Louis XVI, un roi éclairé ?

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Alain le Lun 15 Fév 2010, 22:43

Bonsoir Henry: Je pense que la raison participe de votre regard. Néanmoins, je n'ose pas ( en cause est mon coeur trop faible!) prononcer les erreurs de ce Roi "trop humain". Il est des hommes trop purs pour leur fonction. Je pense qu'on ne peut condamner un homme pour sa pureté et son innocence... Même si temporellement son règne a fini dans le plus indiscible chaos, je me sens en "proximité" avec la douleur infamante dont ce Roi a été victime: Elle est incommensurable; infinie... Crying or Very sad
Alors, comme je ne suis qu'un "couillon" trop sensible, je préfère un regard compatissant et solidaire devant l'éternité à l'endroit de ce "gentil" Roi. Ce n'est pas parcequ'on ne sait pas voir le loup venir dans la bergerie qu'on est un mauvais chasseur; c'est simplement parcequ'on est trop "Bon"!

Bonsoir Lulo: "La question de la Vérité", comme vous dîtes, a changé de paradigmes depuis Saint Thomas... Il ne s'agit plus de valider un discours prononcé unilatéralement par des "gens" qui y sont autorisés mais de comprendre les modes de déploiement sous-jacents aux non-dits ambiants. Plus clairement, il nous faut mettre en évidence le réseau logique oeuvrant dans les différentes configurations de la propagande contemporaine: Ce réseau pensant est intégralement évolutif, modulable et s'affirme comme source de convivialité pour le plus grand nombre. Mettez-vous bien en tête que si un système aussi peu fiable et autant navrant pour les questions morales que l'est le modèle républicain perdure, c'est bien parcequ'il sait jouer jusque dans des logiques de l'ubiquité, de l'effet ré-organisant sa propre cause! Bref, en face d'un pareil hydre monstrueux, votre tradition ( bridée au thomisme) est sans effets. Et, là où je m'inquiette, c'est que si vous ne voulez pas aborder certains génies de la pensée honnête, votre dogme risque de vous faire aller vers un "remake" d'un certain Pol Pot ( Bon... Je schématise absolument! Dîtes vous bien que je ne souhaîte par là que vous réveiller de votre "dogmatique sommeil"!).
Si nous revendiquons le Temps de la Tradition, de la perpétuation de l'héritage; il ne faut pas omettre l'écoulement d'une certaine durée- intervenant depuis la chutte de la monarchie- qui a vu de vrais bouleversements scientifiques comme dans l'art du concept. La réalité est un paramétre... Tout comme le fait que nous sommes contemporains de "notre" époque ( même si comme vous, je m'en sens étranger! Crying or Very sad ).
Enfin, pour percer l'oeudème qui nous sépare, je crois qu'il faut se dire que "la mise à l'index" est terminée! Et oui, depuis 1966 et Paul VI ( je pensais que c'était beaucoup plus ancien Embarassed ). Aussi, je conçois que vous vous en teniez "au plus sûr" selon vos paramétrages propres. Néanmoins, je crois sincèrement que RIEN de ce qui témoigne d'une reconnaîssance de la spiritualité catholique ne saurait être remis en question par l'évocation de génies comme Hume, Kant, Spinoza ( y'a-t'il eu homme plus sensible et gentil que ce dernier,) ou Frédéric II de Prusse... Ma direction est-je crois- celle qui se dirige vers la Maison de Bourbon. Et, ceux dont j'ai évoqué la mémoire en en cîtant le nom, ne sont en rien des hérétiques et encore moins des pervers condamnables pour quel motif que ce soit. C'est ainsi!
L'art du politique n'est plus dans la staticité du dogme, il est dans une dynamique dont la synthèse prononçant la Vérité alterne multiples prononcés pour demeurer égale à elle-même dans son irrévocable unité pérenne. Mais c'est vrai que pour çà, il faut sortit de la gentille Université St. Thomas ( elle devrait se nommer ainsi) de la FSSPX et aller de l'avant en direction de ce qui est contemporain ( même si c'est pas du tout réjouissant!).

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par lulo le Lun 15 Fév 2010, 23:08

Cher Calliope,

Ce que vous écrivez ne fait que confirmer ce que j'ai dit: votre philosophie est relativiste et évolutionniste, elle est à l'opposé de la Foi catholique et du thomisme.
Par conséquent, elle est irrecevable: l'Eglise a l'autorité pour enseigner la Vérité, vous, non.

