Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

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Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Ordre naturel le Lun 11 Oct 2010, 02:47

Suite aux discutions que j’ais eu sur ce sujet, je pense important de développer des considérations sur l’orléanisme suite à une étude ontologique et empirique.

Tout d’abord qu’est ce que l’orléanisme ? Au sens strict, c’est soutenir la dynastie d’Orléans pour la couronne de France. Maintenant il y a des faits historiques qui contribuent à donner au nom des connotations.

Tout d’abord l’orléanisme est né sous le règne de Louis XV et non en 1883 comme voudrait le faire croire certains. Il n’y avait pas par contre comme on pourrait le penser dans les rangs des orléanistes de jadis que des marionnettes ou des ‘‘suppôts’’ de la famille Orléans. Non il y avait sous cette bannière un bloc idéologique certes hétérogène mais identifiable. Globalement ils étaient pour un Etat fort, méprisant envers les traditions et les souverainetés des localités, assez proches à la fois des esprits les plus modernistes des anglais et des clubs de pensée français les plus anti-cléricaux. A la révolution, nombreux révolutionnaires furent orléanistes ou proches de ce mouvement notamment Mirabeau connu pour la fameuse réplique insolente et agressive des états généraux qui fut un des éléments déclencheurs du ‘‘phénomène’’ révolutionnaire.

Bien entendu il y aurait beaucoup à dire sur la détestable personne de Philippe-égalité, mais pour être honnête on ne peut pas considérer que l’orléanisme en soit issu de l’idéal ultra- révolutionnaire, il n’en demeure pas moins qu’au moins jusqu’à l’exécution de Louis XVI, soit après le 10 août, les massacres de septembre, la proclamation de la république est tout ce qui va avec les orléanistes suivaient touts leurs représentants.

Il n’en demeure pas moins non plus que tout les orléanistes d’alors, soutenaient la quasi totalité de l’idéologie révolutionnaire, qu’ils étaient souvent contre toutes idées de véritable contre-révolution, ils voulaient en fait couronner la révolution par la tête de Louis Philipe. Je m’explique, ils étaient dans leur quasi-totalité viscéralement anti-cléricaux, anti-féodaux et favorables idées des lumières. De façon générale les orléanistes furent les alliers objectif de la révolution.

Sous la restauration ils gonflent les rangs des dits ‘‘libéraux’’ et critique en permanence le pouvoir en place ainsi que la charte qu’ils estiment trop réactionnaire. L’ors du mouvement de 1830 les Orléans arrivent à leurs fins par l’usurpation de Louis-Philippe et déchristianise de toute ses force la France, centralise à outrance, massacre les résistants vendéens et par dessus tout prône une vision révolutionnaire de l’histoire et de la philosophie, il finance nombreux historiens anti-cléricaux et ‘‘progressistes’’ pour réécrire l’histoire notamment le très fameux Michelet qui ont le sait peu par rapport à ses collègues de cette époque étaient des plus tendres, certains étant presque du Maurice Lachatre avant l’heure, il tentera d’éradiquer les crimes commis en Vendée sous la révolution et sous son règne révolutionnaire.

Je sais que certains orléanistes vous répondront que Louis-Philippe ne peut représenter la pensée orléanistes dans on ensemble, mais il faut bien avoir conscience que cela n’est qu’une posture de façade utilisé pour se justifier devant un légitimiste. La vérité est que même si ont ne peut pas dire que la monarchie de juillet soit le modèle absolu des orléanistes elle n’est est pas moins très soutenu est estimé. En effet la version classique de l’AF et de ses sympathisants est que Charles X n’avait pas véritablement comprit la nature de la politique, qu’il était trop dogmatique et que Louis Philippe fut un peu le sauveur pour dix-huit ans. Mais après bien entendu il est plus aisé de prétendre que l’orléanisme n’est que le monarchisme traditionnel en mésentente sur les lois de successions avec les royalistes pures.
On me répondra certainement qui plus est que même si ce que je dis est vrai un vrai royaliste contre-révolutionnaire qui aurait une lecture erronée des lois de succession pour penser que le trône doivent revenir aux Orléans serais de facto un orléaniste sans qu’à priori ont puisse lui reprocher d’être monarchien ou révolutionnaire.

Pour répondre à cela je rappellerais que dans les faits il y a que l’ont le veuille ou non une constante, l’orléanisme comme les orléanistes se basent sur l’Action Française principalement, avec bien sur les penseurs dont ils sont les héritiers ; La Tour du Pin, Le Play et Albert de Mun. La thése de l’action française est une monarchie par utilité et non par droit ce qui est fondamentale, de plus c’est le nationalisme, soit la défense d’un état-nation, l’autoritarisme politique au sens moderne, qui plus est pour l’Action Française la religion n’est qu’un outil de l’état comme dans la conception machiavélique, ce qui est fondamentalement en contradiction avec la doctrine de l’église et je passe sur la condamnation par le magistère de ce mouvement.

Sinon il y a les orléanistes socialisants, écologistes et j’en passe, regroupé surtout dans le NAR si je ne me trompe pas de nom. Ceux là sont très peu nombreux puisque très peu de choses les différencient des républicains socialistes, ils veulent une monarchie de forme dès l’ors le problème royale perd son importance.

Voici globalement l’orléanisme, après il faut bien reconnaître qu’il est je dirais théoriquement possible qu’une personne se basant sur des vrais principes monarchiques et de faux principes sur les lois de succession soit un royaliste orléaniste, mais d’une part son erreur n’en sera pas moins une, d’autre part il est évident qu’il sera rejeté par le reste du mouvement puisque ses principes s’opposeront à la vision orléaniste. Il est manifeste que les orléanistes de nos jours sont des tenants des position que je vient d’exposés et qu’il ne voient Maistre ou Bonald que comme référence de leurs auteurs utilisé pour les fins de ses auteurs.




Dernière édition par Ordre naturel le Jeu 14 Oct 2010, 17:57, édité 1 fois
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Mar 09 Fév 2016, 00:26

J'ai cherché dans la semaine du 20 mai 1920 de l'action française un article sur la canonisation de Sainte Jeanne d'Arc.

Pour le 16 mai un article titré "Du Bucher à la gloire; les étapes de la béatification et de la canonisation de Jeanne d'Arc;

de l'Action Française du 20 mai 1920



C'est un peu dommage, cette erreur de date au jour de sa canonisation.
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Beaujeu le Lun 14 Mar 2016, 16:22

Les querelles dynastiques entre orléanistes et légitimistes sont largement basées sur l'interprétation des lois fondamentales du royaume.
Supposons pour un instant les lois fondamentales favorables à l'attribution du trône à un orléans.
Rien en théorie, rien, ne saurait passer plus haut que les règles de dévolution de la couronne.
Rien... même une tête de roi dans le panier ?
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Alain le Lun 14 Mar 2016, 23:18

Je vous en prie Beaujeu, soyons sérieux. Les Lois ne sont pas circonstantielles, aléatoires et évènementielles. Des lois qui seraient fondamentales et consacreraient un descendant de Monsieur Egalité? Non! Je préfère aller noyer mon chagrin que provoque votre raisonnement dans mon Pub" préféré!

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Mar 15 Mar 2016, 08:14

Beaujeu écrit:
Supposons pour un instant les lois fondamentales favorables à l'attribution du trône à un orléans.
Rien en théorie, rien, ne saurait passer plus haut que les règles de dévolution de la couronne.
Rien... même une tête de roi dans le panier ?
Fin de citation.

Les Orléans se sont toujours assis sur les lois fondamentales, comme Ferdinand VII, parce qu'elles ne sont pas pour leur intérêts, et quand on relègue des lois royales à de simples lois de cours de miracles, je laisse à la discorde de tels penseurs, et de telles pensées. Sainte Jeanne d'Arc doit se retourner dans son bûcher, que les anglais d'ailleurs, n'ont pas pu faire à Orléans.

Et puis il faudrait qu'ils paient quelques terroristes pour supprimer tous leurs ainés sur la liste agnatique.

Belle remarque pour un serviteur de la famille d'Orléans, pour la semaine de la Passion du Roi des Cieux. Après avoir lorgné le Trône, vont-ils lorgner l'Autel, et le mettre à terre comme les briseurs de Calvaire de 1832?

Quand on fait de l'humour caustique sur la tête du roi, comme d'un ballon de basket, vous serez parfait pour jouer le révolutionnaire qui la sortira, la tenant dans sa main, pour l’exhiber à la populace.

Vos semblables ont mis dehors Ordre Naturel, et vous venez ici le narguez sur un de ses posts... Même silencieux, il vous énerve?
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Alain le Mar 15 Mar 2016, 16:43

Merci Henry pour votre bon sens que vous avez le talent, historiquement, de prononcer depuis notre essence partagée.
Beaujeu... Je n'ai pas été au "Pub" hier soir pour y oublier votre insolence. Je suis resté chez moi découragé depuis votre dérive. Mais que vous arrive t'il? Vous savez, si vous rencontrez de nouvelles dynamiques sur le "forum du royaume de France" de Kardaillac ( il me semble bien), il vous faut faire abstraction des dérives national-républicaines que celui-ci comporte incessament. Je m'y suis inscrit et n'ai jamais voulu y poster: Déjà, parce que je suis fidèle à Mickaëllus, et parce que ce forum dérive trop souvent en direction de l'orléanisme et de la droite nationale, ce que je considère comme un dérapage extrêmement gravissime. J'ai énormément de peine de rencontrer votre nouvelle tonalité tellement cynique qu'elle a blessé Henry et moi-même. Alors, ressaisissez-vous! Je vous souhaîte un "heureux habiter", comme je dis souvent aux personnes que je respecte.
Amicalement.

