Ô réseau; mon beau réseau!

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Ô réseau; mon beau réseau!

Message par Calliope le Mar 18 Oct 2016, 18:15

J'ai hésité entre poster ce nouveau "topic" ici et à l'endroit du thème "théologie"... Finalement, nous nous retrouvons en ce lieu!
Tout simplement j'ai découvert "internet" en 2005, ce qui semble assez tardif. Au début j'ai été très heureux de découvrir un "machin" comme wikipedia, enchanté de découvrir des gens qui depuis des blogs témoignaient de leur expérience d'expatrié. Et, très vite, je me suis rendu compte que wikipedia n'était qu'un centre de combat de petits coqs. Et que les blogs n'étaient tenus que pas des ratés qui espèrent un auto-financement publicitaire au minimum avec en vue une reconnaissance sociale.
Après... J'ai découvert les forums. A part celui-ci et le "forum royaliste" de notre collègue Henryk, je n'en fréquente aucun.
Mais le pire est pour moi l'affabulation généralisée qui se produit sur le net. Les informations que nous y recueillons sont presque toujours erronées. J'y vois d'anciens collaborateurs ( sur LinkedIn ou Facebook) se prévaloir d'expériences qu'ils 'ont pas, de diplômes qu'ils n'ont jamais obtenus. Des entreprises en liquidation judiciaires pour insuffisance d'actif se vanter de réaliser plusieurs dizaines de millions d'Euro de bénéfice! J'en ai assez de ce vecteur de n'importe quoi qu'est devenu le "net".
Après, il y a eu- pour moi- la musique dématérialisée avec Qobuz. Bon, soyons sérieux: J'achète une huitaine de disques par moi. L'abonnement "high end" de Qobuz + gravage d'un support plus création d'une pochette n'est tout simplement pas rentable ( en plus, ils sont en liquidation judiciaire eux aussi!).
Donc, quel intérêt du "Net"? Pour moi, aucun. Perte de temps intégrale. En 11 ans, à part Mickaelus, Blanche et quelques autres, je n'ai rencontré personne. J'ai juste perdu du temps à trier des informations bidons.
Par là, j'ai décidé de me séparer de la dématérialisation et de l'internet. Je vais ramener ma "swissbox" et ses gadgets à leur fabricant et revenir aux vrais supports: Le courrier "stylo-plume", le disque noir, le CD... Mais pour moi, c'est fini: Les forums auraient pu être de très belles machines de rencontre, mais les gens préfèrent les affabulations de "Facebook" ( je vomis cette boîte, j'espère que Zuckerberg finira très mal: Un type qui n'a aucune vigilance sur sa "maison" virtuelle, c'est comme un patron de Bar qui autorise la pédophilie chez lui!). Mais j'en ai vraiment assez: Ma boîte sur "Yahoo" a été torpillée par modification du mot de passe et n'est plus utilisable. Quant à Swisscom, le temps de comprendre leur logique particulière, j'ai le temps d'écrire une épopée!!!
Bref, je vais me faire plus absent sans disparaître: Il y a le net dans le bureau de mon épouse et j'y lirai ce qui se produit ici.
Amitiés à tous. Mais mon beau réseau, tu m'ennuies et je ne t'aime plus!


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Calliope
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Re: Ô réseau; mon beau réseau!

Message par Mickaelus le Mar 25 Oct 2016, 16:42

Ah, c'est qu'il y a hélas tellement à dire sur internet et ses implications dans le quotidien de l'ensemble de la population désormais ! Dès lors, effectivement, ce nouveau "sujet" (plutôt que "topic" : je sais que tes guillemets étaient ironiques ou voulaient montrer comment on nous pousse via le support informatique à utiliser l'anglais plutôt que le français) pouvait correspondre à plusieurs catégories du forum, selon l'angle de réflexion qu'on voulait lui conférer. "Théologie" et morale pour axer le sujet sur l'influence de l'internet sur les mœurs en général, "civilisation française", également, si l'on veut considérer la contamination sur le long terme du phénomène par rapport à notre pays, mais les rubriques de présentation (sur son propre sujet) ou "la cour" pouvaient convenir pour une approche plus personnelle. La vérité est qu'il y a un peu de tout ceci dans ton message.