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Alain le Lun 15 Fév 2010, 23:32

Trés cher Lulo,

Vous avez raison! Je vais certainement rôtir pour l'éternité des Temps au côté d'entités infectes comme Balzac, les Dumas, Descartes, Flaubert, Rabelais, Kant, Hume, Zola, Spinoza, Malaparte, Hobbes, Moravia ( et j'avoue même que "Desideria", roman de ce dernier est l'ouvrage que je considère comme le plus chrétien et le plus anti-révulutionnaire du siècle passé...). Bref, si, en plus, j'ai droit à Louis XVI, je pense que ma damnation a pour vocation une magnifique transcendance! Very Happy

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Henry le Mar 16 Fév 2010, 00:14

Cher Calliope, vous levez le voile sur la charité "sociale" de son Altesse Louis XVI, et mon émotion parfois est grande, quand le côté chrétien du roi le revêtait avec le roseau et la couronne d'épines, nous restons bouche bée devant les tribulations de cette royale famille.
N'ayez crainte, je ne répéterais pas ce récit de haute volée.
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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Alain le Lun 22 Fév 2010, 22:17

Lulo: La pensée qui- je crois - m'habite et dont j'essaie de témoigner est simplement évolutive et réactive dans la mesure où, pour demeurer Un dans l'identité de ce que nous sommes, il y a une nécessité de recadrage permanent pour rester simplement en "course" dans le monde contemporain: Il ne s'agit pas de devenir protéïforme dans une logique d'affirmation où le même et l'autre se mélangeraient dans une logique de métissage. Mais, simplement, de rester présent; "contemporain" depuis le discours ambiant à partir d'un immuable se devant de s'adapter dans l'offrande de sa forme sensible.
Ne reconnaissant pas la binarité et la vulgarité d'une altérité fondatrice des forces de propositions conceptuellles, la critique que vous formulez à mon endroit est sans échos.

Henry: Merci! Tant qu'un irréductible commun habite le coeur des hommes; alors, ils peuvent être ensemble!

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Henry le Mar 23 Fév 2010, 01:23

Calliope,
la logique de Kant et non ses disciples, manque de plusieurs, si je puis dire, discernements. Si l'on applique l'écoute ou la lecture, qui se porte ensuite à l"assimilation, au raisonnement, et dernièrement aux jugements n'impliquent qu'une philosophie forte, mais primaire. Et cette succession de logique, prendra la tangente à l'orthodromie(suite logique"logos" dans le temporel) et à l'orthodoxie(suite logique"logos" dans le spirituel) de façon simple, par ce que les évenements et les causes ne sont pas toujours humains.

En contrepartie dans la Vérité, la définition de ces dogmes tient dans le cathéchisme, ensuite dans la Somme,(a lire avec l'Imitation) ou Bossuet dans l'éducation du dauphin avec la partie historique pour le développement ensuite. Parce dans la même mesure, vous voyez à travers Kant. Mais lisez la Somme, dans la prière et la méditation, ensuite Bossuet ou Bourdaloue, ou le Syllabus de Pie IX, vous verrez que la déduction, par leur travail et au dessus le St Office(droit canonique), cette vision vous éclairera autrement. A consommer avec modération.
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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par lulo le Mar 23 Fév 2010, 10:42

Cher Calliope,

J'entends (à peu près!) ce que vous dites. Mais ça ne change pas grand chose: votre pensée évolutive est une négation de l'immutabilité de la Vérité et du réel, et de ce fait, de la Révélation: "mes paroles ne passeront pas".

Le recadrage permanent à faire, est celui qui nous porte à quitter notre subjectivité pour l'objectivité du réel naturel et révélé.

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Pilipe31 le Lun 17 Mai 2010, 16:11

Comme nous entendons et lisons tout et son contraire au sujet de Louis XVI, je pensais nécessaire de rappeler sa popularité par cette chanson paysanne de 1784 : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Les paroles sont ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par info001 le Lun 24 Mai 2010, 19:27

Il faut savoir que Louis XVI avait été initié, dans son enfance, à la loge des trois frères, et que ce "contre sacrement " a certainement obéré les effets de son sacre, de sorte qu'en certaines occasion notre bon roi a "manqué de couilles": il aurait du embastiller voire executer les meneurs, au début, et c'aurait été fini!
de meme , lorsque l'honneur de son Epouse aété mis en jeu, lors de l'affaire du collier..
L'on sait, d'ailleurs, que plusieurs voyaient en Marie Antoinette "l'homme de la famille!
Celà ne remet pas en cause sa force de caractère devant les epreuves qu'il a subies et le caractère authentique de son martyre, car c'est bien en haine de la Foi qu'il a été assassiné!

