Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

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Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Mickaelus le Mar 08 Nov 2016, 18:17

Si j'ai placé ce sujet dans cette rubrique civilisation, c'est parce qu'il m'a semblé que ce nouvel ouvrage de Philippe de Villiers, qui poursuit à sa façon l'enquête déjà commencée dans les Mosquées de Roissy il y a dix ans, traite d'un sujet qui engage l'avenir de l'ensemble de la civilisation française, c'est-à-dire qu'il concerne en fait un enjeu qui conditionnera la possibilité même de la perpétuation de la France, qu'on lui confère une définition royaliste et légitimiste comme nous ici, ou celle de nos adversaires orléanistes, bonapartistes, gaullistes, etc. Je partage ainsi un constat de l'auteur, qui veut, comme il l'indique dans son introduction (l'extrait peut être consulté sur le site d'Albin Michel, je donne le lien ci-dessous), que si l'on peut se relever de divers problèmes, même aussi graves que la perte de la souveraineté, il y en a un qui s'avère fatal : la perte de l'identité, qui peut être comparée à la perte totale de mémoire chez un homme (à titre d'exemple, à propos d'un peuple qui a fait parler de lui récemment, les Gaulois n'ont laissé que des traces partielles faute de transmission écrite de leur mémoire). N'ayant pas encore lu l'ouvrage, je pense toutefois, pour avoir pris connaissance des Mosquées de Roissy à leur époque, que le diagnostic y est forcément intéressant, à ceci près qu'on ne peut pas espérer une lecture royaliste. De fait, si Villiers évoque au moins la responsabilité des Français quant à l'amnésie et l'oubli qui se sont installés (pour ne pas parler de trahison pure et simple), il estime que ce qu'il appelle l'ancien "roman national" est mort et enterré, et qu'il s'agit d'établir un nouveau "roman d'amour" pour la France - comprendre, ce que l'on peut encore sauver de la France. C'est assez dommage, car il ne me semble pas que cette visée soit vraiment incompatible avec le projet légitimiste ; car si nous savons bien que restaurer la monarchie ne ressusciterait pas le Grand Siècle comme d'un coup de baguette magique, cela ne doit pas empêcher de conserver les fondamentaux qui permettent de définir et, plus important encore, de faire vivre et de porter la civilisation France : le roi et les lois fondamentales, qui ne sont pas dites fondamentales pour rien, mais au sens de nécessaires !


Voici la présentation d'Albin Michel sur le site (on trouve l'extrait de l'introduction et du premier chapitre sur le site : cliquer ici) :
La France est meurtrie par le terrorisme. Mais il y a plus grave : elle est en train de perdre son identité. Si l’on ne fait rien, selon Philippe de Villiers, la voix du muezzin couvrira le son des cloches de nos terroirs.
L’auteur a eu accès à de nombreuses informations qu’il divulgue ici pour que les Français sachent et prennent conscience de l’extrême gravité de la situation.
À travers une mise en perspective vertigineuse, il rappelle  comment, depuis les années 1980, notre pays a été lentement mais sûrement « islamisé ». Rien n’a été fait pour répondre aux vagues migratoires et au plan secret de l’Europe. Pire, ce projet d’un « Eurislam », révélé ici au grand jour, a été encouragé par les élites françaises.
Il faut renouer avec notre pays. Philippe de Villiers propose d’inventer un nouveau roman national qui soit un roman d’amour. Pour que chaque Français puisse partir dans la vie avec un bagage imaginaire qui porte ses rêves.


Par ici vous pourrez visionner un entretien vidéo d'une petite demi-heure, Villiers ayant été l'invité du Talk du Figaro pour évoquer son livre et diverses petites choses : cliquer ici.

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Alain le Dim 04 Déc 2016, 00:19

Le lois fondamentales de la France sont révolues. La France "nouvelle génération révolutionnaire" a choisi un nouvel espace de civilisation qui s'articule entre les dimensions du socialisme, du libéralisme et du nationalisme. Par là, je crois que l'amour pour la France que signifie de Villiers n'est quand même pas vain: L'amour de la mémoire des origines peut devenir un premier rempart. Ce qui me fait encore une certaine tendresse pour le vicomte vendéen.
Mais, je ne crois plus au discours d'il y a 10 ans du MPF ( surtout depuis la dérive du MPF qui a fricoté avec Jacques Bompart le vauclusien pur nationaliste républicain). Je ne crois plus du tout en une islamisation du territoire qui fut celui du royaume de France par de méchants musulmans habités par la haine autant du sensible que du divin. Je crois par contre que l'effondrement civilisationnel des valeurs occidentales est infiniment plus préoccupant. Je ne vais prendre qu'un seul exemple:
Qui sont les acteurs des derniers actes de "terreur" en territoire dit français? Merah, le tueur de Toulouse, les tueurs de l'hyper-casher et du bataclan etc... Au lieu de hurler au méchant musulman égorgeur d'innocents français, j'ai essayé de savoir quel a été le parcours de ces "monstres". Tous ont eu le même:
- Purs produits de la république française ou du royaume parlementaire de Belgique pour la minorité.
- Petite enfance en crêche municipale.
- Education nationale laïque.
- Vacances collectives depuis un conseil général.
- Adolescence perturbée par alcoolisation et prise de stupéfiants.
- Délinquance, vols et rapines.
- Tentatives infructueuses d' avoir un vrai métier et replongeon dans la délinquance.
- Engagement dans des écoles de sous-officiers de l'Armée de Terre dont ils se sont fait dégagés.
- Tentative pour 2 d'entre eux de s'engager dans la gendarmerie.
Après, leur dernier échec, radicalisation en 6 à 18 mois et attentas suicides. C'est à dire qu'en 28 ans de vie, il leur a suffi d'un an pour devenir d'affreux assassins? Non! C'est le temps qu'ils ont su risquer qui a fait d'eux des assassins. Inutile de chercher l'islam: Depuis que le territoire du royaume de France est administré par la république, les actes qu'ils ont réalisés sont absolument banal et n'ont rien de nouveau:
-Blanqui qui tirait aux terrasses des cafés était fils d'un député de la convention et frère du fondateur d'ESCP-Europe. Il a de nombreuses rues dans nos villes.
-Sieyès affirmait que le peuple était la propriété de l'Etat ( comme Sartre dans "l'Etre et le néant") et que donc il était à découvert en cas de crise majeure de l'Etat.
-L'anarchisme au début du XXème siècle avait aussi pour habitude de tirer dans le "tas"
-Le surréalisme a même fondé moralement la possibilité de réaliser un carnage de masse ( André Breton).