Je ne pense pas que tu aies découvert internet si tard que cela, car il ne faut pas oublier que les premières offres n'étaient pas illimitées, c'est-à-dire que l'on payait un forfait de tant d'heures par mois, avec une facturation supplémentaire substantielle en cas de dépassement - cela rappelle plutôt les téléphones portables actuels, que je n'utilise pas. Ainsi, il y a eu une accélération de l'emprise d'internet sur la société une fois que les offres ont toutes permis de se connecter autant de temps que désiré. Certes, c'était une poignée d'années avant 2005, mais le temps que les fora puis les réseaux sociaux et autres boutiques en ligne s'installent vraiment dans les mœurs, il me semble que les années 2000 ont vraiment été le cœur de la construction de tout ceci.

Faut-il regretter l'existence d'internet ? Certains éléments me font penser que oui, d'autres que non, pour être parfaitement honnête, mais ce sont des questions que l'on peut tout aussi bien se poser par rapport à la télévision ou au téléphone portable (on est rarement très critique contre le téléphone fixe, sauf par rapport à certaines démarches publicitaires comparables à du harcèlement). Je pense que cette technologie incarne ou plutôt représente le meilleur et le pire de ce qu'une liberté débridée peut donner, parce que finalement c'est une machine parfaitement libérale, pour laquelle on a du mal à vraiment penser des règles ou pour laquelle on l'a fait un peu tard en se rendant compte que tout n'était pas si avantageux (je parle d'un contexte français ou occidental, on sait bien que certains pays exercent un contrôle politique sur cette technologie).

L'exemple de Wikipédia est tout à fait intéressant, de concert avec tous ces sites créés de manière bénévole sur tous les sujets que l'on peut imaginer ; car si l'on songe tout d'abord à la belle idée d'une encyclopédie universelle gratuite (hors condition d'accès via le forfait internet, tout de même !) et disponible pour tous, on a vite fait de se demander qui écrit les articles et avec quelle légitimité, qui les censure et d'après quelles règles à propos des sujets délicats, etc. Je mets de côté la "dispute intellectuelle" qui peut aussi valoir dans des productions plus académiques, mais c'est cela le problème : cette liberté d'internet permet la circulation d'une profusion d'informations, mais sans contrôle ni légitimité intellectuelle. Pour moi aussi, c'est un leurre et rien ne remplace un livre. Wikipédia et autres sites ont leur côté pratique mais à partir du moment où l'on s'en sert pour des sujets de vie courante. Ce n'est pas très grave de chercher des données touristiques ou des recettes de cuisine sur internet, mais imaginer que des enfants fassent leurs devoirs en se débarrassant des livres, c'est aussi triste qu'ennuyeux.

En fait, c'est assez souvent mon point de vue vis-à-vis de ce que rend possible internet ; un côté pratique dont il ne faut pas tout attendre, et qu'il faut avoir la sagesse de contrôler. Par exemple, il faut bien convenir que les conversations par vidéo permettent à des membres d'une même famille qui vivent éloignés les uns des autres, de communiquer d'une manière plus directe que par écrit, ce qui n'enlève pas ses mérites propres à ce dernier. Cela ne remplace pas pour autant une vraie rencontre. Et il y a toujours, avec la technologie, le revers de la médaille : ainsi, ces mêmes caméras fixées à nos ordinateurs portables (webcams) serviraient d'après certains à nous espionner, mais aussi à d'autres activités moins reluisantes que d'innocentes communications familiales ou amicales (je parle du marché du sexe). L'on pourrait continuer à propos des boutiques en ligne comme Amazon, si pratiques mais qui contribuent si bien, ou si mal, à ruiner le principe même de la vraie librairie, la libre circulation des fichiers et le problème du piratage (avant internet, il y a eu les graveurs, permettant de dupliquer les disques audio, et dont les rares possesseurs dans les écoles faisaient fureur). Et que dire des réseaux sociaux et des fora qui, pouvant faciliter la communication entre les gens, deviennent souvent le lieu du voyeurisme, de la bêtise, de la violence et de l'exercice de la tyrannie du pouvoir horizontal par le procédé du mimétisme et de la convenance sociaux, basés à notre époque sur le nihilisme ? C'est devenu un exercice quasiment obligatoire auquel même l’Église se plie désormais.