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Mickaelus le Mar 15 Mar 2016, 19:43

Beaujeu a écrit:Les querelles dynastiques entre orléanistes et légitimistes sont largement basées sur l'interprétation des lois fondamentales du royaume.
Supposons pour un instant les lois fondamentales favorables à l'attribution du trône à un orléans.
Rien en théorie, rien, ne saurait passer plus haut que les règles de dévolution de la couronne.
Rien... même une tête de roi dans le panier ?
Mes chers amis, je pense qu'il serait préférable, avant tout éclaircissement de l'intéressé, de demeurer mesurés dans l'appréciation de ces propos qui sont peut-être avant tout mal formulés (ou pas assez explicites) et maladroits - tout particulièrement la fin j'en conviens, mais j'y reviendrai. Du moins est-il possible que Beaujeu ait voulu un instant, comme il l'écrit, imaginer une situation différente de celle du monde réel, dans laquelle il n'existerait plus aucun Bourbon et dans laquelle, alors, les Lois fondamentales désigneraient les Orléans malgré leur passif. Justement, la dernière phrase ne serait alors pas la pensée propre de Beaujeu, mais la transcription (un peu comme au "style indirect", comme le disent les littéraires) de l'horreur de pareille situation : les Lois fondamentales, même si les orléanistes avaient raison (et ce n'est pas le cas) ou s'ils étaient les derniers successibles (Dieu nous en préserve) pourraient-elles s'appliquer alors même que les Orléans sont issus d'un régicide (ainsi que d'une usurpation) ? Si cette interprétation est exacte, ce message voulait simplement dire que le régicide disqualifie d'emblée la lignée des Orléans pour Beaujeu. Même s'il ne faut surtout pas négliger l'explication des Lois fondamentales et de l'orléanisme en tant que pensée politique complexe - la Restauration ayant peut-être un peu trop "oublié" et "pardonné", pour reprendre la formule célèbre de Louis XVIII.


Si je privilégie cette interprétation en l'état, c'est aussi parce que j'ai du mal à croire que quelqu'un de l'âge de notre confrère en ce forum, puisse changer à ce point en quelques semaines seulement. Voyons ce qu'il écrivait encore fin décembre 2015 :
"Vive le Roy" en effet a été fermé voici quelques semaines.
Il ne limitait d'ailleurs pas ses idées restauratrices à l'orléanisme. J'y lisais il n'y pas longtemps ce que j'ai compris ainsi : un prince nouveau, issu de lui-même, que légitimerait sa valeur politique, vaudrait mieux à tout prendre qu'un descendant légitime jugé trop peu sûr de lui pour faire un roi bien fameux.
Eh bien, il ne reste après cela qu'à rentrer se coucher.
(Source)

Ou bien encore au sujet d'Ordre Naturel, dont Henry prend la défense, il y a deux mois pour le centenaire de notre ami disparu :
Je me joins à votre rappel, pour avoir exprimé ma désapprobation aux modérateurs d'un autre forum qui avaient jugé sa présence gênante, hélas.
(Source)


Ainsi, je ne vois rien dans ces deux messages très récents, qui laissent croire à une conversion à l'orléanisme, ni à un manque de respect envers la mémoire d'Ordre Naturel - au contraire, puisqu'il était contre son éviction du forum Vive le Roy. D'ailleurs, Calliope, c'était bien sur ce dernier forum qu'officiait Kardaillac, forum qui était effectivement très friand du royalisme dévoyé ou du compromis nationaliste de l'Action française (ce forum VLR a-t-il connu une postérité sur Facebook ou ailleurs, je l'ignore parfaitement) ; le "forum du royaume de France", à ce que j'en sais, est le forum officiel de l'UCLF créé pendant mon absence de 2010-2012, et qui soutient la ligne qui était celle de Mavendorf et Lulo sur ce forum, si je ne m'abuse.

Enfin, je suis touché par toute bienveillance ou fidélité à mon égard, même si tout ce que je demande à chacun est de porter une parole de vérité là où il estime bon de porter ses pas, ou ses écrits. Je n'écris sur aucun autre forum politique pour ma part (je ne parle même pas de Facebook qui semble avoir pris le relai des fora dans une large mesure), je n'en vois pas vraiment l'intérêt. Le forum politique, d'après mon expérience, est avant tout un concentré de haine et de mauvaise foi, sauf quand on connaît le miracle d'une administration sage et honnête. A chacun de s'engager comme il l'estime utile ensuite ; pour moi le légitimisme est d'abord une tradition politique et civilisationnelle via les Lois fondamentales, ainsi qu'une philosophie politique, comprenant des nuances dès l'origine (rien qu'entre Maistre et Bonald). Mais le légitimisme ne peut pas être un parti à mon sens. Le reste, soit le combat à mener sous une forme inédite, dépendra du roi qui est le seul chef de la royauté, infaillible à la manière papale dès lors qu'il endosse les habits de la Tradition capétienne et française.

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Jeu 17 Mar 2016, 23:26

El poemo del uomo-Dei   livre 7 cha 1

[...] Chouza soustraie son Hôte aux cérémonies des salutations et le conduit dans une salle de bains confortable où il le laisse pour les ablutions d'usage, certainement agréables par cette chaleur, et il revient vers ses hôtes, avec lesquels il parle avec animation, et ils en arrivent presque à une dispute à cause de la diversité des avis. Certains veulent commencer de suite le discours. Quel discours ? D'autres, au contraire, proposent de ne pas assaillir tout de suite le Maître mais de commencer par le persuader de leur profond respect. C'est cet avis qui prévaut car il a pour lui le plus grand nombre, et Chouza, en qualité de maître de maison, appelle ses serviteurs pour commander un banquet qu'ils feraient vers le soir pour laisser du temps à Jésus, "qui est visiblement fatigué, de se reposer" ce que tout le monde accepte et quand Jésus revient, les hôtes prennent congé de Lui en s'inclinant profondément, le laissant avec Chouza qui le conduit dans une pièce à l'ombre, où se trouve une couchette basse couverte de riches tapis.          

Jésus, resté seul, confie à un serviteur ses sandales et son vêtement pour qu'il les dépoussière et enlève les traces des pérégrinations du jour précédent. Il ne dort pas; assis sur le bord de la couchette, les pieds nus sur la natte qui recouvre le pavé, avec la courte tunique ou sous-vêtement qui Lui arrive aux coudes et aux genoux, il pense intensément. Si l'habillement ainsi réduit le fait paraître plus jeune dans la splendide et parfaite harmonie de son corps viril, l'intensité de sa pensée, qui n'est certainement pas gaie, marque son front de rides et contracte son visage en Lui donnant une expression de douloureuse fatigue qui le vieillit.      

Aucun bruit dans la maison, personne dans la campagne où dans la lourde chaleur les grappes mûrissent. Les rideaux sombres qui pendent devant les portes et aux fenêtres n'ont pas la moindre ondulation.      

Ainsi passent les heures...

Lire le texte dans son intégralité en cliquant sur "spoiler" :

Spoiler:
"Monte, Maître. Tu ne te fatigueras pas, malgré la longueur du trajet, pas tellement à cause de la durée du parcours que parce que j'ai commandé de tenir toujours ici tout prêts des paires de bœufs pour ne pas porter ombrage aux hôtes plus respectueux de la Loi... Il faut les plaindre..."          

"Mais où sont-ils ?"  

"Ils nous ont précédés sur d'autres chars. Tobit !"    

"Maître ?" dit le conducteur qui est en train d'atteler les bœufs au joug.        

"Les autres hôtes, où sont-ils ?"      

"Oh ! très en avant. Ils vont arriver à la maison."        

"Tu l'entends, Maître ?"        

"Mais si je n'étais pas venu ?"          

"Oh ! Nous étions certains que tu serais venu. Pourquoi n'aurais-tu pas dû venir ?"    

"Pourquoi !! Chouza, je suis venu pour te montrer que je ne suis pas un lâche. Il n'y a de lâches que les mauvais, ceux qui ont des fautes qui leur font craindre la justice... La justice des hommes, malheureusement, alors qu'ils devraient craindre d'abord, uniquement, celle de Dieu. Mais Moi, je n'ai pas de fautes et je n'ai pas peur des hommes."    

"Mais Seigneur ! Ceux qui sont avec moi ont tous de la vénération pour Toi ! Comme moi. Et nous ne devons absolument pas te faire peur ! Nous voulons te faire honneur, non t'insulter !" Chouza est affligé et presque indigné.    

Jésus, assis en face de lui, alors que le char avance lentement, tout en grinçant, parmi les vertes campagnes, répond : "Plus que la guerre ouverte des ennemis, je dois craindre la guerre sournoise des faux amis, ou le zèle injuste des vrais amis, mais qui ne m'ont pas encore compris, et tu es de ceux-là. Ne te rappelles-tu pas ce que j'ai dit à Béther ?"

"Moi, je t'ai compris, Seigneur" murmure Chouza, mais pas très sûr de lui et sans répondre directement à la question.    