Alors... Les musulmans qui vont nous empêcher de sonner les cloches de nos églises? Non... C'est la honte de ce que les français sont devenus qui fait que ceux-ci ne veulent plus sonner les cloches. Quant aux musulmans j'en doute absolument: Un petit gars en perdition depuis une vie saccagée ne saurait devenir musulman en 12 mois tout comme je suis incapable de devenir spécialiste en biologie organique dans le même temps. Et, s'il se fait sauter en tuant plein d'innocents c'est pour d'autres raisons qui ont pour origine la déficience ontologiqe de la république, hélas. Mais cela, personne ne souhaîte l'entendre. Il faudra beaucoup de brigades du tigre pour éviter que de nouveaux massacres aient demain réalité: Simplement, les anarchistes d'hier sont remplacés après 100 ans par des "nationaux-surréalistes" nommés "islamistes".

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Mickaelus le Mer 07 Déc 2016, 19:49

Alors, nous avons là plusieurs sujets intéressants dans ton intervention, Calliope, et je vais tenter de proposer une réponse à plusieurs points abordés, sans faire trop long, même si cela a déjà été évoqué ailleurs sur le forum - et ce ne sera sans doute pas la dernière fois au vu de la situation européenne et mondiale.

Commençons par Philippe de Villiers et le Mouvement pour la France (MPF). D'abord, c'est vrai, c'est un parti qui a opéré un changement de stratégie autour de 2005-2006, c'est-à-dire en vue des élections présidentielles de 2007. Je me souviens très bien d'un Villiers disant lors d'une réunion à Nantes, en 2006, que le but était dans l'idéal de devenir le premier parti de droite nationale, avec son transfuge du Front National Guillaume Peltier (aujourd'hui chez les Républicains...). J'imagine que c'est ce qu'il voulait dire quand Bruno Retailleau, l'ancien dauphin de Villiers, a dit avoir rompu avec lui quand il s'est radicalisé, quand on l'a interrogé sur son passé autour du succès récent de François Fillon. Avant cela et les déclarations plus musclées de Philippe de Villiers, on peut dire qu'il correspondait assez à l'image de catholique réactionnaire des terres de l'ouest qu'on a tenté de donner à François Fillon, à la grosse nuance près que la marque de Villiers était le combat souverainiste. Même si le diagnostic était bon, c'était probablement une erreur stratégique de faire passer la thématique islamiste avant ce combat-là - de même que l'association avec Peltier, et quant à Bompard, l'ennemi des Le Pen dans son fief, ça m'a semblé assez anecdotique mais ça va dans le même sens.

Cela étant rappelé, si le constat de Villiers était lourd dans les Mosquées de Roissy, les solutions n'étaient tout de même pas ce que l'on pourrait qualifier d'extrémistes, comme diraient les gens de gauche : je me souviens surtout de cette "charte républicaine" pour la construction des mosquées, et d'un conditionnement selon les valeurs civiques. Plutôt du Chevènement que de la réaction ou de la contre-révolution catholique, on en conviendra. Le Villiers d'aujourd'hui semble être plus réservé, du fait de sa liberté de parole, sur la compatibilité de l'islam avec la France ou la république - cela tend à se confondre chez lui. Mais de toute façon, Philippe de Villiers n'a jamais été royaliste ; je pense que l'image de vicomte qu'on lui a collée est trompeuse. Il est assez proche de son ami Eric Zemmour le bonapartiste, car si Villiers peut discourir, à propos de saint Louis sur lequel il a bien écrit, sur les différences entre auctoritas et potestas qui fondait l'ancienne royauté, il ne s'en réclame clairement pas (parenthèse : le nouveau spectacle sur Charette au Puy du Fou, que j'ai vu cet été, est plus libéral-conservateur que contre-révolutionnaire dans sa tonalité, avec une mise en lumière sur Napoléon au début). Pour lui, les Lois fondamentales anciennes sont bel et bien mortes (ce qu'il en pense, je ne le connais pas personnellement pour le dire), et on ne pourrait espérer qu'en une synthèse nouvelle qui reprendrait les plus beaux oripeaux de la France encore disponibles le moment venu.