Celà dit, l'infect esprit des parlements (qui subsiste de nos jours, en ce que l'on appelle "la justice") n'est certainement pas pour rien dans la remise encause de l'absolutisme royal, et meme de l'autorité de l'Eglise, puisque ces bons messieurs auraient souhaité que l'enseignement du PApe passe par leur contreseing!!!

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Pilipe31 le Lun 24 Mai 2010, 20:37

Concernant l'appartenance de Louis XVI à la maçonnerie, il s'agit plus que vraisemblablement d'une mythographie, comme il y en a tant autour des grands personnages historiques ou de sainte Jeanne d'Arc.

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Vieux chouan le Lun 24 Mai 2010, 22:14

L'appartenance de Louis XVI à la FM ne semble pas prouvée, mais il est certain que Provence et Artois y ont appartenu et que son grand maître était le duc d'Orléans.

Alors de là à penser que Louis XVI n'y avait pas échappé...

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par info001 le Lun 24 Mai 2010, 22:28

Il a été retrouvé des lettres de Marie Antoinette qui écrivait benoitement que "toute la cour y était", en parlant des loges maçonniques...

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par lulo le Ven 28 Mai 2010, 11:02

On aimerait des preuves un peu plus étoffées... Vieux Chouan et Philippe de L. ont parfaitement raison.

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Re: Louis XVI, un roi éclairé ?

Message par Mickaelus le Mar 22 Jan 2013, 21:36

J'avais oublié de le publier ici hier en temps et en heure, donc voici un peu en retard ces quelques pages que Louis de Bonald a écrites sur le règne et sur la mort de Louis XVI :