"Oui, tu m'as compris. Sous le coup de la douleur et de la joie ton cœur est devenu limpide, comme après un orage et un arc-en-ciel est limpide l'horizon. Et tu voyais juste. Puis... Tourne-toi, Chouza, pour regarder notre Mer de Galilée. Elle paraissait si limpide à l'aurore ! Pendant la nuit, la rosée avait purifié l'atmosphère et la fraîcheur nocturne avait ralenti l'évaporation des eaux. Le ciel et le lac étaient deux miroirs de pur saphir qui se renvoyaient mutuellement leurs beautés. Les collines, tout autour, étaient fraîches et pures comme si Dieu les avait créées pendant la nuit. Maintenant, regarde. La poussière des routes de la côte, parcourues par des gens et des animaux, l'ardeur du soleil qui fait fumer les bois et les jardins comme des chaudières sur un foyer et qui incendie le lac en en faisant évaporer l'eau, regarde comme tout cela a terni l'horizon.

Auparavant les bords paraissaient tout proches, limpides comme ils l'étaient dans la grande limpidité de l'air; maintenant, regarde... Ils semblent trembler offusqués brouillés, semblables à des objets que l'on voit à travers un voile d'eau impure. C'est ce qui est arrivé pour toi. La poussière : l'humanité; le soleil : l'orgueil. Chouza, ne trouble pas ton moi..."      

Chouza baisse la tête, jouant machinalement avec les ornements de son vêtement et la boucle de sa riche ceinture qui soutient son épée.    

Jésus se tait, en restant les yeux presque fermés comme s'il avait sommeil. Chouza respecte son sommeil ou ce qu'il prend pour tel.      

Le char avance lentement en direction sud-est, vers de légères ondulations qui sont, du moins je le crois, le premier échelon du haut plateau qui borde la vallée du Jourdain de ce côté oriental. Certainement à cause de la richesse des eaux souterraines ou de quelques cours d'eau, les campagnes sont très fertiles et belles; des grappes et des fruits apparaissent au milieu du feuillage.  

Le char prend un chemin privé en quittant la route principale et s'enfonce dans une allée très touffue où il trouve l'ombre et la fraîcheur, du moins relative, en comparaison de la fournaise de la grand-route ensoleillée.        

Une maison basse, blanche, d'aspect distingué, se trouve au fond de l'allée. Des maisons plus humbles sont ça et là dans les champs et les vignobles.          

Le char franchit un petit pont et une barrière au-delà de laquelle le verger fait place à un jardin dont l'allée est couverte de gravier. Au bruit différent que font les roues sur le gravier, Jésus ouvre les yeux.          

"Nous sommes arrivés, Maître. Voici les hôtes qui nous ont entendu et accourent" dit Chouza.      

Et en effet un grand nombre de gens, tous de riche condition, se groupent au commencement de l'allée et ils saluent avec de pompeuses révérences le Maître qui arrive. Je vois et reconnais Manaën, Timon, Éléazar, et il me semble en voir d'autres qui ne me sont pas inconnus mais dont je ne puis dire les noms. Et puis un très grand nombre que je n'ai jamais vus, ou que du moins je n'ai jamais remarqués particulièrement. Il y en a beaucoup avec des épées et d'autres qui n'en ont pas étalent les abondantes fanfreluches des pharisiens, des prêtres ou des rabbins.  

Le char s'arrête, et Jésus en descend le premier en s'inclinant pour saluer collectivement. Les disciples Manaën et Timon s'avancent pour échanger un salut particulier. Et puis c'est Eléazar (le bon pharisien du banquet dans la maison d'Ismaël) et avec lui s'amènent deux scribes qui tiennent à se faire reconnaître. Il y a celui qui à Tarichée eut son petit-fils guéri, le jour de la première multiplication des pains,  et l'autre qui nourrit la foule au pied de la montagne des béatitudes. Et un autre encore se fraie un passage : le pharisien qui dans la maison de Joseph, au temps de la moisson, fut instruit par Jésus sur le vrai motif de son injuste jalousie.    

Chouza procède aux présentations et je les passe sous silence, car c'est à en perdre la tête dans la foule des Simon, des Jean, des Lévi, des Eléazar, Nathanaël, Philippe, Joseph etc. etc. les sadducéens, les scribes, les prêtres, des hérodiens en grand nombre, et même je devrais dire que ces derniers sont les plus nombreux, et une poignée de prosélytes et de pharisiens, deux synhédristes et quatre chefs de synagogues et, perdu je ne sais comment dans cette foule, un essénien.          

Jésus s'incline à chaque nom, regardant intensément chaque visage et esquissant parfois un léger sourire comme quand quelqu'un, pour préciser son identité, spécifie quelque fait qui l'a mis en rapport avec Jésus.    

C'est ainsi qu'un certain Joachim de Bozra Lui dit : "Ma femme Marie a été guérie de la lèpre par Toi. Sois béni."

Et l'essénien : "Je t'ai entendu quand tu as parlé près de Jéricho et un de nos frères a quitté les rives de la Mer Salée pour te suivre. Et j'ai encore entendu parler de Toi à propos du miracle d'Élisée d'Engaddi. Sur ces terres nous vivons purs, en attendant..."        

Qu'attendent-ils je ne sais. Je sais qu'en le disant, cet homme regarde avec un air de supériorité un peu exaltée les autres qui ne jouent certainement pas aux mystiques mais qui, pour la plupart, paraissent jouir allègrement du bien-être que leur situation leur permet.

Chouza soustraie son Hôte aux cérémonies des salutations et le conduit dans une salle de bains confortable où il le laisse pour les ablutions d'usage, certainement agréables par cette chaleur, et il revient vers ses hôtes, avec lesquels il parle avec animation, et ils en arrivent presque à une dispute à cause de la diversité des avis. Certains veulent commencer de suite le discours. Quel discours ? D'autres, au contraire, proposent de ne pas assaillir tout de suite le Maître mais de commencer par le persuader de leur profond respect. C'est cet avis qui prévaut car il a pour lui le plus grand nombre, et Chouza, en qualité de maître de maison, appelle ses serviteurs pour commander un banquet qu'ils feraient vers le soir pour laisser du temps à Jésus, "qui est visiblement fatigué, de se reposer" ce que tout le monde accepte et quand Jésus revient, les hôtes prennent congé de Lui en s'inclinant profondément, le laissant avec Chouza qui le conduit dans une pièce à l'ombre, où se trouve une couchette basse couverte de riches tapis.          

Jésus, resté seul, confie à un serviteur ses sandales et son vêtement pour qu'il les dépoussière et enlève les traces des pérégrinations du jour précédent. Il ne dort pas; assis sur le bord de la couchette, les pieds nus sur la natte qui recouvre le pavé, avec la courte tunique ou sous-vêtement qui Lui arrive aux coudes et aux genoux, il pense intensément. Si l'habillement ainsi réduit le fait paraître plus jeune dans la splendide et parfaite harmonie de son corps viril, l'intensité de sa pensée, qui n'est certainement pas gaie, marque son front de rides et contracte son visage en Lui donnant une expression de douloureuse fatigue qui le vieillit.      

Aucun bruit dans la maison, personne dans la campagne où dans la lourde chaleur les grappes mûrissent. Les rideaux sombres qui pendent devant les portes et aux fenêtres n'ont pas la moindre ondulation.      

Ainsi passent les heures...    

La pénombre augmente avec le coucher du soleil, mais la chaleur persiste et aussi la méditation de Jésus.            

Enfin la maison semble se réveiller. On entend des voix, des bruits de pas, des ordres.

Chouza écarte doucement le rideau pour observer, sans déranger Jésus.      

"Entre ! Je ne dors pas" dit Jésus.    

Chouza entre : il est déjà dans le vêtement d'apparat du banquet. Il regarde et il voit que la couchette ne semble pas avoir accueilli un corps. "Tu n'as pas dormi ? Pourquoi ? Tu es fatigué..."    

"J'ai reposé dans le silence et à l'ombre. Cela me suffit."          

"Je vais te faire apporter un vêtement..."      

"Non. Le mien est certainement sec. Je préfère le prendre. J'ai l'intention de partir dès la fin du banquet. Je te prie de tenir prêts dans ce but le char et la barque."          

"Comme tu veux, Seigneur. J'aurais voulu te garder jusqu'à demain à l'aurore..."      

"Je ne puis. Je dois aller..."  

Chouza sort en s'inclinant...  

On entend de nombreux chuchotements...    

Il se passe un certain temps. Le serviteur revient avec le vêtement de lin, tout frais lavé, parfumé de soleil, et avec les sandales nettoyées et bien graissées toutes brillantes et assouplies. Un autre le suit avec un bassin, une amphore et des essuie-mains, et dépose le tout sur une table basse. Ils sortent.          

Jésus rejoint les hôtes dans l'atrium qui divise la maison du nord au sud, formant un lieu aéré et agréable, pourvu de sièges et orné de rideaux légers, multicolores, qui modifient la lumière sans gêner l'aération. Maintenant, tirés de côté, ils laissent voir le cadre de verdure qui entoure la maison.          

Jésus est imposant. Bien qu'il n'ait pas dormi, il semble avoir pris des forces et sa démarche est celle d'un roi. Le lin du vêtement qu'il vient de mettre est très blanc et les cheveux, rendus lumineux par le bain du matin, brillent avec délicatesse, encadrant le visage de leur couleur dorée.          

"Viens, Maître. Nous n'attendions que Toi" dit Chouza, et il le conduit le premier dans la pièce où sont les tables.      