Pour ma part, je suis en désaccord, nécessairement, sur ce point : les Lois fondamentales ne sont plus appliquées politiquement, et sont mortes au temporel si l'on veut, mais elles demeurent dans leur essence, dans leur définition, dans leur application lignagère et civilisationnelle, et en ce sens spirituel, mystique, historique, elles demeurent vivantes et une source incontournable de référence pour toute perspective de reconstruction de la France. Les fondations sont bel et bien là, on n'a pas à réinventer cela ; bien sûr qu'il y aurait de nouvelles bâtisses et que l'histoire vivrait, mais si c'est autre chose que la France que l'on veut voir surgir du chaos actuel, eh bien un autre nom sera sans doute préférable.

Venons-en maintenant à la question de fonds relative à l'islam, par rapport à l'anéantissement de la civilisation française, une question qui ne saurait être traitée qu'en considérant quelques actes terroristes, tout spectaculaires qu'ils aient pu être, ni en juxtaposant des conséquences formelles similaires (les actes terroristes et anarchistes) sans examiner les causes.

D'abord, je dois dire qu'il se trouve quelques éléments qui me semblent juste dans ton raisonnement, Calliope, mais que tu en négliges d'autres exprès, et ce n'est pas la première fois, ce qui m'étonne et va donc m'obliger à y répondre de même. Car en premier lieu, oui, c'est indéniable, la disparition de la France royale et catholique, de même qu'une politique orléaniste, bonapartiste puis républicaine de la colonisation (sans conversion des musulmans) ont eu des effets absolument catastrophiques, dont nous sommes donc les premiers responsables, ce qui implique une responsabilité qui a valeur de cause dans la situation que nous vivons. Mais, tu oublies ou fais semblant de ne pas voir, que ce n'est pas parce que cette cause-là existe, qu'il n'en existe pas d'autres qui œuvrent pour concourir à la situation que nous vivons. Pour l'écrire simplement, ce n'est pas parce que la Révolution et la république, d'abord en établissant l'égalité et le relativisme religieux, puis en détruisant les frontières et en faisant de l'immigration un dogme, ont fait perdre au pays son système immunitaire au niveau de la civilisation, qu'il n'existe pas dans la civilisation musulmane, dans le dogme de l'islam, cet impératif de conquête, y compris par le seul peuplement de masse, que des analystes lucides ont le courage de dénoncer, même si cela est fait au nom de la république dont je viens de citer le vice relativiste intrinsèque. A titre d'exemple historique, l'islam n'a jamais eu besoin de la république ni des États-Unis pour commettre des actes de violence ou de conquête : c'est son fondement à travers l'action de Mahomet et de ses successeurs. Quand l'Espagne des rois wisigoths est conquise aux trois-quarts par les forces armées de l'islam, on est bien en mal de trouver là le prétexte d'une quelconque dégénérescence démocratique. Dira-t-on, d'un point de vue formaliste, qu'il ne s'agissait que d'une conquête d'un peuple contre un autre, sans que l'islam y ait aucune part ? Je pense que non, car on sait que l'islam a été le moteur de ces conquêtes. L'islam comporte une logique agressive vis-à-vis de ce qui n'est pas l'islam depuis l'origine, et si cela a varié aujourd'hui, c'est d'abord parce que ces pays ne font plus le poids militairement, ensuite parce qu'ils sont rentrés en partie dans la logique diplomatique internationale, enfin parce l'argent du pétrole offre d'autres voies plus sournoises à certains.

Dans tous les cas, ce n'est pas une question morale, l'intérêt n'est pas de savoir si les musulmans sont "méchants" puisque tu emploies ce mot, ni comment se situe chaque individu dans sa pratique. C'est une logique de conquête qui englobe la communauté, sans que l'on puisse substituer une analyse individualiste sur un mode libéral occidental et contemporain : l'islam est une religion qui n'entre pas dans ce moule, même si les républicains espèrent en un islam de France démocratique. Il y a ce fait indiscutable que la population musulmane augmente en France depuis plusieurs décennies, de même que le nombre de leurs lieux de culte. Cela ne fait pas de cette religion et de ses fidèles les responsables de la Révolution française et de la mise en place de la liberté religieuse, mais ils en bénéficient et tendent à former des zones de concentration où c'est la culture musulmane qui prend la place de ce qu'il reste de la culture française - il y a des tas d'exemples en région parisienne ou autres régions à densité urbaine. Il n'y a pas besoin d'avoir une volonté de conquête consciente et assumée de chaque individu musulman dans pareille situation : cela se produit naturellement. Le parcours scolaire que tu évoques pour certains terroristes, ne contredit en rien la culture musulmane dominante des quartiers dont ils viennent, encore moins dans une éducation nationale française qui n'enseigne plus l'histoire de France qu'avec des pincettes. Concernant ces jeunes malheureux du reste, la question n'est pas de savoir s'ils sont des assassins, des barbares, des fous comme le font les commentateurs de gauche ; ils se sont fait soldats de l'islam. Non pas par un pur hasard "surréaliste" (puisque tu cites cette tendance), mais d'abord du fait de leur origine ethnico-culturelle qui préparait un terrain propice (tu ne trouveras pas de jeunes pauvres d'origine française avec l'envie de se faire exploser, sauf ceux qui se convertissent à l'islam), ensuite parce qu'il s'est trouvé des gens pour les recruter. Ces jeunes ne jouent pas au terroriste par désœuvrement seulement, mais parce qu'il existe une guerre en Syrie et en Irak, où s'est développé un État islamique, qui cherche à causer du mal en France parce que la France participe à la coalition qui le bombarde. Ce n'est pas du hasard, c'est une guerre, dont des jeunes, qui choisissent leur camp, sont les soldats occasionnels - ainsi quand ils exécutent un ordre ponctuel en égorgeant un prêtre catholique comme en Normandie il y a quelques mois. A partir du moment où ils appliquent les ordres de ces chefs musulmans, ils s'inscrivent dans cette guerre, peu importe leur niveau en théologie. Les soldats des seigneurs du royaume de France au moyen-âge n'étaient certainement pas de grands théologiens non plus, ni les fameux routiers de la Guerre de Cent ans, etc.