Comme je l'écrivais au début de mon message, il y a tant et trop à dire sur internet en terme de civilisation, mais je crois qu'en fin de compte, du fait de l'application libérale de cette technologie, il s'agit ou de ne pas l'aborder, ou bien de le faire avec modération, et là c'est l'éducation et la volonté qui entrent en jeu. Il y a sans doute quelques bonnes choses à en retirer, mais à la stricte condition de ne pas tomber dans les nombreux pièges qui s'y trouvent. N'est-ce pas un peu comme dans la vie elle-même finalement ? Mais il peut arriver que comme dans ton cas Calliope, l'on soit devenu certain que l'on n'a plus rien à retirer de telle chose, alors autant faire sans. Pour ma part, je pense pouvoir mettre au crédit d'internet la découverte du légitimisme contemporain. Non pas du légitimisme en tant quel, car celui-là je l'ai compris historiquement d'abord dans mes lectures de la littérature française du XIXe siècle, mais je doute que j'eusse jamais entendu parler de Louis XX autrement (c'est sans doute triste de devoir le constater, mais je me dois d'être honnête sur ce point, dans le monde réel, la connaissance du légitimisme est extrêmement confinée). La période 2004-2007 (au terme de laquelle j'ai choisi définitivement le légitimisme comme seul principe pouvant représenter la France) a prolongé mes études historiques et littéraires via internet en me faisant découvrir les micro-mouvements de droite, bonapartiste, royaliste, etc.

Seulement, c'est vrai, alors que dans les années 2000 les fora étaient les plus importants, avec des lignes directrices et comme des programmes éditoriaux, aujourd'hui les réseaux sociaux règnent en maîtres et constituent une ruine de la pensée intégrale, quand même les pages royalistes consistent pour la plupart à publier des photos à la chaîne comme dans un magazine people. On s'y félicite du nombre de personnes qui cliquent sur "j'aime" ou qui se sont "abonnées" à la page, sans se demander le moins du monde ce que pensent vraiment tous ces gens. Ce site a même eu sa propre page il y a des années, avant que je ne la ferme moi-même en me rendant compte que cela n'avait aucun sens et ne conduisait à rien qu'à du chiffre arbitraire (c'est aussi pourquoi sur ce forum, je supprime les comptes sans messages). Nous nous trouvons face à un phénomène de quantification d'où la qualité est nécessairement de plus en plus absente. Alors, d'internet, je conserve le côté pratique, mais intellectuellement il y a longtemps que je n'en attends plus rien, on n'a presque plus que des vitrines qui sont presque autant de coquilles vides. On ne peut nier que la publicité nous soit relativement utile, tant le royalisme est boudé par les médias, ou bien abordé soit de manière partiale, soit trop peu souvent, quand ce n'est pas les deux. Ce qui est sûr par contre, c'est que le message intrinsèque du légitimisme ne peut pas s’accommoder de celui de Facebook et consorts. Allons plus loin : Facebook est un avatar du principe démocratique dans son acception la plus déplorable et la plus pitoyable, alors ceux qui acceptent cela n'ont plus aucune réserve intellectuelle pour préserver les royalistes de la participation au système démocratique lui-même, soit les élections. De ce point de vue, le sujet est sérieux et ne concerne plus seulement la manière de vivre de tel individu.

Voilà pour ces quelques pensées sur le sujet, un peu désordonnées je m'en excuse. Je te souhaite un bon sevrage d'internet, cher ami Calliope, peut-être suivrai-je quelque jour ce même chemin si mes loisirs m'en détachent tout à fait. Heureusement, demeurent les manières classiques et authentiques de se contacter et de se rencontrer, et puis tu es toujours le bienvenu céans quand tu le souhaites - même si notre cher endroit n'est sans doute plus qu'une réminiscence de ce qu'il fut jadis, un peu comme une autre idée d'internet.

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