Louis de Bonald a écrit:Louis XVI, né à Versailles le 23 août 1754, était le second fils de Louis, Dauphin de France, et de Marie-Josèphe de Saxe. Il reçut en naissant le titre de duc de Berry. Son âme franche et sans déguisement s'ouvrit de bonne heure à tous les sentiments vertueux, et son esprit droit et sérieux à toutes les connaissances utiles. Mais la fermeté et une juste confiance en lui-même, manquèrent à son caractère ; et ce défaut .rendit inutile ou funeste tout ce qu'il avait reçu ou acquis pour sa gloire et pour le bonheur de ses peuples. Son éducation fut celle des rois dont les instituteurs oubliaient trop souvent que la même doctrine qui leur enseigne à modérer leur pouvoir leur commande surtout de le maintenir. En 1765, il perdit son père, qui laissait tant de regrets, et bientôt après sa mère, qui ne put survivre à son époux. La douleur du jeune prince fut extrême : il refusa longtemps de sortir ; et lorsqu'on traversant les appartements il entendit dire pour la première fois : Place à M. le Dauphin, des pleurs inondèrent son visage, et il s'évanouit. Le premier événement de sa vie fut son mariage avec la fille de l'immortelle Marie-Thérèse, Marie-Antoinette d'Autriche, qui devait partager son trône et ses malheurs. Les fêtes données à l'occasion de ce mariage (16 mai 1770) mal ordonnées par la police, coûtèrent la vie à un grand.nombre de spectateurs ; triste présage du sort qui attendait ces époux infortunés ! Bientôt la mort de Louis XV (10 mai 1774) lui imposa un fardeau qu'il n'accepta qu'en tremblant. La faveur publique s'attache d'ordinaire aux jeunes rois : Louis XVI, âgé de vingt ans, la méritait à bien d'autres titres ; et il en reçut, à son avènement au trône, les témoignages les moins équivoques. Son premier soin avait été d'appeler au ministère M. de Machault, digne de cet honneur, et capable de diriger la jeunesse du monarque dans les circonstances difficiles où se trouvait l’État. Une intrigue de cour l'écarta et mit à sa place le comte de Maurepas, courtisan profond dans l'art de l'intrigue, superficiel dans tout le reste, et dont le grand âge n'avait pu guérir l'incurable frivolité. Trop vieux pour un roi de vingt ans, et qui avait besoin d'être enhardi, il intimida sa jeunesse sans guider son inexpérience. Louis XVI avait de la bonté dans le cœur, mais quelque rudesse dans les manières ; et ses premiers mouvements contre tout ce qui s'écartait de l'ordre, se ressentaient de la franchise de son caractère et de l'austérité de ses vertus. M. de Maurepas, qui se jouait des choses les plus sérieuses et voyait tout avec indifférence, adoucit beaucoup trop cette disposition, qui ressemble quelquefois à de la force de caractère, et peut du moins en dissimuler l'excessive débonnaireté. Dès lors Louis XVI n'agit que sous l'inspiration de ses ministres ; il .appela successivement ceux que lui désignaient, d'une part, Maurepas, et de l'autre une prétendue opinion publique, que l'intrigue et les intérêts personnels font parler à leur gré, et qui malheureusement est la seule que les rois soient condamnés à entendre. Ce furent : Turgot, partisan fanatique de cette politique matérialiste, qui ne voit dans le gouvernement des peuples que de l'argent, du commerce, du blé et des impôts, fier de se croire le chef d'une secte dont il n'était que l'instrument ; Malesherbes, ami de Turgot, qui avait à la fois des vertus antiques et des opinions nouvelles ; Saint-Germain, élevé dans les minuties de la tactique allemande, qui détruisit le plus ferme rempart de la royauté, la maison du roi, dont la bravoure et l'incorruptible fidélité ne pouvaient racheter, aux yeux des faiseurs militaires, ce qui lui manquait en précision dans les manœuvres et en rigidité dans la discipline ; Necker, enfin, banquier protestant et Genevois, et, à ce double titre, imbu de cette politique rétrécie qui veut régler un royaume sur le système d'une petite démocratie, et les finances d'un grand État comme les registres d'une maison de banque ; qui s'irrite contre toute distinction autre que celle de la fortune, et ne voit dans le dépositaire du pouvoir monarchique que le président d'une assemblée délibérante ou le chef d'une association commerciale, révocable au gré des actionnaires. Aucun de ces hommes ne comprenait la monarchie française, et il eût suffi de l'un d'eux pour la renverser. Louis XVI, naturellement porté à l'économie, commença son règne par des retranchements sur ses dépenses ; réductions qui honorent la modération d'un souverain, quand elles ne coûtent à la royauté aucun sacrifice sur ses droits et sa dignité. Il remit au peuple le droit de joyeux avènement ; il établit pour Paris le Mont-de-Piété et la Caisse d'escompte ; il fit cesser les craintes d'une banqueroute en assurant le payement des rentes sur l'hôtel de ville ; il abolit les corvées, qu'il convertit en impôt pécuniaire ; et il abolit aussi dans la Franche-Comté un reste de servitude territoriale, dont n'avaient peut-être jamais entendu parler ceux qui firent de cet affranchissement un texte aux plus emphatiques éloges ; il supprima la torture ou question judiciaire avant la condamnation à mort, sévérité à peu près tombée en désuétude, mais dont la menace importunait les conspirateurs. Louis XVI rendit plus tard aux protestants la plénitude des droits civils (1787), en imprimant à leurs mariages un caractère légal ; bienfait immense, n'eût-il été qu'un acte de justice, et trop mal reconnu. Enfin, il essaya des administrations provinciales, formées par Necker dans des vues et sur un plan assez peu monarchiques. Cette nouveauté était d'une extrême conséquence : avec l'esprit qui régnait alors, c'était faire un changement de front sous le feu de l'ennemi. Louis XVI, en montant sur le trône, avait rappelé les compagnies de magistrature, remplacées sous son prédécesseur par des juges sans dignité et sans influence politique. La cour, qui depuis longtemps croyait gouverner toute seule, quand elle ne faisait qu'administrer, oubliait que la France n'avait jamais été et même ne pouvait, dans les temps difficiles, être régie que par l'autorité de la justice, qui rendait la royauté présente aux peuples dans toute sa force et sa majesté. Renfermés, sous les rois forts et les règnes tranquilles, dans les fonctions modestes de la justice distributive, ces grands corps en sortaient par nécessité, sous les règnes faibles et dans les temps orageux, pour exercer, à la place du roi, un pouvoir qui, échappé de ses mains, serait tombé dans celles d'un ministre ou d'un favori. Sous les rois forts, comme sous les rois faibles, instruments des uns ou appui des autres, ils avaient fait la royauté dépendante des lois et indépendante des sujets, et rendu la législation imposante, l'obéissance honorable : puissants à servir le pouvoir, ou a le suppléer, incapables de l'usurper eux-mêmes, et opposant à toute autre usurpation un obstacle insurmontable ; tels avaient été jusqu'à ces derniers temps, les parlements de France, heureux tempérament d'aristocratie et de démocratie, confondus dans une magistrature véritablement royale, et qui, seule en Europe, avait donné à la haute police, à la police des révolutions, ces formes augustes et solennelles qui, dans l'exercice de .l'autorité, ne laissait voir que la justice, et dans l'emploi de la force, qu'un jugement.
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