Il faut dire la vérité sur ce forum et ne pas fuir la réalité comme dans le concept d'"identité heureuse" d'Alain Juppé : oui, si la population musulmane continue à augmenter de façon exponentielle en France, et en Europe, cela posera des problèmes non pas tant aux cloches (même si Dalil Boubakeur a déjà osé revendiquer des églises désertées) qu'aux chrétiens de chair et de sang, comme on le voit en Orient chez nos frères martyrisés. Et ceux qui justifient l'islam par complicité et aveuglement, et en fermant les yeux sur l'enseignement de Mahomet, portent une grave responsabilité morale, parce qu'ils encouragent ce qui est en train de se passer. L'islam est porteur d'une guerre de civilisation perpétuelle, c'est culturel et théologique, et que la république ait préparé le terrain ou suscité des réactions via la Syrie, n'y change rien ; accueillir cette culture hostile sur notre territoire, le tolérer ou l'encourager, est complètement irresponsable et inacceptable.


Dernière édition par Mickaelus le Dim 11 Déc 2016, 23:38, édité 1 fois (Raison : Correction de quelques fautes)

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Mickaelus le Dim 11 Déc 2016, 23:32

Calliope a écrit:Alors... Les musulmans qui vont nous empêcher de sonner les cloches de nos églises? Non..
Mickaelus a écrit:Il faut dire la vérité sur ce forum et ne pas fuir la réalité comme dans le concept d'"identité heureuse" d'Alain Juppé : oui, si la population musulmane continue à augmenter de façon exponentielle en France, et en Europe, cela posera des problèmes non pas tant aux cloches (même si Dalil Boubakeur a déjà osé revendiquer des églises désertées) qu'aux chrétiens de chair et de sang, comme on le voit en Orient chez nos frères martyrisés.
Il y a des jours où l'on aurait préféré avoir tort, alors que vient d'être illustré de manière dramatique, en Égypte, ce que j'écrivais dans le paragraphe conclusif de mon message. Prions pour ces malheureux dont la situation est si précaire et dangereuse au quotidien, dans cet océan d'hostilité en Orient, et prions aussi pour les chrétiens d'Occident, pris entre athéisme et relativisme religieux.


Le Caire : un attentat dans une église copte fait au moins 23 morts

   Par lefigaro.fr , AFP, AP, Reuters Agences Mis à jour le 11/12/2016 à 21:11 Publié le 11/12/2016 à 12:21

VIDÉO - L'explosion d'une bombe a eu lieu pendant la messe, vers 10 heures, dans l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, juste à coté de la grande cathédrale. Trois jours de deuil national ont été décrété par le président al-Sissi.

Au moins 23 personnes ont été tuées et 49 ont été blessées dans l'explosion d'une bombe survenue dimanche matin dans l'église copte Saint-Pierre et Saint-Paul du Caire, en Égypte, selonle dernier bilan du ministère de la Santé. Cette église jouxte la cathédrale Saint-Marc, principal lieu de culte des Coptes de la capitale, actuellement en rénovation. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui a condamné ce «lâche» attentat.

[...] Le dernier bilan connu vers midi faisait état de 25 morts et une cinquantaine de blessés.

[...] Les Coptes orthodoxes d'Égypte, 10% de la population, constituent la grande majorité de la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l'une des plus anciennes. Faiblement représentés au gouvernement, les Coptes s'estiment tenus à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police.

La montée d'un islam rigoriste aggrave leur sentiment de marginalisation, surtout depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février 2011, qui s'est traduite par une dégradation du climat sécuritaire et une visibilité accrue des islamistes.
(Lire l'article dans son intégralité ici - Le Figaro)

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Henry le Sam 17 Déc 2016, 20:34

Nous voyons la séduction que nos élus, s'empressent de faire au "monde" musulman. Les musulmans se moquent de ce système de gouvernement... et comme ils ne peuvent lutter contre, ils s'attaquent aux plus faibles.
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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Clovis le Sam 14 Jan 2017, 10:35

Remarquable sujet abordé ici, un grand merci à vous trois.

En effet, derrière le son de nos cloches, il y a bien notre civilisation française, notre identité qui est notre coeur même et qui irrigue toute notre vie.
France, Fille aînée de l'Eglise oui, donc aussi : France, Fille de Dieu!
Au-delà de toutes les trahisons innombrables envers notre pays depuis l'instauration de la république et du modernisme par la terreur, De Villiers nous ramène au principe même de la civilisation: l'amour!

De villiers veut restaurer l'amour de la France par le rêve et l'imaginaire, par le roman d'amour et le réveil des nobles sentiments.
Soit! Nous sommes d'accord que cela peut servir l'amour de la France, comme sa nostalgie, mais c'est largement insuffisant.
Cela me porte vers une nouvelle question: comment restaurer l'amour de la France chez les jeunes? Et leur offrir des expériences amoureuses de notre pays?