On s'assoit après la prière et une ablution supplémentaire pour les mains, et le repas commence, pompeux comme toujours, et silencieux au début. Puis la glace se rompt.

Jésus est voisin de Chouza, et de l'autre côté se trouve Manaën avec comme compagnon Timon. Les autres sont placés par Chouza, avec son savoir-faire de courtisan, sur les côtés de la table en forme de U. Seul l'essénien a refusé obstinément de prendre part au banquet et de s'asseoir à la table commune avec les autres. Ce n'est que lorsque un serviteur, sur l'ordre de Chouza, lui offre un petit panier précieux rempli de fruits, qu'il accepte de s'asseoir devant une table basse, après je ne sais combien d'ablutions, et après avoir relevé les larges manches de son vêtement blanc par crainte de les tacher ou pour suivre un rite, je ne sais.          

C'est un banquet bizarre où l'on communique plus par les regards que par les discours. Tout juste de brèves phrases de politesse et l'on s'étudie réciproquement : Jésus étudie les convives et eux l'étudient.    

Enfin Chouza fait signe aux serviteurs de se retirer après avoir apporté de grands plateaux de fruits qui sont frais pour avoir peut-être été conservés dans le puits, très beaux, je dirais presque glacés, avec ce givre qui caractérise les fruits conservés dans la glace.      

Les serviteurs sortent après avoir aussi allumé les lampes, inutiles pour l'instant car il fait encore clair dans le long crépuscule d'été.    

"Maître, commence Chouza, tu dois t'être demandé le pourquoi de cette réunion et du silence que nous observons. Mais ce que nous devons te dire est très grave et ne doit pas être entendu par des oreilles imprudentes. Maintenant nous sommes seuls et nous pouvons parler. Tu le vois, tous ont pour Toi le plus grand respect. Tu es parmi des hommes qui te vénèrent comme Homme et comme Messie. Ta justice, ta sagesse, les dons dont Dieu t'a donné la maîtrise. nous sont connus et nous les admirons. Tu es pour nous le Messie d'Israël, le Messie selon l'idée spirituelle et selon l'idée politique. Tu es l'Attendu qui doit mettre fin à la douleur, à l'humiliation de tout un peuple, et non seulement de ce peuple renfermé dans les confins d'Israël, ou plutôt de la Palestine, mais pour le peuple d'Israël tout entier, des milliers et des milliers de colonies de la Diaspora répandues par toute la Terre, et qui font retentir le nom de Jéhovah sous tous les cieux et qui font connaître les promesses et les espérances, qui maintenant se réalisent, d'un Messie restaurateur, d'un Vengeur, d'un Libérateur et créateur de l'indépendance véritable et de la Patrie d'Israël, c'est-à-dire de la Patrie la plus grande qui soit au monde, la Patrie : reine et dominatrice, qui annule tout souvenir du passé et tout signe vivant d'esclavage, l'Hébraïsme qui triomphe sur tout et sur tous, et pour toujours, parce qu'ainsi il a été dit et qu'ainsi la chose s'accomplit. Seigneur, ici, devant Toi, tu as Israël tout entier dans les représentants des différentes classes de ce peuple éternel, châtié par le Très-Haut mais bien-aimé de Lui qui le proclame "sien". Tu as le cœur vivant et sain d'Israël avec les membres du Sanhédrin et les prêtres, tu as la puissance et la sainteté avec les pharisiens et les sadducéens, tu as la sagesse avec les scribes et les rabbis, tu as la politique et la valeur avec les hérodiens, tu as la richesse avec ceux qui sont fortunés, le peuple avec les marchands et les propriétaires, tu as la Diaspora avec les prosélytes, tu as jusqu'à ceux qui sont séparés et qui maintenant sont prêts à se réunir, parce qu'ils voient en Toi l'Attendu: les esséniens, les esséniens irréconciliables.        

Regarde, ô Seigneur, ce premier prodige, ce grand signe de ta mission, de ta vérité. Toi, sans violence, sans moyens, sans serviteurs, sans soldats, sans épées, tu rassembles tout ton peuple comme une citerne rassemble les eaux de mille sources. Toi, presque sans paroles, sans, absolument sans ordres, tu nous réunis, nous, peuple divisé par les malheurs, les haines, des idées politiques et religieuses et tu nous réconcilies. O Prince de la Paix, réjouis-toi d'avoir racheté et restauré avant même d'avoir pris le sceptre et la couronne. Ton Royaume, le Royaume attendu d'Israël est né. Nos richesses, nos puissances, nos épées, sont à tes pieds. Parle ! Commande ! L'heure est venue."    

Tous approuvent le discours de Chouza. Jésus, les bras croisés, se tait.      

"Tu ne parles pas ? Tu ne réponds pas, ô Seigneur ? Peut-être la chose t'a étonné... Peut-être tu sens que tu n'es pas préparé et tu doutes surtout qu'Israël soit préparé... Mais il n'en est pas ainsi. Écoute nos voix. Je parle, et avec moi Manaën, pour le palais royal. Il ne mérite plus d'exister. C'est l'opprobre et la pourriture d'Israël. C'est la tyrannie honteuse qui opprime le peuple et s'abaisse servilement pour flatter l'usurpateur. Son heure est venue. Lève-toi, ô Étoile de Jacob, et mets en fuite ce chœur de crimes et de hontes. Ici sont ceux qui, appelés hérodiens, sont les ennemis des profanateurs du nom des Hérodes, sacré pour eux. A vous la parole."

"Maître, je suis âgé et je me rappelle ce qu'était la splendeur d'autrefois. Comme le nom héros donné à une charogne puante, tel est le nom d'Hérode porté par des descendants dégénérés qui avilissent notre peuple. C'est le moment de répéter le geste qu'a fait plusieurs fois Israël quand des monarques indignes régnaient sur les souffrances du peuple. Toi seul es digne de faire ce geste."

Jésus se tait.          

"Maître, te semble-t-il que l'on puisse douter ? Nous avons scruté les Écritures: tu es celui-ci, tu dois régner" dit un scribe.        

"Tu dois être Roi et Prêtre. Nouveau Néhémie, plus grand que lui, tu dois venir et purifier. L'autel est profané. Que le zèle du Très-Haut te presse" dit un prêtre.            

"Beaucoup d'entre nous t'ont combattu. Ceux qui craignent ton règne sage, mais le peuple est avec Toi, et les meilleurs de nous avec le peuple. Nous avons besoin d'un sage."

"Nous avons besoin d'un pur."  

"D'un vrai roi."          

"D'un saint."

"D'un Rédempteur. Nous sommes, de plus en plus, esclaves de tout et de tous. Défends-nous, Seigneur !"      

"Dans le monde, nous sommes piétinés car, malgré notre nombre et notre richesse, nous sommes comme des brebis sans berger. Appelle au rassemblement par le vieux cri : "À tes tentes, ô Israël !" et de tous les points de la Diaspora comme une levée de troupes surgiront tes sujets pour renverser les trônes vacillants des puissants qui ne sont pas aimés de Dieu."      

Jésus se tait toujours. Lui seul est assis, calme comme s'il ne s'agissait pas de Lui au milieu de cette quarantaine de forcenés. Je me rappelle à peine un dixième de leurs raisons car ils parlent tous ensemble comme dans la confusion d'un marché. Lui garde son attitude et continue de se taire.        

Tous crient : "Dis un mot ! Réponds !"          

Jésus se lève lentement, en appuyant ses mains sur le bord de la table. Il se fait un silence profond. Brûlé par le feu de quatre-vingt pupilles, il ouvre les lèvres, et les autres les ouvrent comme pour aspirer sa réponse, et la réponse est brève mais nette : "Non."

"Mais comment ? Mais pourquoi ? Tu nous trahis ? Tu trahis ton peuple ! Il renie sa mission ! Il repousse l'ordre de Dieu !..." C'est un vacarme ! Un tumulte ! Les visages deviennent cramoisis, les yeux s'enflamment, les mains semblent menacer... Plutôt que des fidèles, ils semblent des ennemis. Mais c'est ainsi : quand une idée politique domine les cœurs, même ceux qui sont doux deviennent des fauves pour ceux qui s'opposent à leurs idées.          

Au tumulte succède un étrange silence. Il semble qu'après avoir épuisé leurs forces ils se sentent épuisés, à bout. Ils se regardent en s'interrogeant, désolés... certains fâchés...

Jésus promène son regard tout autour. Il dit : "Je savais que c'était pour cela que vous me vouliez ici. Et je savais l'inutilité de votre démarche. Chouza peut dire que je l'ai dit à Tarichée. Je suis venu pour vous montrer que je ne crains aucune embûche, parce que ce n'est pas mon heure, et je ne la craindrai pas quand l'heure de l'embûche sera venue pour Moi, car c'est pour cela que je suis venu. Et je suis venu pour vous persuader. Vous, non pas tous, mais plusieurs d'entre vous, êtes de bonne foi. Mais je dois corriger l'erreur dans laquelle, de bonne foi, vous êtes tombés. Vous voyez?      
Je ne vous fais pas de reproches. Je n'en fais à personne, pas même à ceux qui, étant mes disciples fidèles, devraient être conduits par la justice et régler leurs propres passions avec justice. Je ne te fais pas de reproches, juste Timon, mais je te dis qu'au fond de ton amour qui veut m'honorer, il y a encore ton moi qui s'agite et rêve d'un temps meilleur, où tu pourras voir frappés ceux qui te frappèrent. Je ne te fais pas de reproches, Manaën, bien que tu montres que tu as oublié la sagesse et l'exemple tout spirituels que tu avais de Moi, et auparavant du Baptiste, mais je te dis qu'en toi aussi se trouve une racine d'humanité qui renaît après l'incendie de mon amour. Je ne te fais pas de reproches, Eléazar, homme juste tant pour la vieille femme qu'on t'a laissée, juste toujours, mais pas maintenant. Et je ne te fais pas de reproches, Chouza, bien que je devrais le faire parce qu'en toi, plus qu'en tous ceux qui de bonne foi veulent me faire roi, est vivant ton moi.

