup dans les partis traditionnels et dominants (d'où la grande peur de personnages comme Trump qui parlent de rendre le pouvoir au peuple). En vérité, il n'a jamais existé de souveraineté populaire, mais une forme d'oligarchie des partis, et il s'agirait de faire comprendre aux Français qu'avoir un vrai souverain, soit le roi, ne leur ôterait pas des droits en fait fictifs, mais leur octroierait plutôt des libertés réelles (cela se complique du contre-modèle des monarchies européennes d'aujourd'hui où le monarque règne sans être souverain en quelque sorte). Nous en arrivons là au parlementarisme : effectivement, un roi souverain ne peut cohabiter avec une assemblée des partis qui serait souveraine elle aussi, ce serait un contre-sens. Et quant aux libertés évoquées, elles pourraient consister en une sortie de l’État jacobin : au roi le pouvoir absolu, les compétences régaliennes et civilisationnelles, avec un modèle politique décentralisé s'agissant de ce qui concerne le quotidien des gens.

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