Je me posais la question de reprendre des responsabilités dans le scoutisme, mais je ne veux pas retourner chez les scouts d'europe beaucoup trop modernistes et libéraux à mon gout... Même si je les respecte toujours, mais de loin désormais.
Le scoutisme assaini et traditionnel est un moyen de transmission civilisationnel intégral qui peut être très noble, très bon pour les jeunes français, et très fructueux, mais je ne sais pas vers quel mouvement scout me tourner.

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Alain le Dim 29 Jan 2017, 14:57

Pour Mickaellus: Je suis catastrophé pour les chrétiens d'Orient et bien sûr pour ceux qui nous ont été arrachés dans leur Vie dans leur église du Caire. Mais une restructuration s'impose: La chrétienté et l'islam ne sont pas jouables sur un même sol. Le Caire est le troisième territoire le plus densifié du Monde et possède une majorité islamique... Il est odieux pour l'Occident ne pas offrir un "droit" d'exil à ces personnes. Mais il ne faut pas oublier que l'Islam le plus impitoyable et intransigeant n'est pas né en Orient mais en Occident... Si le Monde n'offre pas la possibilité aux personnes d'habiter la Foi de leurs anciens, certains auront la haine dans leur cœur et s'essaieront au Monde dans une dynamique de destruction: Cela est tout simplement humain. Mais la responsabilité de ces massacres incombe largement à l'Occident athée et socialiste. JAMAIS, il ne faut considérer que la spiritualité de l'autre est aspiration à la haine: Il doit être un temps pour tout autant pour l'échange que pour l'éloignement. La confrontation- comme toujours- est le résultat d'une impossibilité de partage d'une temporalité introuvable depuis une conjugaison inter-civilisationnelle. Par là, jamais je ne me permettrai de juger la Foi d'un musulman. Ce serait un viol moral. Et çà, c'est l'étincelle qui allume la confrontation. Je crois que les chrétiens d'Orient sont plus vulnérables que les "petits bourgeois" établis dans les quartiers "up to date" du Paris de la bien-pensance: Oui... La laïcité, le relativisme, la vanité, l'outrecuidance, la mauvaise-foi d'un pays qui fut il y a bien longtemps très chrétien est devenu intolérable pour des gens qui aspirent à rétablir leur contrée dans leur essence. Et ce moteur qui fait qu'un homme esseulé se veut un destin spirituel est aussi profondément humain.
Bref, au lieu de dénoncer un "mal" attaché à une dynamique de Foi qui nous est étrangère, nous ferions mieux- nous, occidentaux- de comprendre qu'en tout homme il y a un traît d'être incompressible et inviolable. L'hebdomadaire "Charlie-Hebdo" a fait de ce qui est à l'essence d'expatriés sur notre sol un monstre pédophile. C'est odieux et minable. Alors, je préfère me taire sur mes considérations sur ces vendeurs de dessins obscènes... Mais il est évident qu'ils ont exprimé une haine impardonnable pour des "petites" gens qu'ils ont salis et transformés en tueurs suicidaires. Si on est incapable par vanité et immaturité de rencontrer l'autre, alors, on ne vat pas le chercher et encore moins le provoquer.
Le mépris et la suffisance accolée à l'arrogance ont allumé une flamme de combat chez certains islamistes. Mais qui l'a voulu? A présent, que tous les français sont des "Charlies" çà n'ira que de pire en pire.

Clovis: Je ne connais pas très bien le "scoutisme". Mais connaissez-vous les scouts Saint-Benoît? Il y a bien longtemps j'avais eu une impression assez favorable de ces personnes. Entre conservatisme et entraide, j'avais bien aimé leur discours sur l'éveil de la jeunesse. Bien cordialement!

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Mickaelus le Dim 29 Jan 2017, 21:21

Je suis d'accord sur un point avec Calliope : l'on aurait peu de chances de remporter un pari qui consisterait à miser sur la bonne entente entre chrétiens et musulmans sur un territoire donné - et l'on peut en dire autant des juifs à la place des chrétiens. Ah, bien sûr, on trouvera pourtant toujours des historiens ou autres commentateurs pour louer la grande civilisation musulmane d'Andalousie, très tolérante envers les chrétiens dhimmis. Mais trêve d'ironie, il est tout de même infiniment triste de devoir se dire que le seul sort qui devrait attendre les chrétiens d'Orient pour espérer survivre, serait l'exil. C'est couronner l'injustice que de simplement prendre acte de la condition de martyrs de ces gens, en se disant que puisque les musulmans sont trop nombreux et qu'ils ont gagné, alors autant faire taire les cloches et chasser le christianisme de ses terres d'origine. Pour ma part, je ne renie pas l'esprit des croisades, qui n'était pas une guerre d'agression mais une guerre de défense de ces chrétiens d'orient et des lieux saints (sauf si l'on parle de la croisade détournée sur Constantinople, reconnaissons-le). C'est loin, bien loin tout cela, pourra-t-on penser, mais souvenons-nous encore qu'il n'y a pas même encore deux siècles, la France royale de la Restauration a participé à la libération de la Grèce du joug de l'empire ottoman. Si l'on devait prendre pour principe un monde musulman absolument intouchable, contre toute notion de justice et de vérité, alors la Grèce serait turque aujourd'hui. Évidemment, les minorités chrétiennes du moyen-orient sont trop peu nombreuses désormais, les siècles s'étant par trop accumulés, mais les coptes demeurent relativement nombreux en Égypte par exemple, et ils doivent être respectés, ils étaient là avant.