Roi, oui, tu veux que je le sois. Il n'y a pas de piège dans ta parole. Tu ne viens pas pour me prendre en faute, pour me dénoncer au Sanhédrin, au roi, à Rome. Mais plus que par amour - tu crois n'agir que par amour, mais cela n'est pas - plus que par amour, tu agis pour te venger des offenses qui te sont venues du palais royal.    

Je suis ton hôte et je devrais taire la vérité sur tes sentiments, mais je suis la Vérité en toutes choses, et je parle pour ton bien. Et il en est ainsi de toi, Joachim de Bozra, et de toi, scribe Jean, et de toi aussi, et de toi, et de toi, et de toi." Il montre celui-ci, celui-là, sans rancœur, mais avec tristesse... et il continue : "Je ne vous fais pas de reproches, car je sais que ce n'est pas vous qui voulez cela, spontanément. C'est l'Embûche, c'est l'Adversaire qui travaille et vous... vous êtes, sans le savoir, vous êtes des instruments entre ses mains. Même l'amour, même de votre amour, ô Timon, ô Manaën, ô Joachim, ô vous qui réellement m'aimez, même de votre vénération, ô vous qui pressentez en Moi le Rabbi parfait, même de cela, lui, le Maudit, se sert pour nuire et me nuire.

Mais Moi, je vous dis à vous et à ceux qui n'ont pas vos sentiments, et qui avec des buts qui descendent de plus en plus bas jusqu'à la trahison et au crime voudraient que j'accepte d'être roi, je dis : Non. Mon Royaume n'est pas de ce monde. Venez à Moi, pour que j'établisse mon Royaume en vous, rien d'autre. Et maintenant, laissez-moi aller."      



"Non, Seigneur, nous sommes bien décidés. Nous avons déjà mis en mouvement nos richesses, préparé des plans, nous avons décidé de sortir de cette incertitude qui entretient l'inquiétude d'Israël et de laquelle profitent les autres pour lui nuire. On te dresse des embûches, c'est vrai. Tu as des ennemis au Temple lui-même. Moi, l'un des Anciens, je ne le nie pas, mais pour y mettre fin, voilà ce qu'il faut : ton onction. Et nous sommes tout disposés à te la donner. Ce n'est pas la première fois qu'en Israël quelqu'un est ainsi proclamé roi, pour mettre fin aux malheurs de la nation et aux discordes. Il y a ici quelqu'un qui, au nom de Dieu, peut le faire. Laisse-nous faire" dit un des prêtres.      

"Non ! Cela ne vous est pas permis. Vous n'en avez pas l'autorité."  

"Le Grand Prêtre est le premier à le vouloir, même s'il ne semble pas. Il ne peut plus tolérer la situation actuelle de la domination romaine et le scandale royal."  

"Ne mens pas, prêtre. Sur tes lèvres le blasphème est doublement impur. Peut-être tu ne le sais pas et tu te trompes, mais au Temple, on ne le veut pas."          

"Tu prends donc pour un mensonge notre affirmation ?"      

"Oui, sinon pour vous tous, pour beaucoup d'entre vous. Ne mentez pas. Je suis la Lumière et j'éclaire les cœurs..."        

"Nous, tu peux nous croire" crient les hérodiens.      

"Nous n'aimons pas Hérode Antipas ni aucun autre."

"Non. Vous n'aimez que vous-mêmes, c'est vrai, et vous ne pouvez m'aimer. Je vous servirais de levier pour renverser le trône, pour ouvrir le chemin à un pouvoir plus puissant et pour faire supporter au peuple une oppression plus mauvaise. Une tromperie pour Moi, pour le peuple, et pour vous-mêmes. Quand vous auriez anéanti le roi, Rome vous anéantirait tous."      

"Seigneur, dans les colonies de la Diaspora, il y a des hommes prêts à s'insurger... Nous les soutenons de nos ressources" disent les prosélytes.      

"Et des miennes, et tout l'appui de l'Auranitide et de la Trachonitide" crie l'homme de Bozra. "Je sais ce que je dis. Nos montagnes peuvent nourrir une armée, et à l'abri des embûches, pour les lancer comme un vol d'aigles à ton service."          

"La Pérée aussi."      

"La Gaulanitide aussi."          

"La vallée de Gahas avec Toi !"        

"Et avec Toi les rives de la Mer Salée avec les nomades qui nous croient des dieux, si tu consens à t'unir à nous" crie l'essénien et il continue en un verbiage d'exalté qui se perd dans le bruit.            

"Les montagnards de la Judée sont de la race des rois courageux."  

"Et ceux de la Haute Galilée sont des héros de la trempe de Déborah. Même les femmes, même les enfants sont des héros !"          

"Tu nous crois peu nombreux ? Nous sommes des troupes nombreuses. Le peuple est tout entier avec Toi. Tu es le roi de la race de David, le Messie ! C'est le cri sur les lèvres des sages et des ignorants, parce que c'est le cri des cœurs. Tes miracles... tes paroles... Les signes..." C'est une confusion que je ne réussis pas à suivre.          

Jésus, comme un rocher bien ferme enveloppé par un tourbillon, ne bouge pas, ne réagit même pas. Il est impassible. Et la ronde des prières, des supplications, des raisons, continue.      

"Tu nous déçois! Pourquoi veux-tu notre ruine? Tu veux n'agir que par Toi-même ? Tu ne peux. Matthatias Maccabée ne refusa pas l'aide des Assidéens et Judas libéra Israël avec leur aide... Accepte !!!" De temps à autre, les cris s'unissent sur ce mot.      

Jésus ne cède pas.  

Un des Anciens, très âgé, parlote avec un prêtre et un scribe plus âgés que lui. Ils viennent en avant. Ils imposent le silence. C'est le vieux scribe qui parle, après avoir appelé aussi à lui Eléazar et les deux scribes Jean : "Seigneur, pourquoi ne veux-tu pas ceindre la couronne d'Israël ?"  

"Parce qu'elle ne m'appartient pas. Je ne suis pas fils d'un prince hébreu."  

"Seigneur, peut-être tu ne le sais pas. Eux deux et moi-même, nous fûmes appelés un jour parce que trois Sages étaient venus pour demander où était Celui qui était né roi des hébreux. Comprends-tu ? "Né roi". On nous réunit, nous les princes des prêtres et des scribes du peuple sur l'ordre d'Hérode le Grand pour répondre à la question.

Et avec nous, il y avait Hillel le Juste. Notre réponse fut : "à Bethléem de Juda". Toi, nous le savons, c'est là que tu es né et de grands signes accompagnèrent ta naissance. Parmi tes disciples, il y a des témoins. Peux-tu nier que tu as été adoré comme Roi par les trois Sages ?"      

"Je ne le nie pas."    

"Peux-tu nier que le miracle te précède, t'accompagne et te suit comme signe du Ciel ?"

"Je ne le nie pas."    

"Peux-tu nier que tu es le Messie promis?"    

"Je ne le nie pas."    

"Et alors, au nom du Dieu vivant, pourquoi veux-tu tromper les espérances d'un peuple ?"

"Je viens pour accomplir les espérances de Dieu."  

"Lesquelles ?"          

Celles de la Rédemption du monde, de la formation du Royaume de Dieu. Mon Royaume n'est pas de ce monde. Reprenez vos ressources et vos armes. Ouvrez vos yeux et vos esprits pour lire les Écritures et les Prophètes et pour accueillir ma Vérité, et vous aurez le Royaume de Dieu en vous."    

"Non. Les Écritures parlent d'un Roi libérateur."        

"De l'esclavage de Satan, du péché, de l'erreur, de la chair, du gentilisme, de l'idolâtrie. Oh ! que vous a fait Satan, ô hébreux, peuple sage, pour vous faire tromper sur les vérités prophétiques ? Que vous fait-il, ô hébreux, mes frères, pour vous rendre si aveugles ? Que, que vous fait-il, ô mes disciples, pour que vous aussi vous ne compreniez plus ?

Le plus grand malheur d'un peuple et d'un croyant c'est de tomber dans une fausse interprétation des signes, et ici se produit ce malheur. Des intérêts personnels, des préjugés, des exaltations, un amour mal compris de la patrie, tout sert à créer l'abîme... L'abîme de l'erreur dans lequel un peuple périra en méconnaissant son Roi."      

"C'est Toi qui te méconnais."            

"C'est vous qui vous méconnaissez, et me méconnaissez. Je ne suis pas un roi humain. Et vous... vous, les trois quarts de vous rassemblés ici, vous le savez et vous voulez mon malheur et non mon bien. Vous le faites par rancœur, non par amour. Je vous pardonne. Je dis à ceux qui ont le cœur droit : "Revenez à vous, ne soyez pas les serviteurs inconscients du mal". Laissez-moi aller. Il n'y a pas autre chose à dire."    

Un silence plein de stupeur...            

Eléazar dit : "Je ne suis pas ton ennemi. Je croyais bien faire, et je ne suis pas le seul... De bons amis pensent comme moi."      

"Je le sais. Mais dis-moi, toi, et sois sincère : que dit Gamaliel ?"    

"Le rabbi ?... Il dit... Oui, il dit : "Le Très-Haut donnera un signe si lui est son Christ".

"Il a raison. Et Joseph l'Ancien ?"    

"Que tu es le Fils de Dieu et que tu régneras en Dieu."          

"Joseph est un juste. Et Lazare de Béthanie ?"

"Il souffre... Il parle peu... Mais il dit... que tu régneras seulement quand nos esprits t'accueilleront."        

"Lazare est sage. Quand vos esprits m'accueilleront. Pour le moment, vous, même ceux que je croyais des esprits accueillants, vous n'accueillez pas le Roi et le Royaume, et c'est cela qui fait ma douleur."      

"En somme, tu refuses ?" crient-ils en grand nombre.          

"Vous l'avez dit."          

"Tu nous as fait nous compromettre, tu nous fais du tort, tu..." crient d'autres: hérodiens, scribes, pharisiens, sadducéens, prêtres...  

Jésus quitte la table et il va vers ce groupe, les yeux flamboyants. Quel regard ! Eux, involontairement, se taisent, se serrent contre le mur...

Jésus va vraiment visage contre visage, et il dit, doucement, mais d'une manière incisive qui tranche comme un coup de sabre : "Il est dit : "Malheur à celui qui frappe en cachette son prochain et accepte des cadeaux pour condamner à mort un innocent". Moi, je vous dis : je vous pardonne, mais votre péché est connu du Fils de l'homme. Si je ne vous pardonnais pas, Moi... Pour bien moins, Yaweh a réduit en cendres plusieurs israélites." Mais il est tellement terrible en le disant, que personne n'ose bouger, et Jésus relève le lourd double rideau et sort dans l'atrium sans que personne n'ose faire un geste.      

Ce n'est que lorsque le rideau cesse de remuer, c'est-à-dire après quelques minutes, qu'ils se remettent.            

"Il faut le rejoindre... Il faut le retenir..." disent les plus acharnés.      

"Il faut se faire pardonner" soupirent les meilleurs, c'est-à-dire Manaën, Timon, des prosélytes, l'homme de Bozra, en somme ceux qui ont le cœur droit.            

Ils se pressent hors de la salle. Ils cherchent, ils interrogent les serviteurs : "Le Maître ? Où est-il ?"        

Le Maître ? Personne ne l'a vu, pas même ceux qui étaient aux deux portes de l'atrium. Pas de Maître... Avec des torches et des lanternes, ils le cherchent dans l'obscurité du jardin, dans la pièce où il avait reposé. Personne ! Et il n'y a plus son manteau laissé sur le lit, son sac laissé dans l'atrium...    

"Il nous a échappé ! C'est un Satan !... Non. Il est Dieu. Il fait ce qu'il veut. Il va nous trahir ! Non. Il nous connaîtra pour ce que nous sommes." Une clameur d'opinions et d'insultes mutuelles. Les bons crient : "Vous nous avez séduits. Traîtres ! Nous devions l'imaginer !" Les mauvais, c'est-à-dire le plus grand nombre, menacent, et après avoir perdu le bouc émissaire contre lequel ils ne peuvent se tourner, les deux partis se tournent contre eux-mêmes...      

Et Jésus où est-il ? Moi, je le vois, parce qu'il le veut, très loin, vers le pont à l'embouchure du Jourdain. Il va rapidement comme si le vent le portait, ses cheveux flottent autour de son visage pâle, son vêtement bat comme une voile dans la rapidité de la marche. Puis, quand il est sûr de se trouver à bonne distance, il s'enfonce dans les joncs et il prend la rive orientale. Dès qu'il a trouvé les premiers récifs de la haute falaise, il y monte sans se soucier du manque de lumière qui rend dangereuse l'escalade de la côte escarpée. Il monte, il monte jusqu'à un rocher qui surplombe le lac et où veille un chêne séculaire. Il s'assoit là, un coude sur le genou, il appuie le menton sur la paume de la main, le regard fixé sur l'immensité qui s'embrume, à peine visible par la blancheur de son vêtement et la pâleur de son visage, il reste immobile...      

Fin de citation.

Suivons le roi que Dieu nous donne par la Loi.
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Mickaelus le Mar 22 Mar 2016, 21:20

Henry, j'ai placé votre longue citation dans un "spoiler" car cela permet une lecture plus fluide du sujet dans son ensemble ; quand un texte est trop volumineux, mieux vaut employer ce procédé ou bien encore donner un lien qui renvoie au texte, quand il est copié sur un autre site.

Évidemment, le thème est intéressant s'agissant du fonds et de l'attente temporelle que d'aucuns avaient pu mettre dans le Christ, sans avoir pu comprendre le sens véritable, divin et spirituel, de Sa mission. Combien sont nombreuses, aujourd'hui encore et selon d'autres modalités, les tentations de se choisir un monarque d'après soi, et non d'après Dieu et les Lois fondamentales du royaume de France : c'est bien là le drame même de cet avènement, tous les cinq ans désormais, de ce "monarque républicain" comme certains appellent le chef de la Ve République, ferment de désunion, d'affrontements et d'instabilité. Bien entendu, il ne faut jamais manquer non plus de rappeler que le respect du dessein de Dieu se fait dans les deux domaines spirituel et temporel, la transcendance ou verticalité à la mode légitimiste n'étant complète qu'ainsi. Sinon, on aurait beau jeu de se rappeler la caution papale obtenue par les Carolingiens pour supplanter les Mérovingiens. Au moins, et c'est ainsi que je fais le lien avec la discussion sur le propos de Beaujeu ci-dessus, ce ne sont pas les Orléans qui risquent de faire trop de zèle de ce côté-là et de rééditer la manœuvre, l'onction populaire révolutionnaire ayant remplacé le sacre pour cette lignée.


Justement, le comte de Paris Henri d'Orléans a publié récemment sur son blog, le 12 mars, un texte qui s'intitule la Mission de notre Dynastie, et qui permet d'illustrer certains des points qui ont été judicieusement posés par notre ami Ordre naturel au tout début de ce sujet. Certains extraits ont ainsi attiré mon attention.


I. Le roi des Français

Henri d'Orléans a écrit:Le destin, je dirais plutôt la mission d’un Prince de France et à fortiori celle du Chef de la Maison Royale de France, est de devenir l’exemple exemplaire dans cette symbiose avec les peuples de France, afin de lui permettre, si un jour c’est son destin, d’assumer l’équilibre nécessaire entre le passé -la tradition- le présent et l’avenir -la modernité-. Un Prince de France ne peut choisir l’avant contre l’après, l’ancien au dépens du nouveau. Il n’opte jamais pour une France contre l’autre, il ne l’a jamais fait.

[...]

Tenir lieu de témoin et de médiateur au titre de la Royauté de l’Homme, celle de chacun. Difficile et merveilleuse exigence qui, au lieu de les rabaisser à des proportions néfastes, leur rappelle leur lien avec notre Créateur à tous! Bien des gens attendent du Chef de la Maison Royale de France une « action », un engagement sous entendu politique. Je me remémore les paroles d’André Malraux: « L’avenir sera Spirituel ou ne sera pas… » La politique politicienne ne peut donc être la voie Royale [...].
Il me semble qu'à travers ces principes et ces ambitions, le comte de Paris nous rappelle qu'il est l'héritier non pas des rois de France, mais bien plutôt, et uniquement, du roi des Français Louis-Philippe. En effet, contrairement au roi de France (et de Navarre) qui tient son titre de Dieu et de la loi de succession, le roi constitutionnel à la mode orléaniste tient son titre du consentement du peuple et de ses représentants, étant donné que la loi de succession constitutionnelle peut fort bien être abrogée par ledit peuple s'il est mécontent de sa dynastie. Le roi constitutionnel orléaniste n'est par conséquent pas roi de France mais roi de la Nation, ce qui fait qu'en effet, comme l'explique le comte de Paris, il ne veille pas sur ses peuples d'après une logique transcendante mais d'après une logique démocratique et arbitrale. Le roi des Français n'est pas là pour faire respecter les valeurs verticales de la civilisation France, mais pour arbitrer pragmatiquement les courants de pensée qu'il constate d'après une logique horizontale.

A partir de là, le comte de Paris a raison d'écrire que le roi n'a jamais choisi une France contre l'autre, à ceci près qu'il n'a jamais existé qu'une France promue par le pouvoir sous la monarchie traditionnelle, et que les rois de France ont abondamment pris parti pour les valeurs fondamentales dont ils étaient les garants à travers leur sacre, et parce qu'ils devaient transmettre à leur héritier un royaume intact, non pas seulement "arbitrer" des modes éphémères comme autant de clubs philosophiques ou de loges franc-maçonnes. La Chrétienté s'est ainsi édifiée par l'élan missionnaire, depuis le combat contre l'arianisme, contre le paganisme, via la conversion très virulente des Saxons par Charlemagne, par l'assurance du respect de l'orthodoxie, de la répression des Cathares par Louis IX à celle des Protestants par Louis XIV : le roi de France prend parti dès lors que l'intégrité de la civilisation France est en jeu. Il ne s'agit pas d'une posture politicienne mais d'une mission fondamentale.