Ensuite, il est vrai que l'islam a connu des vagues de violence, de débats internes et d'agitation plus ou moins fortes à travers ses longs siècles d'existence. Comme je l'ai déjà évoqué, on peut prendre en compte le passé colonial, ou même plus récemment, la politique américaine, cependant ce serait se forcer à avoir la vue bien courte que de se borner à quelques décennies ou même un seul siècle - comme l'exemple grec le démontre, et je pourrais en citer d'autres - et pire encore, à évacuer toute réflexion théologique du fait d'un simple présupposé bien étrange : on n'aurait pas le droit de produire une réflexion sur une spiritualité étrangère. Alors, je vais répondre à ces affirmations dans l'ordre : oui, Charlie Hebdo n'a rien qui puisse nous être sympathique, dans sa critique anarchiste et anti-cléricale ; oui, il y a des politiques occidentales qui peuvent causer du tort et susciter un esprit de revanche bien inutilement. Pour autant, cela n'enlève rien au dogme de l'islam, ni à l'histoire de l'application de ce dogme. Je précise d'emblée que l'enjeu n'est pas de juger la spiritualité de l'individu musulman : ce n'est pas sa prière privée pour Dieu qui nous pose souci. Non, c'est le dogme musulman qui est intrinsèquement agressif et dont l'analyse est nécessaire. On a le devoir, en tant que royaliste et que légitimiste, de discuter de tout ce qui est un danger pour la monarchie et la civilisation française, et l'islam en fait partie. Il y a plusieurs manières de discuter d'une religion ; il n'est bien entendu pas question d'encourager des représentations vulgaires telles qu'évoquées, mais bien d'encourager une réflexion théologique de haut niveau. On ne peut pas se complaire dans une attitude passive qui s'avère servile voire complice, l'enjeu est bien trop grand, et c'est se faire dhimmi par avance. Je ne conçois le "dialogue religieux", comme on le dit aujourd'hui, que comme exigent, bien plus comme l'avait initié Benoît XVI (qui questionnait le rapport entre foi et raison dans l'islam) que ce que l'on sent aujourd'hui. A cet égard, un royaliste légitimiste, qui œuvre pour le retour d'un roi sacré par l’Église catholique, ne peut se faire le chantre du relativisme religieux, héritage de la Révolution, même par compartiments géographiques : nous sommes aussi les héritiers d'une pensée théologique riche qui ne craignait pas de promouvoir le catholicisme sur le plan intellectuel et philosophique avec brio. Cela ne nécessite pas pour autant de déclarer une guerre perpétuelle sur le plan militaire, diplomatique, que sais-je encore : mais en civilisation française, il y a bien une hiérarchie théologique dont la pensée catholique traditionnelle occupe le sommet.

Je comprends l'envie de paix, elle est louable, mais je crains que se taire et garder silence face à une telle théologie de la violence (j'insiste : il faut lire le Coran et l'histoire des débuts de l'islam, c'est cela qui est déterminant), ne produira en fin de compte l'effet inverse. Je l'ai observé d'ailleurs dans bien des cas de la vie quotidienne : il arrive parfois que l'on croie que fermer les yeux soit pour le mieux dans une situation délicate, alors que cela ne fait qu'aggraver les faits. Et en France royale, il y a deux éléments qui me semblent évidents : une politique intérieure qui hiérarchise clairement les religions, et une politique étrangère favorable au principe de Chrétienté. A quoi bon invoquer l'exemple de saint Louis et d'autres sinon ?

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Alain le Lun 30 Jan 2017, 14:45

La notion de "compartiments géographiques" est malheureusement inévitable. Nous avons deux mondes, deux civilisations qui ne possèdent pas la même temporalité. Jamais, l'intimité au Monde ou le temps intime partagé par les habitants de ces territoires spirituels ne seront en phase. Un chrétien ou un athée marchera toujours à côté de ses chaussures s'il se situe dans un territoire mis en œuvre depuis un espace musulman. Et de même, pour l'inverse.
D'où mon attrait pour la notion d'éloignement: Dès lors que deux lectures et habiter du Monde ne peuvent se conjuguer, il est inutile de faire une hiérarchie. Le bon sens commun devrait faire valoir le principe de sécurité et permettre le "chacun chez soi". Il ne s'agit ni de rejet et encore moins de condamnation, bien loin de moi! Mais simplement de constater qu'il ne suffit pas de vouloir une utopie inefficace pour parvenir à un "vivre-ensemble". Le temps interne déployé par le christianisme et l'islamisme rend définitivement "hors phase" toute possibilité de conjugaison de ces deux civilisations. Dès lors, je crois que nous ne pouvons qu'espérer un respect de l'intégrité des deux dans leur singularité et universalité comme "on" dit. Nous ne pouvons espérer davantage... Si ce n'est un respect mutuel depuis un éloignement géographique.
Par là je défends l'idée d'une terre d'islam et d'une terre de chrétienté qui échangerait depuis le commerce ou les échanges ponctuels dans des domaines comme les arts et ou la culture. Mais en aucun cas depuis un mode fusionnel comme c'est la cas actuellement et qui introduit une dynamique de guerre: Faire une hiérarchie introduit une humiliation et donc une nécessaire revanche. Et, une pluralité ne peut pas toujours faire syllabe pour prononcer une Unité. Ainsi, oui, deux terres pour deux habiter et deux spiritualités me paraît être la possibilité la plus acceptable. Et, que l'Europe devienne la terre des chrétiens d'Orient ou que l'Orient devienne la terre des musulmans d'Occident me semble plutôt encourageant dans une fin de paix perpétuelle. De la sorte, chacun pourrait être dans l'horizon de ce qu'il est authentiquement.... Et, le Monde entier en serait plus heureux et harmonieux.
Le Temps est offrande d'espace. Et chacun se doit d'habiter son temps et mérite avoir donc son espace. Il ne s'agit que de bon sens logique. L'éloignement géographique serait donc possibilité d'une écoute et d'entraide mutuelle grace à la reconnaissance de différences et d'altérités et non de conflit systématique. Une sérénité inter-civilisationnelle reconquise.
Mais l'inquisition, les guerres de religion ne sont que les ancêtres du "droit socialiste" d'ingérence humanitaire. Tout peuple doit être libre d'habiter chez lui depuis les modalités définies pas sa civilisation et sa religion. Et, ce "chacun son habiter" pose bien sûr la question de la territorialité et donc de l'appartenance géographique. Question à laquelle je viens de répondre, depuis - je l'espère - un maximum de bienveillance pour... Tous!

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Re: Les cloches sonneront-elles encore demain, par Philippe de Villiers

Message par Mickaelus le Lun 30 Jan 2017, 21:33

La bienveillance pour tous, c'est peut-être là ce qui me gêne le plus dans cette approche, finalement, avec laquelle je ne suis pas en désaccord à tous égards, comme je l'ai écrit au tout début de mon message précédent. En effet, j'ai l'habitude de penser qu'un patriote - et je pense qu'un royaliste légitimiste en est un, dès lors que l'on définit sainement cette notion - se soucie d'abord de la défense, politique et intellectuelle de son pays puis de ceux qui lui sont le plus proches du point de vue de la civilisation, ce pourquoi le concept moyen-âgeux de Chrétienté ne me semblait pas mauvais, loin de là, et toujours meilleur que celui, moderne, d'Occident qui est un fourre-tout relativiste infect et décadent, post-chrétien dans tous les cas.

En second lieu, je pense que si ton analyse peut exercer certains attraits d'un pur point de vue conceptuel et philosophique, elle pèche beaucoup sur le plan pratique et sur le plan historique, ce qui ne m'étonne pas trop du fait que tu sembles refuser complètement la prise en compte des faits historiques - je prends pourtant soin d'en citer régulièrement dans mes démonstrations -, ce qui conduit immanquablement à un certain aveuglement politique. La possibilité de la séparation nette des mondes chrétien et musulman n'est en effet pas aussi aisée que celle, par exemple, du monde chrétien et du monde asiatique bouddhiste et autres pensées proches - même si le christianisme y existe. Ce que je veux dire par là, c'est que l'islam n'est pas né dans un ailleurs fort éloigné des terres chrétiennes, et qu'il n'a jamais existé d'altérité géographique originelle telle que tu la souhaiterais : il y a eu confrontation dès le départ, à l'initiative de l'islam qui s'est étendu rapidement grâce aux armées de Mahomet et de ses successeurs. Dès lors, il y a eu assujettissement des chrétiens d'Orient, des réactions (et non des guerres d'ingérence prétendument proto-socialistes, mais j'y reviendrai ci-dessous) byzantines puis croisées qui n'ont hélas pas abouti, puis bien des siècles après, l'installation de millions de musulmans dans l'Europe contemporaine surtout après la décolonisation. En somme, nous écrire qu'être chacun chez soi, c'est préférable, c'est sans doute vrai dans un monde qui n'a jamais existé (où par exemple les deux religions seraient nées des deux côtés d'un océan sans rapport historique et théologique), mais du point de vue réel, il y a là un gros problème de légitimité.

Il existe en tout cas un problème concret pour nos deux points de vue. S'agissant du tiens, soit habiter chacun de son côté tout en entretenant les meilleurs liens diplomatiques possibles, les musulmans sont déjà des millions dans les divers pays dits occidentaux. Personnellement, je ne serais pas gêné du tout par leur recommander le départ, cela s'est bien fait en Espagne après la Reconquista, sauf à se convertir au catholicisme, mais dans le contexte politique actuel cela ne risque pas d'arriver. Donc pour qu'ils s'en aillent, la séparation géographique que tu souhaites nécessite a priori la confrontation, ou au moins une vexation, dont tu ne veux pas par ailleurs. Concernant mon point de vue, c'est-à-dire qu'en plus de laisser l'islam hors des terres traditionnellement chrétiennes, il faudrait assurer aux chrétiens d'Orient la liberté et la sécurité pour leur culte chez eux, il y a aussi un fait terrible : ces populations ont considérablement diminué au fil des siècles, dès lors il pourrait sembler vain de vouloir à toute force les laisser vivre au milieu de populations musulmanes souvent hostiles. Personnellement, je pense que ta proposition de condamner des chrétiens d'Orient, déjà victimes, à l'exil, est une consécration d'une injustice qui malmène la légitimité historique mais aussi théologique. Ma proposition serait la suivante : rétablir, à la place d'états qui ne fonctionnent de toute façon pas vraiment, des états latins côtiers au Moyen-Orient, comme les Antioche, Edesse ou autres de jadis, où les chrétiens d'Orient jouiraient d'un protectorat assuré par les puissances dites occidentales, avec une autonomie possible ensuite. Je sais bien que cela présupposerait aussi, sans doute, un contexte autre que le nôtre, sans me voiler la face quant aux difficultés, il suffit de considérer l'exemple l'Israël pour le monde juif.