Prenons, à cet égard, un dernier exemple historique en dehors de la sphère religieuse, qui concerne particulièrement la famille d'Orléans : quand on accuse Charles X d'entretenir une acception trop royaliste, j'ai presque envie d'écrire souverainiste (au sens où le souverain demeure prépondérant), de la Charte de 1814, c'est précisément le choix mais surtout le devoir opéré par ce dernier roi de France en exercice, d'être fidèle à son titre et à son sacre. Cette fidélité nécessite de prendre parti pour la tradition contre le libéralisme politique qui s'installait alors. Louis-Philippe, digne fils de son père, a fait un choix politique, et réellement politicien celui-là : l'usurpation et l'embrassade à bras-le-corps du libéralisme et du nationalisme.


II. Le relativisme religieux

Henri d'Orléans a écrit:La politique politicienne ne peut donc être la voie Royale, mais seule celle qui se fonde sur des valeurs éthiques, des valeurs d’espérance, celles que notre civilisation a toujours prônées depuis Platon et qui, à partir de Clovis sont devenues chrétiennes. L’éthique n’a rien de commun avec le religieux et dans notre modernité, il ne faut pas mélanger les croyances religieuses qui relèvent de chaque conscience avec l’éthique qui devrait concerner tout un chacun. C’est pourquoi la séparation de l’Etat d’avec l’Eglise, d’avec TOUTES les confessions est gravée dans la Loi de 1905. Elle est nécessaire et suffisante et rejoint l’injonction du Christ : »rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Lui… » En revanche la dérive laïque actuelle, qui devient une religion nihiliste obligatoire d’Etat, poursuivant les uns et favorisant les autres, est une terrible et grave erreur politique qui divise la France et qui ne l’unit plus, car elle encage tout un chacun dans un communautarisme obligé.
A partir du commentaire précédent, on ne doit pas être étonné que le comte de Paris revendique les valeurs, si l'on peut dire, et l'héritage du roi des Français ; cependant, il va encore plus loin. Non content, finalement, d'être fidèle à la Charte de 1830 de son aïeul qui a ôté à la religion catholique son statut de religion d’État, statut que la Charte de 1814 de Louis XVIII et de Charles X lui octroyait encore, il va jusqu'à embrasser la doctrine républicaine de la laïcité et jusqu'à cautionner la loi de 1905. Car après tout, comme il l'écrit, et cohérent avec son idée de la royauté comme présidence des opinions, la foi est l'affaire de chacun, et l'éthique doit pouvoir réunir tout un chacun. Voilà que nous en revenons à la philosophie des Lumières qui réapparaît sous la plume du comte de Paris sans dire son nom, car c'est bien là de la Vertu et de la Raison des philosophes dont il est question, valeurs tout humaines plaçant Dieu à l'écart et devant suppléer un catholicisme jugé par trop obscurantiste. On comprend qu'on ne mentionne aucunement quelque sacre dont on aurait grand peine à déterminer l'utilité dans un tel contexte. Certes, le comte de Paris dénonce implicitement la collusion de l’État actuel avec l'islam, en violation de la laïcité républicaine, et le laïcisme comme le communautarisme, sans paraître vouloir reconnaître que c'est la tradition dont il se réclame qui a été la matrice des dérives radicales et nihilistes contemporaines. Le rôle d'un roi de France n'est pas contemplatif, il est celui d'un roi catholique qui veille à la pérennité spirituelle de la civilisation France. Le roi des Français orléaniste, lui, comme les réactionnaires républicains d'aujourd'hui, a apparemment la nostalgie d'une France ancienne qui s'assumait, mais le principe dont il est issu, révolutionnaire et nationaliste, implique cette destruction même.


III. L'usurpation nationaliste

Henri d'Orléans a écrit:C’est ainsi que depuis Hugues Capet, tous les Rois de France furent Français de souche et aucun immigré Anglais ou Espagnol qui obtiendrait la double nationalité ne pourra régner sur la France et, à fortiori, s’il descend d’un dictateur espagnol ou des Bourbon par les femmes. Les Lois Fondamentales du Royaume, en outre, ont prévu, lorsque le Roi est trop jeune ou dans l’incapacité de régner, de désigner son plus proche parent comme Régent entouré d’un Conseil de Régence. Souvenez vous de Saint Louis partant aux croisades et confiant la Régence à sa Mère Blanche de Castille, ou encore Louis XV, Roi à six ans, qui eut son Grand Oncle Philippe d’Orléans, plus connu sous le nom de Régent. Les titres importent peu car la mission doit être effective.
Il eût été impensable que dans un article ayant pour sujet la mission dynastique des Orléans, soit d'un roi des Français, le comte de Paris n'évoquât pas Mgr. Louis de Bourbon, l'héritier lui, des rois de France, sur un mode indirect. Ainsi, on nous concède qu'avant la dynastie des Capétiens, des monarques ayant régné sur la Francie occidentale n'étaient pas de ce qu'il conviendrait d'appeler de pur sang français : il est certain que le parler vieil-allemand de Charlemagne ne transporterait pas les foules dans les provinces de nos jours. Toutefois, il faut surtout s'intéresser au terme de "français de souche" employé par Henri d'Orléans. Faudrait-il voir là une conception raciale, et alors très germanique et point du tout romaine paradoxalement, de la royauté ? Je ne saurais croire que le comte de Paris ignore à quel point le sang des successeurs de Hugues Capet a été mêlé, du fait du mariage de ses descendants avec de nombreuses princesses étrangères, dès lors je suppose que l'expression signifierait un lieu de naissance en France, ainsi qu'une éducation française. Toutefois, le raisonnement du comte de Paris dévoile son origine républicaine dès lors qu'il s'oublie à évoquer la double nationalité, en faisant un parallèle maladroit entre la prétention - selon lui - de Mgr. Louis de Bourbon à la couronne de France, et les prétentions anglaises étrangères de la Guerre de Cent ans. Car de quelle double nationalité peut-il donc s'agir de nos jours ? Serait-ce à dire qu'aujourd'hui, pour être successible, un prince capétien devrait brandir sa carte d'identité de la république française comme un honneur insigne ? Outre le fait que cela trahit la conception nationaliste de la France des Orléans, rien n'est plus faut car s'agissant d'une lignée royale, le droit du sol ne saurait primer le droit du sang, qui seul fonde le droit d'aînesse : est-on moins fils de son père parce qu'on est né ailleurs ? Est-on français désormais parce que l'on naît et réside dans la république, plutôt que par la noblesse du sang et la fidélité aux valeurs royales ? C'est là un raisonnement aussi bâtard que l'était la monarchie de Juillet. Je laisserai également à mes lecteurs, eu égard aux insinuations d'Henri d'Orléans sur Mgr. Louis de Bourbon, le soin de se demander s'il est plus infamant de descendre de Franco que d'être issu d'un régicide, Philippe-Égalité, et d'un usurpateur, Louis-Philippe. De même que quand on en est réduit à relayer la rumeur d'une ascendance Bourbon de notre prince par les femmes seulement, du fait d'une infidélité, c'est que l'on ne doit guère être sûr de son fait, et moins encore de son droit.


Bien triste est, en vérité, cette défense d'un royalisme révolutionnaire, alors que le texte fait quelques constats judicieux sur les dérives de la modernité, et bien plus dommage encore ce refus de reconnaissance du droit d'aînesse de Mgr. Louis de Bourbon, duc d'Anjou, quand la famille royale de France se devrait d'être unie pour relever le Trône et l'Autel, pour le bien et la gloire de notre pays.

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Beaujeu le Ven 25 Mar 2016, 21:38

Calliope a écrit:Je vous en prie Beaujeu, soyons sérieux. Les Lois ne sont pas circonstantielles, aléatoires et évènementielles. Des lois qui seraient fondamentales et consacreraient un descendant de Monsieur Egalité? Non! Je préfère aller noyer mon chagrin que provoque votre raisonnement dans mon Pub" préféré!

Je me suis fait extraordinairement mal comprendre.
Je prenais pour un instant l'hypothèse que les lois fondamentales désigneraient pour le trône les Orléans, puisqu'ils argumentent en ce sens au travers des querelles dynastiques. Je leur donnais raison pour un instant, pas plus. Pourquoi ?  
Eh bien, pour suggérer que la fin de Louis XVI me semblait suffisamment "énorme" pour qu'alors ces lois fondamentales elles-mêmes (quand bien même elles ne sont pas circonstancielles, aléatoires, événementielles...) ne puissent plus justifier la possession du trône, car la circonstance, l'aléa et l'événement sont tellement "énorme" qu'ils en dépassent à mon sentiment toute autre considération.
En d'autres termes, je disais les querelles ipso facto sans objet : le trône ne peut aller qu'à la branche représentée par Louis XX, quels que soient les arguments.
Mais nul n'étant coupable pour ses ascendants, cela n'ôte rien à la nécessité de la coopération entre les deux branches.


Dernière édition par Beaujeu le Lun 28 Mar 2016, 17:42, édité 1 fois (Raison : correction de faute)
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Beaujeu le Ven 25 Mar 2016, 21:46

Henry a écrit:Quand on fait de l'humour caustique sur la tête du roi, comme d'un ballon de basket, vous serez parfait pour jouer le révolutionnaire qui la sortira, la tenant dans sa main, pour l’exhiber à la populace.

Vos semblables ont mis dehors Ordre Naturel, et vous venez ici le narguez sur un de ses posts... Même silencieux, il vous énerve?

Voyez ma réponse à Calliope. Je tâcherai d'être moins succinct une autre fois. Je ne saurais être orléaniste en aucune façon.
Pour Ordre Naturel, j'ai au temps de son éviction de "Vive le Roy" adressé un MP aux administrateurs pour la déplorer.
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Dim 27 Mar 2016, 23:22

Cher administrateur, veuillez laisser au dessus du spoiler, au moins un paragraphe pour accrocher le lecteur.
Merci d'avance.

Merci de votre changement de sémantique Beaujeu. Bonne fête de Pâques à vous.
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Mickaelus le Mar 29 Mar 2016, 17:56

Henry a écrit:Cher administrateur, veuillez laisser au dessus du spoiler, au moins un paragraphe pour accrocher le lecteur.
Merci d'avance.
Étant donné que les premières lignes du texte sont trop dispersées, j'ai choisi la mise en situation juste avant le débat entre Jésus et ceux qui veulent faire de lui un roi au sens temporel. Cela étant dit, par expérience et pour être parfaitement honnête, les longs textes religieux et mystiques sont rarement lus par les visiteurs de passage, je le crains. Le mieux aurait encore été que vous eussiez présenté le texte et dit pourquoi vous l'aviez choisi dans ce contexte. Pour ma part, j'ai écrit rapidement ce que cela m'inspirait dans le message ayant suivi le vôtre.


Concernant l'interprétation des propos de Beaujeu, je suis heureux de ne m'être pas trompé dans mon analyse proposée ci-dessus avant explication. Puisque Henry évoque Pâques, il fallait sans doute faire preuve d'esprit chrétien en présupposant d'emblée le style indirect de l'hypothèse ; la sémantique, quoi qu'elle ait pu déplaire, n'était pas tout le problème. Et justement, les gens qui écrivent encore ici sont si peu nombreux que l'on devrait par principe, quand ils se sont présentés comme légitimistes, leur laisser le bénéfice du doute. Cela sans compter que les orléanistes sont souvent moins directs et plus pernicieux dans leurs analyses. Comme le sont les écrits du comte de Paris, Henri d'Orléans, que je vous invite à relire ci-dessus, ne serait-ce que pour bien voir combien l'orléaniste prend soin généralement de mélanger le vrai et le faux pour égarer son lecteur au sujet de la tradition royale capétienne.


Beaujeu a écrit:Mais nul n'étant coupable pour ses ascendants, cela n'ôte rien à la nécessité de la coopération entre les deux branches.
Je suis d'accord avec vous sur le principe, du moins j'aimerais vraiment et sincèrement que les Orléans puissent jouer leur rôle naturel dans la famille royale de France au sens large. Bien malheureusement, quand on lit les propos du prétendant orléaniste actuel (Henri, comte de Paris, qui se prétend duc de France et Henri VII de jure), que j'ai commentés ci-dessus, on se rend compte que s'il n'est pas responsable des actes de ses lointains ancêtres, il s'inscrit hélas toujours dans leur héritage (celui de Louis-Philippe en tout cas, mais il cite aussi le Régent, qu'on peut "remercier" pour avoir revigoré la fronde parlementaire au début du règne de Louis XV), en utilisant sans vergogne des acquis révolutionnaires pour justifier ses droits supposés, et détourner la royauté de son acception sacrée pour en faire ce que j'ai qualifié de "présidence des opinions" - qu'elle soit héréditaire, ne nous avancerait guère. En somme, tant que les Orléans seront dans cette optique d'usurpation et de collusion avec la Révolution, il sera difficile de se montrer indulgent à leur égard. Même si, pour être parfaitement honnête, le problème des acquis révolutionnaires, qui s'était posé pendant la Restauration au début du XIXe siècle, se pose encore avec ces royalistes qui soutiennent le duc d'Anjou, Mgr Louis de Bourbon, mais tout en voulant une monarchie parlementaire ou constitutionnelle bien éloignée du modèle capétien. Il s'agit d'être clair et ferme face à ces deux dérives. Comme je l'ai toujours écrit sur ce forum, il faut savoir si l'on veut restaurer la monarchie française, ou bien instaurer une monarchie républicaine à l'espagnole. Quant à moi, mon choix est fait depuis longtemps en faveur de la première, mais les orléanistes comme les légitimistes libéraux œuvrent à l'évidence pour la seconde.

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Mer 30 Mar 2016, 00:39

Réforme, réforme...

Le « Soleil » sous la signature de M. Edouard Hervé a publié un article qui peut être considéré comme un manifeste puisqu’il a été reproduit par plusieurs journaux en même temps.

Le journal de Monseigneur le duc d’Aumale nous apprend qu’un comité réformiste s’est formé le 28 mai, 3 rue des Pyramides, à Paris.
« Le pays dit-il régi par des institutions qui n’offrent que d’insuffisantes garanties de stabilité manque de confiance dans son avenir. Cette situation ne fera qu’aggraver tant que les réformes n’auront pas été apportées à notre organisme politique. Le comité s’efforcera d’en poursuivre la réalisation par les voies légales au moyen de la réforme électorale et de la révision constitutionnelle. Il est d’avis de commencer par la réforme électorale.
Sur quelle base devra reposer la nouvelle loi électorale ? Sur le suffrage universel d’abord. C’est un principe qui doit être maintenu au-dessus de toute discussion.Il ne s’agit pas de savoir si la France sera ou ne sera pas une démocratie.
Elle est une démocratie : elle ne peut plus être autre chose. Il s’agit de savoir comment cette démocratie doit être organisée.
Or nous voulons qu’elle soit organisée de manière que le Parlement soit la représentation fidèle de la nation.
Ce n’est pas ce qui a lieu en ce moment. Aujourd’hui le pays peut se trouver engagé dans les questions les plus graves, contre sa volonté. Nous le prouverons.
Notre enquête est déjà fort avancée. Pour la terminer, nous faisons appel au concours du public…
La question de la réforme électorale, se posera devant la chambre, dès le commencement de l’année 1884.

La question de la révision constitutionnelle se posera devant l’opinion et devant les chambres, au plus tard, dès le commencement de l’année 1885. De ces questions dépend l’avenir de la France. Il n’est que temps par conséquent d’en étudier les éléments et d’en préparer la solution. Dans la campagne qui va s’ouvrir, qui est déjà ouverte et qui se terminera, nous en avons le ferme espoir, par une victoire pour les idées d’ordre, de conservation et de vraie liberté, nous n’avons pas la prétention d’être des chefs mais des éclaireurs.

Voilà donc les grands moyens que les Orléanistes se proposent d’employer pour que la France est confiance dans son avenir : la réforme électorale. Ils vous disent cela sans sourciller avec le  plus grand sérieux.
D’abord, comment obtiendront-ils du parlement cette réforme ? Sont-ils sur d’y trouver une majorité ?
Supposons qu’il en soit ainsi, qu’on adopte le scrutin de liste. Les Orléanistes seront-ils plus avancés ? S’imaginent-ils que le peuple ira à eux ? (sic)

Les catholiques et les gens sensés n’auront pas beaucoup de confiance dans ces déclarations intéressées de ces journaux. Ils se souviendront que ses membres, dans les rangs du centre gauche ou de l’union républicaine, ont bien lestement sacrifié, les intérêts de la religion, quand ces intérêts étaient en jeu. Ils se souviendront qu’a eux seuls nous devons la situation actuelle.

Les Orléanistes seraient bien naïfs s’ils comptaient sur le peuple des campagnes. Aujourd’hui le parti conservateur est encore plus mauvais que sous le gouvernement de l’ordre moral, et plus nous irons dans les ornières de la république, plus il deviendra corrompu.

Les orléanistes en seront pour leurs frais de démarche et d’étude. Ils ne réussiront pas mieux qu’autrefois. La conséquence de la réforme électorale, disent-ils, serait la révision de la constitution. La république serait donc maintenue. Ce serait encore quelque chose comme le gouvernement de l’ordre morale.  Cela ne nous étonne pas puisque la plupart des orléanistes appartiennent à la franc-maçonnerie.
Le 3 décembre 1883, pour le droit monarchique.
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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Alain le Mar 19 Avr 2016, 13:51

Simplement... Je suis très heureux que notre "collègue" Beaujeu soit toujours parmi nous! Vous m'avez fait bien peur! Bien cordialement à vous Beaujeu!

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Re: Ce que doit penser un royaliste pur de l’orléanisme

Message par Henry le Mar 19 Avr 2016, 18:22

Le duc de Penthièvre meurt saintement après la mort de sa fille, madame de Lamballe. Philippe Égalité d'Orléans, qui tenait à la fortune de son Beau père, comme un chien à son os, fera subir à madame de Lamballe une fin atroce, sans parler de la destitution de ses droits de succession.

C'est assez paradoxal que les Orléans  qui crée une obédience de l'ordre Saint Lazare sous leur patronyme, par Charles Philippe d'Orliac, (Elle est placée (jusqu'en 2012)4 sous la protection du « chef de la maison d’Orléans, et la protection spirituelle du primat émérite de Hongrie, le cardinal László Paskai) distribuent des médailles de Saint Lazare, quand par logique et déduction, sa maison fut pillée par les Juifs après la Résurrection.
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