Je pense qu'il est nécessaire de revenir sur la notion de hiérarchie des religions qui a été évoquée sous diverses modalités, en complément. Comme je l'ai déjà suggéré, il existe déjà une hiérarchie historique, c'est-à-dire chronologique : les religions ne sont pas que des assemblages de dogmes abstraits à considérer de façon philosophique et/ou théologique, ce sont aussi des dogmes qui ont été assumés par des peuples dans le temps et sur des territoires donnés. Il est inutile de rappeler les grandes lignes de l'histoire du monothéisme ou des religions dites abrahamiques, ainsi le christianisme vient après le judaïsme, puis enfin l'islam. Si l'on parle des rapports entre christianisme et islam, il y a donc une antériorité du premier par rapport au second, sur les terres qui ont été envahies par l'islam, qui a initié la confrontation que tu déplores - eh oui, l'islam n'est pas resté sagement en Arabie en tant qu'hérésie locale, ce qui m'aurait arrangé. C'est donc un fait historique incontestable : les chrétiens d'Orient sont plus légitimes sur les terres qu'ils habitent aujourd'hui au milieu des musulmans, surtout quand on prend en considération que les chrétiens se sont répandus par une conversion pacifique, les musulmans par l'oppression.

La hiérarchie n'est pas seulement chronologique, elle est aussi, bien évidemment, théologique. L'islam ne s'est pas contenté de prendre des terres chrétiennes pour assurer la domination arabe, c'est aussi un dogme qui s'est nourri du judaïsme et du christianisme pour les détourner et revenir à un monothéisme dur, par rapport au second. Là aussi, existe une confrontation dès l'origine à laquelle on ne peut rien ; l'islam n'est pas une religion d'altérité radicale, elle appartient à la famille du monothéisme, mais en déformant ou niant des principes chrétiens fondamentaux. Pour ne citer que les plus connus, Jésus n'est qu'un prophète et non pas le Fils de Dieu, Jésus n'est pas mort sur la croix et n'a pas été ressuscité, il n'existe pas de sainte Trinité pour l'islam (raison pour laquelle les chrétiens sont perçus comme des sortes de païens ou polythéistes), la Bible serait un faux car la vraie devait annoncer Mahomet comme le plus grand prophète, etc. On peut à la rigueur parler de divergence de temporalité, comme tu le fais, à cause de la confusion entre spirituel et temporel dans l'islam, quand il y a distinction en chrétienté, mais cela trouve ses fondements dans la théologie que je viens de survoler. Pour résumer, il y a compétition théologique de fait : soit l'une ou l'autre religion a raison, Jésus ne peut pas être en même temps juste un prophète ou Fils de Dieu. Ainsi, ton souhait de ne pas prendre parti intellectuellement et théologiquement n'est possible que du point de vue athée, pour qui personne n'a raison, ce qui n'est pas, à l'évidence, le point de vue du légitimisme.

En somme, ton souhait de neutralité était impossible dès l'origine, puisque l'islam est né en réaction hostile au christianisme, des points de vue militaire et théologique. Notre tradition politique française, au sens monarchique j'entends, prenait du reste en considération la hiérarchisation des religions, parce qu'à l'époque la notion de vérité et de tradition n'était pas vaine. Le roi de France était sacré au nom de la religion catholique, et devait prêter serment de réduire l'hérésie en son royaume (un point sujet à interprétation toutefois) ; même la Charte de 1814 conservait une trace de cette nécessaire prééminence. Ce point-là ne s'oppose d'ailleurs pas à ton propos, puisqu'il concerne le "chez soi". Par contre, de même que le Nouveau Testament incite à annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à tous les peuples, il est assez naturel qu'il ait pu exister une certaine solidarité entre chrétiens contre un ennemi commun - ce qui n'a pas empêché lesdits chrétiens de se faire la guerre entre eux, hélas. Et par rapport à ton commentaire sur le socialisme, je doute fort que les croisades puissent être qualifiées de précurseurs des croisades démocrates d'aujourd'hui, qui échouent car sans objet. Chateaubriand évoque fort bien à l'occasion du récit de son voyage en Palestine, le but louable des Croisades, équipées défensives et non agressives, même si l'on peut déplorer tous les excès qui accompagnent toujours toute guerre. Et du reste, si notre civilisation française a toujours défendu la vérité catholique selon une juste hiérarchie théologique et un souci sincère de la vérité (disparu à l'ère moderne), cela ne s'est pas traduit pour autant par une guerre perpétuelle, ce qui prouve que tes craintes ne sont pas si fondées. Il n'y a pas besoin de battre sa coulpe ou d'abandonner la foi de ses ancêtres, pour avoir des rapports diplomatiques avec des pays dont la foi dominante est ce qu'elle est. Je pense même au contraire qu'on respecte mieux un adversaire qui conserve son sens de l'honneur plutôt que de sombrer dans un relativisme décadent et abrutissant. En vérité, les musulmans méprisent bien plus les athées apostats que les fervents catholiques ; les deux sont des adversaires sans doute, mais il y en a qui méritent l'estime quand d'autres n'inspirent que le dédain.

Et je rappelle, pour terminer, que je peux parfaitement comprendre le désir de paix, de même que je ne prends aucun plaisir à tous ces conflits passés, présents et à venir, simplement, il faut bien se dire ceci ; si on abandonne la tradition française et l'exigence théologique catholique comme référence absolue de l'Amour de Dieu pour le monde, je ne vois pas bien comment l'on pourrait espérer en un avenir meilleur pour tous. Il faut savoir défendre la vérité quand la justice le nécessite, et comme je le notifie en signature depuis des années ; si tout se vaut, plus rien ne vaut.

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